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Cinéma Biographie

Biographie de Eli Wallach

Né le 7 décembre 1915 à Brooklyn, Eli Wallach est issu d'une famille de Juifs Polonais, ce qui ne l'empêche pas de récolter quelques rôles particulièrement Eli n'a pas que la langue bien pendue
Eli n'a pas que la langue bien pendue
latins dans certains des plus célèbres westerns du cinéma : Les sept mercenaires (1960), La conquête de l'ouest (1962) et surtout Le bon, la brute, le truand (1966), dans lequel il joue le truculent Tuco face à Clint Eastwood et Lee Van Cleef.

Le paradoxe s'explique par une adresse. Ses parents, arrivés de Pologne, tiennent une confiserie à Red Hook, quartier de docks où ils sont à peu près la seule famille juive au milieu des Italiens. Le gamin y prend l'oreille et les mains qui lui vaudront, trente ans plus tard, de jouer des Mexicains, des Siciliens et des Grecs sans que personne n'y trouve à redire.

Le théâtre d'abord

Avant l'écran, il y a les planches. Diplômé de l'université du Texas, sorti de la Seconde Guerre mondiale avec des galons de capitaine gagnés dans les hôpitaux militaires de Hawaï, de Casablanca et de France, Wallach débute à Broadway en 1945 et compte parmi les premiers membres de l'Actors Studio, où il croise Marlon Brando et Montgomery Clift. En 1951, La rose tatouée de Tennessee Williams lui vaut un Tony Award. Deux ans plus tard, il refuse le rôle de Maggio dans Tant qu'il y aura des hommes pour créer Camino Real sur scène : Frank Sinatra hérite du rôle et de l'Oscar qui va avec, ce dont Wallach s'amusera toute sa vie.

Il faut donc attendre 1956, et ses quarante ans passés, pour le voir au cinéma : Baby Doll d'Elia Kazan, où son planteur sicilien lui vaut le BAFTA du meilleur espoir. Plus de quatre-vingt-dix films suivront.

Tuco, et trois occasions de mourir

Entre deux westerns, il donne la réplique à Marilyn Monroe et Clark Gable dans Les désaxés (1961) de John Huston, dernier film de l'une comme de l'autre. Mais c'est Sergio Leone qui lui offre le rôle de sa vie, et manque de la lui prendre : sur le tournage du Bon, la brute, le truand, Wallach avale par mégarde de l'acide posé près de son verre, échappe à un cheval affolé pendant la scène de pendaison, les mains liées dans le dos, puis au marchepied d'un train qui passe à quelques centimètres de sa tête. Il en tirera le titre de ses mémoires, The Good, the Bad, and Me (2005).

La décennie lui réussit ailleurs qu'à cheval : il convoite une Vénus et Audrey Hepburn dans Comment voler un million de dollars (1966), joue le gangster face à Belmondo, Bourvil et David Niven dans Le Cerveau de Gérard Oury (1969), et retourne au western transalpin pour Les quatre de l'Ave Maria (1968) et Le blanc, le jaune et le noir (1975). À la télévision, il est le troisième Mister Freeze de la série Batman (1966) après George Sanders et Otto Preminger, un rôle qui lui vaudra plus de courrier de fans que tous les autres réunis, et décroche un Emmy Award en 1967 pour un téléfilm tourné à l'appel des Nations unies contre le trafic d'opium.

Le plus jeune des vieux messieurs

Passé soixante-dix ans, Wallach devient l'un de ces seconds rôles qu'on est content de reconnaître : Don Altobello dans Le Parrain 3 de Francis Ford Coppola (1990), le vendeur d'alcool de Mystic River de Clint Eastwood (2003), le vieux scénariste d'Hollywood qui remet Kate Winslet d'aplomb dans The Holiday (2006), le promeneur de The Ghost Writer de Roman Polanski et le financier de Wall Street 2 d'Oliver Stone, tous deux en 2010. Il a alors quatre-vingt-quinze ans, tourne encore pour la télévision, où Nurse Jackie lui vaudra une dernière citation aux Emmy, et reçoit en novembre un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, cinquante-quatre ans après ses débuts à l'écran.

Marié depuis 1948 à l'actrice Anne Jackson, sa partenaire de scène autant que sa femme, il a trois enfants avec elle, dont deux filles devenues comédiennes. Le couple aura tenu soixante-six ans, jusqu'à la mort d'Eli Wallach le 24 juin 2014, à New York, à l'âge de 98 ans. Anne Jackson l'a rejoint le 12 avril 2016.

  • 98ans à sa mort, le 24 juin 2014
  • 90films au moins, de 1956 à 2010
  • 66ans de mariage avec Anne Jackson
  • 3statuettes : Tony 1951, Emmy 1967, Oscar d'honneur 2010

Lire l'article sur les doyens du cinéma (2010)

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