6.5/10Soit je meurs, soit je vais mieux

/ Critique - écrit par riffhifi, le 16/07/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Les 800 coups (gémellité oblige) (Ecrivez votre critique)

Tags : soit film barbosa meurs mieux vais cinema

Les 400 coups version 2008, où l'équivalent d'Antoine Doinel se fait piquer la vedette par un duo inattendu. Imparfait mais pas inintéressant.

Le cinéma français aime les titres en forme de phrase. Je vais bien ne t'en fais pas, Pars vite et reviens tard... Rien que dans la carrière de Laurence Ferreira Barbosa, on trouve Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel et J'ai horreur de l'amour ; et dans son dernier film, on voit un extrait de... Je rentre à la maison de Manoel de Oliveira ! Un dernier film dont le titre semble emprunter à Nietzsche son « ce qui ne te tue pas te rend plus fort », sous une forme plus adolescente. Une adolescence rebelle et tâtonnante, à supposer qu'il en existe une autre sorte.

Martial (François Civil) vit avec sa mère (Florence Thomassin) après le départ de son père. Aussi seul qu'elle, il n'en oublie pas pour autant de faire sa crise d'ado, à coups de rejets violents et de désirs d'indépendance impossibles à assumer. Les élèves de sa
"Sois Civil avec ton ami."
nouvelle classe ne semblent pas prêts à l'accueillir à bras ouverts, et il lui faudra repérer les deux perles rares qui peuvent le comprendre.

Impossible, à la vue de ces tribulations effrontées d'adolescents en perdition, de ne pas penser aux 400 coups de Truffaut. A vrai dire, le film s'en rapproche même au corps défendant de la scénariste-réalisatrice, qui clame avoir voulu centrer son propos sur les relations mère-fils. Celles-ci, bien qu'incontestablement présentes et portées par Florence Thomassin en mère/femme paumée, ne servent effectivement que de toile de fond au parcours initiatique de Martial. A vrai dire, on serait même tenté de dire que le film aurait gagné à choisir comme Antoine Doinel, non pas ce garçon colérique et un peu passif, mais plutôt ses deux "initiateurs" campés par les sœurs Barbosa (Carine et Marine, splendides et parfaites). Ces jumelles fascinantes, murées dans leur monde sécurisant, sont finalement bien plus intéressantes que le héros à la personnalité déjà connue. Expérience de la rébellion, découverte de la sexualité... le chemin est assez balisé, jusqu'à l'inévitable conclusion (à cette occasion, on se Alain Afflelou vous recommande les lunettes de gauche pour une protection totale contre les rayons du soleil
Alain Afflelou vous recommande
les lunettes de gauche pour une
protection totale contre les rayons du soleil
serait bien passé du panneau moche qui raconte ce qu'il advient des personnages, dans la mesure où il s'agit d'une pure fiction).

On pourra facilement trouver des reproches à formuler : la réalisation est un peu terne, filmant la banlieue à hauteur d'yeux sans grande imagination ; plusieurs intrigues restent en plan, voire désertent le scénario en cours de route. Mais malgré tout, le film est diablement agréable à voir, rythmé, drôle sans se forcer, d'un ton assez juste bien que le niveau des jeunes acteurs soit inévitablement inégal. Et on se plait à penser que les soeurs Barbosa sont promises à une belle carrière d'actrice(s) au même titre que leurs partenaires François Civil et Emile Berling, déjà croisés plusieurs fois. Reste à espérer qu'on leur évitera de ne jouer que des jumelles...