6/10Russian Transporter

/ Critique - écrit par Ange40ch203, le 11/03/2010
Notre verdict : 6/10 - Des hauts et débats comme une montagne russe ! (Ecrivez votre critique)

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Le transporteur Yegor est un agent secret bien bourru et brutal, mais tout comme ce nanar d'action russe, il nous réserve quelques surprises.

Les films russes arrivent trop peu souvent jusqu'à nos écrans, on se rappellera des récents Day & Night Watch, voire du métaphysique Stalker. La rudesse des traits physiques et de caractère de leurs personnages serait pourtant la bienvenue dans le panorama trop lisse du box office. Zylo étend nos horizons avec leur nouveauté, qui rejoint Forest Warrior dans son catalogue étendu. Mais un direct to DVD nommé Russian Transporter ne peut qu'attirer une curiosité mêlée de soupçon.Au Japon, ce sera Mission : Ultimate !
Au Japon, Mission : Ultimate

Nepobedimyy est une production russe qui avait été renommée Man of the East en anglais, mais la pochette ne nous ment pas en surtitrant Mission Protection et précisant « entre James Bond et Die Hard ». L'agent Yegor a pour mission de transporter et protéger Micha, un boulet friqué et arrogant, mais bien informé. Pour lutter contre les assaillants nombreux, notre one man army russe possède la rudesse et la résistance d'un John McClane ainsi qu'un gadget qui aurait pu être conçu par Q pour 007 : une mallette pare-balle remplie de tout l'attirail nécessaire à une mission. Un concept original qui apporte de la matière aux scènes d'action. Ces dernières d'ailleurs satisferont les amateurs par leur chorégraphie et leur violence. La référence au Transporteur n'est pas trompeuse, certaines séquences y feront irrémédiablement penser, mais on se rappellera parfois avec un sourire d'autres productions EuropaCorp. Comme durant cette scène de parkour - la discipline des Yamakasi et David Belle (B13) - où Vladimir Yepifantsev nous prouve son manque de souplesse tout en rattrapant un bus. Plus tard, en s'allumant une cigarette, il nous expliquera qu'il déteste les joggers, assumant avec humour un côté nanar. Le quota de scènes d'action est respecté et ça ratisse large, du gunfight millimétré à la course-poursuite en bateau comme dans les aventures signées Ian Fleming. Mais notre agent secret est au service de la mère patrie russe et préfère la vodka en shot plutôt qu'un martini au shaker. D'où sa réplique culte :

« Quand je bois, je bois beaucoup et là, c'est pas le moment d'être bourré. »

Red is not dead !
Red is not dead !
Ce que la jaquette ne pouvait laisser entrevoir, c'est la capacité à surprendre de ce film écrit et réalisé par Oleg Pogodin. Comment s'attendre à entendre des vers de Beaudelaire de la bouche de notre bouledogue russe ? Les nombreux dialogues, le scénario et la mise en scène étonneront par leur variété et leur inégalité. Des effets spéciaux érodés côtoieront du bluffant, des scènes chorégraphiées parfaitement réglées laisseront leur place à une poursuite onirique sur l'air de Mister Sandman. La bande son risquera d'ailleurs d'irriter les oreilles sensibles avec certaines musiques et quelques bruitages caricaturaux. Mais on approchera le sublime dans une tirade de l'irritant Micha, qui divaguant face à une copie du tableau Le voyageur au-dessus de la mer de brume, avoue que sa nature humaine a été pervertie par l'argent. Il sera ainsi question de la corruption et des faibles récompenses des honnêtes camarades fonctionnaires. Du coup, les agents corrompus...ou pas, et certains dialogues surchargeant d'informations fourniront une intrigue cousue d'un fil pas vraiment blanc.

Les surprises parsèment le Russian Transporter, le rendant inégal mais assez accrocheur. On regrettera un DVD sans fioriture, ne donnant le choix qu'entre le film et ses 6 chapitres, et donc l'impossibilité de le visionner en VO. Ce long-métrage se révèlera plus qu'une simple série B aux efficaces combats chorégraphiés grâce à l'imprévisibilité de son scénario, de ses dialogues et de sa réalisation.

Alors chérie, t'es sourde ou quoi?
Alors chérie, t'es sourde ou quoi?