Aller au contenu

Te revoilà

Un seul compte pour le site et le forum.

ou

Cinéma Dossier

Les meilleurs films de tous les temps : le top 50 de nos archives

2 202 films notés depuis 2001, quinze notes parfaites en vingt-trois ans, et un palmarès qui met Citizen Kane et Le Père Noël est une ordure dans le même tableau…

Le rayon cinéma de Krinein, ce sont 2 202 films notés depuis 2001, par des rédacteurs différents, le jour de la sortie ou trente ans après. Personne n’avait jamais additionné tout ça.

La règle est la même et elle est assumée : moyenne des notes de toutes nos critiques d’un même film, et on classe. Quinze films ont décroché un 5 sur 5 chez nous, trente-trois autres un 4,75, et ces quarante-huit-là occupent les quarante-huit premières places sans discussion possible.

Ce qui suit n’est donc pas la liste des meilleurs films du monde, c’est la liste de ce que Krinein a le plus aimé en vingt-trois ans. Ce n’est pas la même chose, et les absents le prouvent mieux que les présents.

Comment c’est calculé

Moyenne, sur 5, de toutes les critiques publiées sur un même film. Départage à note égale : le nombre de critiques, puis ce que dit le texte, puis l’ancienneté. Périmètre : les films de la rubrique Cinéma, hors direct-to-video.

