7/10Wall Street : L'argent ne dort jamais

/ Critique - écrit par Guillaume, le 24/09/2010
Notre verdict : 7/10 - Gordon Gekko : GG (Ecrivez votre critique)

Tags : film street wall stone oliver argent gekko

Face à face entre un jeune idéaliste trader et un vieux briscard de la finance qui n'hésite pas à jouer du côté de l'illégalité et des coups bas pour se refaire. Sans doute pas le meilleur Oliver Stone, mais la qualité est tout de même au rendez-vous.


Oliver Stone ne pourra pas le nier : un film ne permet pas de changer les mentalités. Il y a plus de vingt ans, Wall Street, premier du nom, sortait dans les salles. Le brûlot pourtant prononcé n'a pourtant incité personne à quitter la route de l'argent roi, et a même suscité des vocations de traders. C'est dire comme le monde tourne à l'envers... Depuis les politiques l'ont compris, peu importe le discours pourvu qu'on ait les images.

C'est donc avec moins de véhémence qu'Oliver Stone propose une suite de Wall Street, qui n'en est pas vraiment une, si ce n'est que l'on y retrouve la présence emblématique de Gordon Gekko (Michael Douglas). Ici, un jeune trader idéaliste (Shia LaBeouf) spécialisé dans la fusion (pas celle des banques, mais énergétique - sic) doit tenter de résister aux ordres des plus grands de la finance qui n'en sont plus à deux trahisons près pour s'en mettre plein les poches. Même si la crise passe par là, ceux qui perdent leurs plumes ne sont finalement pas ceux que l'on croit, tout ceci à cause de l'aléa moral qui traverse le film de part en part.

Shia LaBeouf (Jake Moore) est à l'aise en jeune premier de la finance. Son côté idéaliste en fait le parfait gendre : à la fois riche et foncièrement gentil... Un rôle que l'acteur parvient à rendre crédible malgré tous les a priori que l'on peut avoir sur le métier de trader.
Face à lui, Michael Douglas en beau-père campe à merveille le rôle de l'enfoiré souhaitant redorer son blason. Prêt à tout pour se refaire, sa carapace s'estompe parfois pour révéler son côté humain. Si le jeu est parfait, on trouvera pourtant que le scénario l'emmène vers une conclusion risible.


Bien que Wall Street : l'argent ne dort jamais regorge de termes techniques sur la finance dont on ne comprend pas la moitié (pourtant déjà tous entendus au JT) ainsi que de plans où les tours de New York se confondent avec les chiffres du Dow Jones, on n'en déduit pas pour autant que le propos concerne la bourse. Loin s'en faut même. C'est avant tout des interactions entre personnes : du naïf au parfait salopard en passant par l'idéaliste de service, tout le monde en prend pour son grade. Si la bourse périclite, ce n'est, sous-entendu par le film, non pas la faute d'un système mal pensé, mais bien d'acteurs de la finance trop confiants en eux-mêmes.

Finalement, Oliver Stone livre ici un film impeccablement divertissant, bien réalisé, bien joué, entraînant, mais évite un peu trop d'aller grattouiller là où ça fait mal. On aurait pu attendre un feu de joie, on n'en récoltera que quelques braises.