2/10Invasion U.S.A.

/ Critique - écrit par Nicolas, le 11/02/2007
Notre verdict : 2/10 - Chuck Hunt (Ecrivez votre critique)

Tags : invasion film chuck ray blu usa norris

Chuck Hunt

« Plein le cul des grenouilles. »

Invasion USA est, à l'instar de Delta Force 2 et de Sidekicks, un des incontournables de la filmographie de Chuck Norris. La bande-annonce annonce la couleur : un paisible quartier de Miami s'apprête à réveillonner. Des gosses
jouent dans la rue, deux adolescents se smackent amoureusement dans la voiture familiale, un père de famille aide ses enfants à faire le sapin de noël, la maman crie « à table ! », etc. Puis, une camionnette s'arrête, un type se dresse, et mitraille tout au lance-roquette. Crise de rire.
Le début du film est du même acabit. Une vedette accoste un frêle esquif rempli de braves clandestins démunis, un garde-côte leur souhaite la bienvenue, pour ensuite déclencher une fusillade entraînant le massacre desdits réfugiés. Nouvelle crise de rire, on reconnaît la patte d'Aaron Norris, à l'origine du scénario (la réalisation étant quant à elle confiée à Joseph Zito, lui-même aux commandes du premiers Portés Disparus). Comme on peut s'y attendre du tandem Norris, les méchants seront très vilains et très ambitieux. Leur nouveau dessein : envahir les Etats-Unis, rien que ça. Mikhail Rostov est russe, moche, hargneux, chef de l'organisation terroriste du film, et fait dans sa culotte toutes les nuits en cauchemardant de Matt Hunter (Chuck, ouaiiiiiis). Il recrute un tas de sbire de toutes nationalités, asiatiques, arabes, latinos, avec pour seul critère de sélection la haine profonde qu'ils vouent aux Etats-Unis, et projette de faire débarquer tout le monde en Floride pour y mettre le souk.

« Toi, tu commences à me baver sur les rouleaux. »


Chuck, lui, s'en fout. Il préfère se balader en hovercraft dans les marais avec son pote indien et ses alligators. Mais Rostov a tellement les pétoches qu'il préfère aller voir Chuck pour le dégommer à coups de roquettes. Rostov ne vérifie pas le travail, certain que Chuck s'est envolé dans l'explosion spectaculaire de la cabane (explosion démesurée, cela va sans dire, mais qui étrangement ne touchera pas la lampe à pétrole de Chuck). Il s'imagine pouvoir enfin récupérer des heures de sommeil, mais nous n'en sommes qu'à la première demi-heure du film : Chuck en a évidemment réchappé, God bless his sixth sense, et va nourrir de profondes rancunes vis-à-vis de son ennemi via un petit plissement de visage à peine perceptible. Chuck est ennuyé, lui qui ne voulait pas revenir sur le devant de la scène, et le voilà contraint de venger son pote indien, ce pauvre petit dommage collatéral.
C'est une Amérique décadente que Chuck retrouve. Dans les rues, sans aucune raison apparente, tout le monde l'insulte et le vilipende. Qu'à cela ne tienne, il a un travail : débusquer Rostov et ses sbires, et leur mettre « la b... dans un tupperware. ». Les méchants, de leur côté, ne chôment guère : ils défoncent à la roquette illimitée (une grande constante du film) ce paisible quartier présenté dans la bande-annonce (« c'est plus facile en voyant ce genre de conneries », lâche Rostov devant une gamine perchée sur un escabeau en train de fixer l'étoile du sapin de noël, bien la preuve que c'est un vilain), et trucident quelques latinos pour faire porter le chapeau à la police locale.
Chuck commence alors son ménage : il attrape un des sous-fifres de Rostov pour lui extorquer des infos (en profitant pour lâcher deux monstrueuses répliques cultes), et va s'échauffer dans un centre commercial. Deux Uzis en bandoulière ne seront pas de trop pour démontrer à toutes ces brebis égarées que le terrorisme, c'est mal, dans un grand capharnaüm plein d'explosions et de fusillades. No mercy, no survivor. Les autres interventions du moustachu seront un peu du
même acabit : v'là-t-y pas qu'un des groupes de vilains posent une bombe devant une église bondée d'innocents croyants ! Notre sang ne fait qu'un tour devant un tel acte de barbarie innommable, qui prouve bien que ces terroristes n'ont ni l'amour des oiseaux des fleurs, ni l'amour des enfants ! Raaaah, je les hais ! C'est donc dans un soupir de soulagement qu'apparaît Chuck, toujours là au bon moment, l'homme qui tombe à pic, le défenseur de la veuve et de l'orphelin. Il sauve non seulement l'église et ses occupants, mais retourne l'arme contre les méchants. Trop fort Chuck, mais la coupe est pleine, va falloir penser à s'occuper de Rostov. Il imagine alors un piège, une embuscade de légende. Le Russe s'y pointera la tête la première.

« C'est fini pour toi. »


D'ailleurs, non seulement il y va en personne, mais toute sa clique répondra présent pour la fiesta. Seulement voilà, c'est un piège. Non seulement il n'y a personne à flinguer dans la bâtiment, mais en plus l'armée se pointe avec des tanks et un tas de militaires armés jusqu'au dent. L'affrontement est épique, tel la bataille du gouffre de Helm, les terroristes se battent avec honneur et obnubilation (un étrange mélange entre courage et inconscience), mais se rendront finalement, conscient qu'ils ne peuvent plus rien face au génie tactique de Chuck. Ce dernier doit affronter Rostov, et ce n'est pas une mince affaire. D'ailleurs, Chuck saigne du front ! Ah, le Russe est fourbe, mais tout se finira pour le mieux : un duel de bazooka, magnifique allégorie sur les westerns du millénaire dernier, qui s'achèvera par la disparition pure et simple du Russe et sa guerre froide.

Un très très bon cru donc, qui plus est bien fourni en explosifs, alliant avec maestria l'action bien nanarde et la réflexion bas de plafond sur la guerre froide et l'Amérique décadente. Tout n'est pas à jeter sur le continent, néanmoins, et c'est pour ça que Chuck se bat. Sacré Chuck.