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Le Mac

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par - le 26/02/2010

Avec son affiche racoleuse, un en peignoir flingue à la main dans le code couleurs de Kill Bill, le film s'annonce déjanté. Gilbert Chapelle, employé lambda, va se retrouver dans la peau du mac Ace, donc proxénète à Marseille. On voit déjà le burlesque se pointer, mais qui s'attendait à une dérive vers le caper movie, ces comédies de gangsters aux plans foireux ?

Chapelle ici
Chapelle ici
Chapelle est un banquier, larbin de ses collègues qui accumulent des dossiers sur son bureau. Un soir, retenu tard par sa paperasse, il est témoin d'une dispute dans le parking souterrain. Un pistolet arrive dans ses mains, paniqué, il tuera un inconnu sans le vouloir. Une aubaine pour les deux flics des stup, qui n'avaient plus de nouvelles d'Ace, leur maquereau-taupe (proxénète et balance, pas gros mangeur de ver de terre) sur le point d'être grillé par son boss. Après un quiproquo, ils découvriront que Chapelle et Ace sont jumeaux, et obligeront le premier à remplacer son frère. Cette introduction plutôt sérieuse, voire dramatique, laisse place au comique burlesque : un banquier coincé qui doit se transformer en pimp ! Après une formation musclée, l'intrigue commence, servie par des dialogues et situations décalés. Le film oscillera entre comédie et phases plus sérieuses, le jeu des acteurs semi-improvisé s'y prêtant plutôt bien. On obtient un genre de Snatch à la française.

Ace bien sérieux
Ace bien sérieux
José Garcia, à l'aise en faux souteneur qui fait vraiment l'indic, fera double jeu Chapelle / Ace sans être trop exubérant outre son look de Mexicain. Les seconds rôles servent bien l'ambiance du film, Gilbert Melki (déjà au côté de Garcia dans La Vérité si je mens !) en boss mafieux Al Pacinesque, Arsène Mosca et Jo Prestia (à l'affiche du Baltringue) en sbires sans cervelle et Carmen Maura (Tetro, Volver) en mama à qui on ne l'a fait pas. La réalisation du méconnu Pascal Bourdiaux (Un gars, une fille) étonnera par son efficacité. L'image est variée, recherchée dès le début (un travelling en gros plan sur des corps dénudés se passant un portable), et parfois décalée façon cartoon - comme dans les Astérix produits aussi par Thomas Langmann. On n'aura pas le droit à une succession de gags comme chez son concurrent Protéger et servir, mais une évolution en parodie de films de Tarantino (d'où l'affiche).

Une bonne comédie française, pas si basique, grâce à l'utilisation de twists et autres codes du film de gangsters. Le thème aguicheur l'adresse bien sûr aux jeunes mâles, le quota de filles désapées fera leur joie, mais l'attention porté sur le scénario l'amène presque au niveau des comédies mafieuses de Guy Ritchie.

Reservoir Doggy Bag
Reservoir Doggy Bag

Ange40ch203 Ange40ch203 [7.5/10]