Dans l'espace, personne ne vous entend crier. Cette phrase, depuis largement reprise à toutes les sauces, débute Alien et donne la tonalité du film de Ridley Scott, c'est-à-dire un savant mélange de science-fiction et d'horreur.

Ce geek a semble-t-il oublié de se nourrirEn 2122, le Nostromo vogue dans l'espace intersidéral quand Mother, son ordinateur de bord, détecte un signal de détresse et réveille les 7 membres cryogénisés de l'équipage. L'équipage atterit donc sur la planète LV-426 et part à la recherche du vaisseau en péril. Dans des brumes bleutées, l'étrange vaisseau abandonné ressemble à une stèle funéraire. En l'explorant, Kane découvre une multitude de formes organiques inertes, ressemblant étrangement à des oeufs. L'horreur est sur le point de naître.
Sur un scénario a priori simpliste et avec un budget relativement modéré (11 millions de dollars), Alien a rapporté près de 105 millions de dollars et a surtout marqué une génération de spectateurs. Les raisons de ce succès commercial, publique et même critique s'expliquent par plusieurs facteurs.
Cache-cache

Au bal, au bal masqué, ohé ohéTout d'abord, l'alien en lui-même reste pour la plupart du temps caché, créant une atmosphère effrayante. Car l'horreur que l'on ne voit pas et donc que l'on ne peut qu'imaginer est largement plus impressionnante que celle qu'on exhibe, un procédé qu'utilisera, par exemple, avec réussite Blair witch project des années plus tard. Dans Alien, la mort peut surgir à tout moment et dans tous les endroits. Ensuite le talent de l'artiste suisse H.R. Giger donne une patine reconnaissable à l'alien et donc au film. Ainsi tandis que le Nostromo est blanc, sain et clinique, le vaisseau alien suinte un côté organique poisseux et brumeux, mais aussi un côté mécanique, robotique et rouillé : ce que Giger appelera très justement la biomécanique est l'un des atouts majeurs de l'univers d'Alien. Cette atmosphère fait d'ailleurs ressortir les terreurs enfouies chez tout être humain : le monde d'Alien est visqueux et gluant, obscur et humide. Ridley Scott joue ainsi sur la claustrophobie, mais aussi sur la peur de l'inconnu qu'on ne peut voir, la peur des insectes, des serpents... bref de tout ce qui peuple nos cauchemars.
Un, deux, trois, soleil

Yoda a quand même vachement grandiMais la plus grande réussite de ce premier opus, que l'on peut, du reste, étendre à la saga tout entière, réside dans le personnage de Ripley. Le personnage principal n'est pas un héros musculeux, bardé d'armes en tous genres, mais au contraire une femme, même pas une guerrière, le genre de femme quasi-anonyme que l'on peut rencontrer au supermarché du coin, mais une femme qui survit à toutes les situations, symbole de l'humanité résistant envers et contre tout. Pour camper cette survivante, le choix s'est porté sur une débutante, Sigourney Weaver, qui finalement porte le film sur ses épaules et traverse comme une évidence la saga. Il est impossible d'évoquer Alien sans se rappeler cette scène finale où Ripley, simplement vêtue d'un T-shirt et d'une culotte blanche, doit affronter l'alien. Rares sont les acteurs qui auront, par un seul rôle, autant marqué l'imaginaire cinématographique.
Le loup
En plus du personnage de Ripley, Ridley Scott et les deux scénaristes d'Alien, Dan O'Bannon et Ronald Shusett, ont réussi à créer un être d'exception, un monstre mémorable qu'est l'alien : ils posent ainsi les bases de la future saga. Véritable machine à tuer, l'alien semble indestructible : son sang est à la fois un fluide vital et une arme fantastique, corrodant n'importe quoi. La créature prend plusieurs formes : l'oeuf qui s'ouvre au passage d'un être vivant, puis le face huger qui comme son nom l'indique s'attache à la tête de ses victimes afin de pondre dans le corps et le chest buster qui déchire la poitrine de son hôte au moment de sa naissance. Autant de scènes traumatisantes qu'on ne peut oublier si facilement et qui sont la substance de la saga Alien.
Sur tous les plans, ce premier opus d'Alien est un grand film de science-fiction et d'horreur et surtout il pose les jalons d'un univers particulier qui sera visité dans 3 autres films (sans compter les crossovers Alien versus Predator), un univers moite et inquiétant dans lequel la folie des hommes est à chaque fois proche de causer leur destruction. Un film évidemment essentiel.
nazonfly []

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