Le top 50

  • Le Dictateur5,00/5 · 2003
    Chaplin écrit en 1938, tourne en 1939, et caricature Hitler pendant que l’Europe bascule. Un barbier juif amnésique sort de l’hôpital sans savoir ce qu’est devenu son pays, et il a le visage du dictateur. Le plus grand film engagé jamais tourné, dit notre critique, et elle ne se dédit pas.
  • Dolls5,00/5 · 2003
    Kitano laisse tomber les yakuzas pour l’amour fou, celui qui tue socialement, spirituellement et physiquement. Chaque plan approche l’art pictural, et rien n’y est gratuit : une feuille qui tombe, deux oiseaux, tout fait sens. Prévenons quand même : ce film ne plaira pas à tout le monde.
  • M le maudit5,00/5 · 2005
    Berlin, années 30, un tueur d’enfants terrorise la ville. La police multiplie les rafles, et la pègre locale, gênée par tant de policiers, décide de faire la chasse elle-même. Notre critique avoue être venue en se méfiant d’un vieux film allemand qui surjoue, et être repartie conquise.
  • Citizen Kane5,00/5 · 2005
    Un magnat de la presse meurt en prononçant un seul mot, « Rosebud », et un journaliste part reconstituer sa vie pour comprendre. Welles avait déjà affolé l’Amérique à la radio avec La Guerre des mondes : il filme ici ce que les médias font à l’opinion.
  • Le Parrain5,00/5 · 2006
    Vito Corleone refuse de protéger un trafiquant, se retrouve avec cinq balles dans le corps, et c’est le fils qui n’en voulait pas qui prend la famille en main. Le respect du film pour la lettre et l’atmosphère du roman est, selon nous, proprement hallucinant.
  • Le Grand Bleu5,00/5 · 2006
    Deux apnéistes amis d’enfance, la Méditerranée, et un homme qui appartient de moins en moins au monde du dessus. Notre critique prévient d’entrée qu’elle ne sera pas objective et qu’elle divulgâche tout : c’est une déclaration d’amour, pas une fiche.
  • Le Parrain, 2e partie5,00/5 · 2006
    Deux récits menés de front, l’ascension du père à New York et la lente damnation du fils, montés pour se répondre. Le premier se suffisait à lui-même ; celui-ci est plus ambitieux, et De Niro y décroche un Oscar dans un rôle entièrement en italien.
  • Les 400 coups5,00/5 · 2006
    Le film qui fait éclore la Nouvelle Vague, et surtout la naissance d’Antoine Doinel, que Truffaut et Léaud suivront pendant vingt ans sur quatre autres films. Notre critique les prend tous, du gamin qui fugue à l’homme qui fuit encore.
  • Aux frontières de l’aube5,00/5 · 2006
    Le film de vampires de Kathryn Bigelow, avant qu’elle ne soit Kathryn Bigelow. Une perle repêchée dans le tas des séries B des années 80, dont notre critique explique posément pourquoi elle a survécu quand le reste partait à l’oubli.
  • La Belle et la Bête5,00/5 · 2008
    Cocteau ne fait presque jamais que du cinéma, sauf ici : un film comme on n’en tourne qu’un ou deux par décennie, et que son auteur n’aura plus jamais l’occasion de surpasser. La Bête n’a d’animal que l’écorce et n’aspire qu’à l’humanité.
  • La Jetée5,00/5 · 2008
    Un homme marqué par une image d’enfance vue sur la jetée d’Orly, un Paris souterrain après la Troisième Guerre mondiale, et des scientifiques qui envoient des cobayes dans le temps. Presque uniquement des photos fixes, une voix monocorde, et une gorge nouée dès les premières secondes. Gilliam en tirera L’Armée des 12 singes.
  • La Cité des enfants perdus5,00/5 · 2009
    Un port brumeux ocre et vert, une bande d’orphelins qui volent pour survivre, des Cyclopes qui enlèvent les gosses, et un géant lancé à leur poursuite. Jeunet et Caro filment moins l’enfance que ses cauchemars.
  • Brazil5,00/5 · 2009
    Gilliam est parti d’un scénario provisoirement titré 1984 ½, Hollywood lui a mutilé son film, il a imposé sa version au prix du bide, et c’est devenu culte. Meilleure adaptation d’Orwell que l’adaptation d’Orwell, sauf que ce n’en est pas une.
  • Le Nom de la rose5,00/5 · 2010
    1327, une abbaye bénédictine, un meurtre, des moines qui parlent d’Apocalypse, et Sean Connery en franciscain qui préfère la raison. L’abbaye elle-même est le vrai personnage : inquiétante, secrète, avec sa tour verrouillée à double tour.
  • 2001 : l’Odyssée de l’espace5,00/5 · 2010
    Kubrick annonce en 1964 qu’il s’attaque à la science-fiction ; quatre ans plus tard il a changé le genre. Le film le plus réaliste et le plus ésotérique jamais tourné en même temps, et quarante ans après il continue de fabriquer des interprétations.
  • Bowling for Columbine4,75/5 · 2002
    Deux lycéens tuent douze personnes dans leur lycée, et Michael Moore part demander à l’Amérique pourquoi elle a tant d’armes et si peu d’explications. Sa spécialité : faire rire sur des choses qui ne le sont pas.
  • Roger & moi4,75/5 · 2003
    General Motors ferme les usines de Flint, la ville de Moore, et délocalise au Mexique pendant que son PDG s’augmente. Moore décide d’aller lui poser la question en face, et met des années à ne pas y arriver.
  • L’Étrange Noël de monsieur Jack4,75/5 · 2003
    Le roi des citrouilles s’ennuie dans sa ville d’Halloween, tombe par une porte magique sur la ville de Noël, et décide de jouer au Père Noël. Un film d’animation résolument pour adultes, sur le rejet, la différence et la solitude.
  • La Ligne rouge4,75/5 · 2004
    Vingt ans de silence, puis Malick revient filmer Guadalcanal en poète et en agrégé de philosophie. On suit une compagnie vers la colline 210, et à la sortie, dit notre critique, c’est la seule adaptation qu’elle place au-dessus de son livre.
  • π4,75/5 · 2004
    Un mathématicien prodige cherche le nombre qui expliquerait tout, en noir et blanc sans aucun gris, pour moins de 60 000 dollars empruntés à des amis. Le premier Aronofsky, et la preuve que le talent bat les effets spéciaux.
  • Il était une fois dans l’Ouest4,75/5 · 2004
    Leone quitte le western spaghetti qu’il a inventé pour un film mélancolique, symbolique, ouvertement peu soucieux de distraire. Morricone à la partition, et un jeune Dario Argento au scénario.
  • Parle avec elle4,75/5 · 2004
    Deux hommes aiment deux femmes plongées dans le coma, se rencontrent à leur chevet et deviennent amis. Almodóvar y signe son film le plus ému parce que c’est le plus posé.
  • Infernal Affairs4,75/5 · 2004
    Un flic infiltré dans les Triades depuis dix ans, un truand infiltré dans la police, et chacun chargé de démasquer l’autre. Là où Hard Boiled était une symphonie de fusillades, celui-ci dépose les armes et devient un polar psychologique.
  • Dark Crystal4,75/5 · 2004
    Le créateur du Muppet Show met ses marionnettes au service de la fantasy et invente un monde entier sans un seul acteur humain à l’écran. Les cruels Skeksis d’un côté, les Mystics de l’autre, et un gamin au milieu.
