Biographie de Harrison Ford
Né le 13 juillet 1942 à Chicago, Harrison Ford est le fils d'un Irlandais et d'une Juive russe. Intéressé très jeune par le métier d'acteur, il ne décroche pourtant que des rôles insignifiants au cinéma et à la télé au cours des années 60. Dégoûté, il se tourne vers un métier qui le fera vivre : charpentier.
Pourtant, en 1973, il tourne dans le deuxième film d'un réalisateur qui commence à se faire connaître ; le film s'appelle American Graffiti, et le réalisateur George Lucas. Quatre ans plus tard, Lucas sauvera définitivement Harrison Ford du métier de charpentier en lui offrant le rôle de Han Solo dans La guerre des étoiles (1977), qu'il reprendra dans les deux suites en 1980 (L'empire contre-attaque) et 1983 (Le retour du Jedi). C'est grâce à Lucas aussi qu'il deviendra Indiana Jones en 1981 (Les aventuriers de l'arche perdue), remplaçant Tom Selleck initialement prévu. Il reprendra le rôle en 1985 (Indiana Jones et le temple maudit), 1989 (Indiana Jones et la dernière croisade) et... 2008 (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal). Son troisième rôle à répétition, il le tiendra dans les années 90, interprétant le super-agent Jack Ryan en 1992 (Jeux de guerre) et en 1994 (Danger immédiat).

A cause de sa boucle d'oreille, dans les aéroports, Harrison sonne.
Harrison Ford s'est également distingué en 1982 dans l'univers futuriste de Blade Runner, en 1985 dans Witness de Peter Weir, qui lui vaut une nomination à l'Oscar du Meilleur Rôle, en 1986 dans Mosquito coast qu'il présente comme son meilleur film, et dans le Fugitif (1993), adaptation de la série télé dans laquelle il interprète le docteur Richard Kimble. A partir de la fin des années 90 pourtant, il se fourvoie dans des productions de qualité déclinante, où son image d'homme d'action vieillissant tourne régulièrement au ridicule (Air force one, K-19).
Les années 2010 démentent pourtant ce crépuscule annoncé. Ford retourne à ses mythes, mais cette fois pour les refermer. En 2015, il rechausse les bottes de Han Solo dans Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force, trente-deux ans après Le Retour du Jedi, et obtient enfin la mort héroïque que Lucas lui refusait depuis 1983 : le contrebandier tombe sous la main de son propre fils (bref caméo, ensuite, dans L'Ascension de Skywalker en 2019). En 2017, il redevient le détective désabusé Rick Deckard dans Blade Runner 2049, trente-cinq ans après le film culte de Ridley Scott. Et en 2023, il ressort une dernière fois le fouet et le Borsalino d'Indiana Jones dans Le Cadran de la destinée, confié cette fois à James Mangold et non à Spielberg, présenté hors compétition à Cannes.
Entre deux résurrections, il assume enfin le registre du vieux briscard qui sied à son âge : patron de club de baseball dans 42 (2013), son rôle le mieux reçu de la décennie, colonel dans La Stratégie Ender, western de science-fiction avec Cowboys et Envahisseurs, et même une voix de chien de berger dans Comme des bêtes 2. Mais la vraie seconde vie vient de là où on ne l'attendait pas : la télévision, qu'il avait toujours fuie. À 80 ans, il décroche coup sur coup deux séries en 2022-2023. D'abord le western 1923, préquelle de Yellowstone signée Taylor Sheridan, où il partage l'affiche avec Helen Mirren. Surtout la comédie Shrinking, sur Apple TV+, où il campe un psychiatre rongé par la maladie de Parkinson. Ce dernier rôle lui vaut en 2025, à 83 ans et après six décennies de carrière, sa toute première nomination aux Emmy : une reconnaissance que ses blockbusters ne lui avaient jamais apportée.
En 2025, il pousse même la porte de chez Marvel : dans Captain America: Brave New World, il succède à William Hurt, mort en 2022, dans le rôle du président Thaddeus « Thunderbolt » Ross, avant de virer au cramoisi sous les traits de Red Hulk (on le retrouve la même année dans Thunderbolts). Le film est quelconque, sa prestation, souvent, l'exception qu'on retient. Longtemps chiche avec lui, la profession finit par empiler les hommages : après le César d'honneur reçu en 2010, il décroche la Palme d'honneur du festival de Cannes en 2023. À 84 ans, le charpentier de 1970 tourne toujours : Shrinking a été reconduit pour une quatrième saison. Il n'est jamais retourné à l'établi.
Anecdote : Kevin Costner et lui ont plusieurs fois été en compétition pour les mêmes rôles (pour Air force one, par exemple) ; à tel point qu'il a longtemps été question que Costner joue le frère d'Indiana Jones dans le quatrième film...
Citations :
[à propos d'Indiana Jones] « D'accord pour le jouer dans deux ou trois films, mais pas davantage. Ensuite, mieux vaut appeler Roger Moore. »
« Ma cicatrice au menton ? Un matin je suis parti dans la vieille Volvo et, en essayant de mettre ma ceinture de sécurité, je me suis retrouvé dans un poteau. La bagnole était en miettes. Et moi, j'avais une cicatrice au menton, mais j'aurais pu y passer... »
« Mon métier, c'est d'être un assistant. J'assiste quelqu'un qui veut raconter une histoire. Comme un aide-pompiste aide le pompiste. Sauf que j'ai des millions de clients à servir. »





