6.5/10X-Men 2

/ Critique - écrit par Nicolas, le 01/05/2003
Notre verdict : 6.5/10 - Monstres et Cie (Ecrivez votre critique)

Tags : men film mutants wolverine singer stryker films

Monstres et Cie

Qui pouvait en douter ? Succès non négligeable, portes de fin grandes ouvertes, X-Men a su trouver son public et, de par le fait, motiver les producteurs pour une gaillarde suite supposée "encore plus mieux". C'est ainsi que les créatures imaginées par Stan Lee en 1963, objets d'un véritable culte aux Etats-Unis, reprennent leur combinaison X-ée pour remettre la table et montrer de quoi elles sont capables. Et si le premier volet de ces adorables mutants avait pu impressionner certains, qu'ils se préparent à se décoller la rétine une nouvelle fois ! A deux sorties d'autoroute d'une quelconque "théorie fumeuse sur les suites" sévèrement balisée (en l'occurrence, la mienne), X-Men² frappe fort et juste là où beaucoup attendaient une gaufre "classique", rehaussant de quelques points l'intérênomètre sans vraiment corriger les défauts de la première fournée de monstres. Et qui dit nouvel épisode, dit nouvelle galerie de portraits...

Les détracteurs des mutants ont l'opportunité de revenir à la charge lorsque le président des Etats-Unis lui-même est agressé au sein même de la maison blanche par un mutant aussi insaisissable que dangereux. Et les représailles ne se font pas attendre. William Stryker (Brian Cox), ancien militaire à la tête des plus féroces anti-mutants, obtient l'autorisation de mettre sous verrou les protégés du professeur Charles Xavier (Patrick Stewart), ce qu'il s'empresse de mettre en application par une opération commando un brin violente. Les X-Men rescapés, livrés à eux-mêmes, doivent maintenant tout mettre en oeuvre pour dérouter le noir dessein inavoué de Stryker...

Clairement, ce n'est pas sur son scénario que X-Men² gagne ses points, finalement très proche du premier à quelques décollements prêts. Magneto (Ian McKellen) voulait "évoluer" les humains normaux en atypiques petits mutants, la tendance s'inverse pour Mr Stryker qui préfère annihiler la race mutante sans exception. « Toujours les innocents qui trinquent », loi du dommage collatéral, Professeur A. Schwarzenegger. Les X-Men, en bons héros dévoués à la justice, la liberté, et la tolérance, se devaient donc de réagir sous peine d'extinction pure et simple de centaines d'êtres paranormaux pour la plupart inoffensifs. « Eternelle lutte du bien contre le mal », Ariane, chanteuse. Pas de première fraîcheur, certes, mais l'on pouvait s'attendre à moins que ça, en considérant qu'un film de super-héros tiré d'un comics va rarement chercher autre chose que « les gentils contre les méchants ».
Là où X-Men² puise la force de se déboîter d'une potentielle suite foireuse, c'est bien entendu dans son aspect visuel. Bryan Singer, motivé de son premier succès, graisse les mécaniques de sa réalisation et booste sans état d'âme sa chorégraphie spectaculaire. Passons sur l'increvable Wolverine (Hugh Jackman), l'électrique Tornado (Halle Berry), l'instable Mystique (Rebecca Romijn-Stamos), et les belles lunettes rougeoyantes de Cyclope (James Marsden), et souhaitons la bienvenue aux nouveaux. Telle une sélection d'équipe nationale de Football, Singer se devait de choisir les garants d'un match victorieux :

  • Aperçus brièvement lors du premier opus, Bobby Drake (Iceberg) et John Allerdyce (Pyro) prennent de la bouteille et se conditionnent nouvelle génération des X-Men, encore un peu en retrait mais certainement prêt à faire parler d'eux dans un hypothétique numéro trois. Le premier contrôle le froid, et le deuxième ordonne au feu, sans pouvoir toutefois le créer.
  • Yuriko Oyama (Kelly Hu), alias Lady Deathstrike, substitut féminin de Wolverine qui elle aussi s'est vu passée sur le billard pour un boulonnement total. Vouée au mal, elle justifiera un affrontement rythmé et un peu confus entre les deux adeptes de l'Adamantium.
  • La grosse attraction du film, Mr Kurt Wagner alias Diablo (Alan Cummings), sorte de demi-démon prêchant la sainte parole capable de se téléporter à souhait. Outre un aspect comique très... "allemand", Diablo s'engage sur la lourde responsabilité de la séquence d'ouverture, intrusion à la maison blanche rythmée des « Bfwanp ! » des multiples téléportations sur fond de musique classique. La voir, c'est l'adopter.
  • Et l'on ne peut oublier la petite bande de mutants - figurants, traversant les murs, contrôlant les ondes, arrêtant les balles, etc etc. 

Un tableau très positif, mais qui ne le restera pas longtemps. D'une part, le film garde l'humour très "primaire" apporté par Wolverine, mais développe également le triangle amoureux qu'il forme avec le Dr Jean Grey et Cyclope. Répercussions parallèles, les comportements se vautrent dans le sentimentalisme parfois un peu niais qui s'expose comme un clown dans un enterrement. D'une autre part, le scénario fait languir les choses et montre de sérieuses difficultés à pondre sa fin, alors presque capable de faire oublier tous les bons points récoltés jusqu'à présent. De plus, tour de passe-passe, les deux défauts cités trouvent leur apogée dans le dénouement final. Enfin, les effets spéciaux c'est bien, mais en abuser pour un oui, pour un non, ou pour un peut-être, on risque l'outrance et l'overdose.

X-Men trouve une suite qui lui ressemble fortement, surtout par les aspects communs de son scénario et des réflexions amenées, mais se voit enfoncer par le déluge d'effets spéciaux et d'idées visuelles apporté par son successeur. Un deuxième épisode plutôt bien rythmé, qui choisit la dernière demi-heure pour vautrer à l'écran tous les défauts qu'il avait su éviter jusqu'à présent. Le sentimentalisme un peu bonbon et les petites tares du script n'ont néanmoins pas l'impact pour effacer les bonnes surprises du film que sont les nouveaux arrivants et la bonne humeur indiscutable dont font preuve ces impressionnants sauveurs du monde.


P.S. : Mais où est Gambit ?!