  • Chungking Express4,75/5 · 2004
    Deux policiers qui viennent de se faire quitter, une saladerie de Hong Kong, et un homme qui achète des boîtes d’ananas périmant le jour où son amour est censé expirer. Wong Kar-wai a tourné ce bijou en quelques jours, au milieu d’un autre film.
  • Batman, le défi4,75/5 · 2005
    Le meilleur épisode de la saga, et le plus burtonien : Noël à Gotham, un Pingouin élevé par les égouts, un bateau en forme de canard de bain, et une Catwoman qui vole le film.
  • Arizona Dream4,75/5 · 2005
    Kusturica lâché dans le rêve américain avec Johnny Depp, Jerry Lewis et Faye Dunaway, chaque personnage ne vivant que par ses rêves. La version américaine a été amputée de vingt minutes : cherchez l’autre.
  • Elephant Man4,75/5 · 2005
    Joseph Merrick, exhibé dans les foires de Londres, recueilli par un médecin qui voulait d’abord l’étudier. Lynch sort d’Eraserhead et signe l’un des plus beaux drames humains du cinéma.
  • La Liste de Schindler4,75/5 · 2006
    Un profiteur de guerre encarté au parti nazi dépense toute sa fortune à sauver des juifs, et fait sortir d’Auschwitz le seul convoi qui en soit jamais reparti. Notre critique le dit franchement : par moments l’histoire est trop forte pour qu’on parle encore de cinéma.
  • Jeunes filles en uniforme4,75/5 · 2006
    1931, un internat prussien pour filles d’officiers, la discipline comme religion, et une élève qui aime son enseignante. Deux ans avant Hitler, l’un des films les plus militants de l’histoire du cinéma, et l’un des plus oubliés.
  • Avoir 20 ans dans les Aurès4,75/5 · 2007
    Un commando composé d’appelés qui refusaient cette guerre, et qui la font quand même. « Au début, on tire un peu partout parce qu’on a la trouille. Et après on vise, et on y prend goût. » Tourné dix ans après l’Algérie, quand personne n’en parlait.
  • L’Homme des hautes plaines4,75/5 · 2007
    Eastwood passe pour la première fois derrière la caméra et démolit le héros qu’il jouait chez Leone : son cavalier méprise la ville qu’il est censé défendre, et le film ne cherche pas à le racheter.
  • Le Trou4,75/5 · 2007
    Cinq hommes à la Santé décident de creuser. Becker meurt juste après avoir terminé le film, que Melville appellera le plus grand film français de tous les temps. Presque un documentaire sur l’effort collectif.
  • Persepolis4,75/5 · 2007
    Marjane Satrapi porte elle-même sa BD à l’écran, en noir et blanc, animée sur papier. La révolution islamique vue par une gamine, et une angoisse qui vaudrait aussi bien pour le Chili ou la Corée du Nord.
  • Mission: impossible4,75/5 · 2007
    De Palma trahit la série culte, trahit son acteur-producteur, et c’est précisément son sujet. Le public de 1996 a trouvé ça compliqué et avare en action ; le film n’a rien perdu et se dévoile un peu plus à chaque vision.
  • L’Auberge rouge4,75/5 · 2007
    Un moine apprend en confession que les aubergistes égorgent leurs clients, et ne peut rien dire à personne. Fernandel, l’humour noir de 1951, et un scénario que même son équipe ne comprenait pas entièrement au tournage.
  • Train de vie4,75/5 · 2008
    Un village juif d’Europe de l’Est apprend que les Allemands approchent, et décide d’organiser sa propre fausse déportation pour s’enfuir. On tremble et on rit aux larmes, ce qui n’est pas donné à beaucoup de films.
  • RoboCop4,75/5 · 2008
    Detroit privatise sa police, un flic est déchiqueté puis remonté en machine, et Verhoeven en profite pour injecter tout le cynisme qu’un divertissement peut supporter. On s’arrêtera aux deux premiers films.
  • Beau-père4,75/5 · 2008
    Un pianiste de bar se retrouve seul avec la fille de quatorze ans de sa compagne morte, et l’adolescente tombe amoureuse de lui. Blier avance là-dessus avec un tact qui n’appartient qu’à lui, et Dewaere y trouve son plus beau rôle.
  • La Petite Boutique des horreurs4,75/5 · 2008
    Une plante carnivore qui parle, chante et réclame de la viande fraîche, dans une comédie musicale tirée d’un film d’horreur tourné en deux jours par Roger Corman. Frank Oz aux manettes, et des chansons lumineuses pour un sujet qui ne l’est pas.
  • Crying Freeman4,75/5 · 2008
    Un tueur des Triades pleure à chaque fois qu’il tue, et une femme le voit faire. Adapté du manga, filmé comme un croisement d’Orient et d’Occident, d’éros et de thanatos, et d’une beauté à verser une larme.
  • Le Père Noël est une ordure4,75/5 · 2008
    Une permanence SOS Détresse-Amitié un soir de réveillon, et tout ce que Paris compte de désespérés qui sonnent à la porte. En 1982 la RATP refusait les affiches ; il reste la grâce au-delà de la vulgarité, et on se bidonne.
  • Un jour sans fin4,75/5 · 2009
    Un présentateur météo odieux revit indéfiniment le même 2 février dans une petite ville qu’il déteste. Le meilleur rôle de Bill Murray, et une leçon de vie qui réussit l’exploit de ne pas agacer.
  • Pulp Fiction4,75/5 · 2009
    Trois histoires de gangsters emmêlées, montées dans le désordre, et impossible de dire qui est le personnage principal. Palme d’or 1994 remise par Clint Eastwood, et le film qui résume à lui seul le cinéma de Tarantino.
  • La Journée de la jupe4,75/5 · 2009
    Une professeure à bout trouve une arme dans le sac d’un élève et prend sa classe en otage. Un film choc qui frappe tout le monde sans exception, porté par une Adjani dont notre critique dit qu’on ne ressort pas indemne.
  • Raiponce4,75/5 · 2010
    Une princesse enfermée dans une tour par une fausse mère qui exploite ses cheveux, et un voleur qui passe par là. Le film où Disney a enfin cessé d’imiter Pixar et est redevenu Disney.
  • Trainspotting4,75/5 · 2011
    « Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière… ou alors prendre de l’héroïne. » Renton a choisi la facilité, il va s’en sortir avec difficulté, et Édimbourg n’a jamais été filmée comme ça.
  • Blade Runner 20494,75/5 · 2017
    La suite que personne n’attendait de pied ferme, et qui tient debout à côté de l’original. Villeneuve prolonge l’univers de Ridley Scott en le rendant à son époque, et notre critique parle déjà d’un futur classique.
  • Edward aux mains d’argent4,62/5 · 2002
    Un inventeur meurt avant d’avoir fini sa créature, qui reste avec des ciseaux à la place des mains. Une banlieue pastel, un château gothique au-dessus, et l’un des rares films où l’émotion passe immédiatement.
  • Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain4,50/5 · 2001
    Une serveuse solitaire retrouve une boîte de trésors d’enfance cachée dans son appartement, la rend à son propriétaire, et décide d’organiser le bonheur des autres. L’inverse exact du film plat : pas une minute sans une trouvaille.

Ce que ce classement dit de nous

Quinze notes parfaites, et un goût qui se laisse assez bien lire : Chaplin, Welles, Kubrick, Coppola et Cocteau y côtoient Le Grand Bleu et La Cité des enfants perdus. Le patrimoine et le film de vidéoclub y ont le même droit de cité, ce qui est probablement la chose la plus honnête que ce tableau raconte sur la maison.

Le palier suivant est plus révélateur encore. À 4,75 on trouve Il était une fois dans l’Ouest et Elephant Man, mais aussi Le Père Noël est une ordure, RoboCop, Raiponce et Mission: impossible. Aucun de ces quatre-là ne figurera jamais dans un classement de cinéphiles, et ils sont pourtant là, parce que quelqu’un les a défendus.

Et puis il y a l’effet de ciseau. Le cinquantième de ce classement est Amélie Poulain, à 4,50, et derrière lui se pressent cent trente et un autres films exactement à la même note : Fight Club, Matrix, Requiem for a Dream, Il faut sauver le soldat Ryan, Le Sixième Sens. La coupure à cinquante est arbitraire et on ne va pas prétendre le contraire : à partir de là, ce n’est plus un classement, c’est une liste de films qu’on a beaucoup aimés.

Reste la question qui fâche, et la réponse est plus embarrassante que prévu. Apocalypse Now n’est pas absent de nos archives : il y est, à 4,50, dans le paquet des ex aequo, juste derrière la barre. Sueurs froides aussi, à la même note. Le Voyage de Chihiro est un cran en dessous, à 4. Ils n’ont pas été oubliés, ils ont été notés comme les autres par un barème qui, arrivé en haut, ne savait plus faire la différence entre un chef-d’œuvre et un très bon film. C’est la limite de l’exercice, et on préfère l’écrire que la cacher. À vous de nous dire où on s’est trompés.

Dans le même esprit