7/10Pirates des Caraïbes - Le secret du coffre maudit

/ Critique - écrit par Selena, le 03/08/2006
Notre verdict : 7/10 - Poulpe fiction (Ecrivez votre critique)

Tags : pirates film caraibes jack jones coffre maudit

Eté 2003.
Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl avait été le succès surprise de l'année 2003, en grande partie grâce à la contribution de Johnny Depp grimé en fourbe mais attachant pirate : le redoutable, le flamboyant et ineffable cap'taine Jack Sparrow. Ce loser de grande classe à la morale fluctuante selon les marées avait alors fait souffler un vent de fraîcheur sur les films de pirates qui n'étaient plus en vogue depuis belle lurette. La Tortuga, le port Royal et l'Ile de la Muerte nous avaient tant envoûtés que certains auraient bien pris une giclée de plus de rhum frelaté...

Eté 2006.
Les Pirates des Caraïbes écument les salles pour la seconde fois (mais non ultime fois puisque le troisième opus sort l'été prochain). En deux heures et demie, Jack Sparrow (Johnny Depp) a fort à faire en compagnie de Will Turner (Orlando Bloom) et Elizabeth Swann (Keira Knightley). Le premier a une dette de sang envers le poulpeux Davy Jones à qui Jack a promis son âme s'il était capitaine du Black Pearl. Quant aux seconds, ils ont de sérieux ennuis depuis qu'ils risquent la potence pour avoir collaboré à l'évasion du pirate rasta. Tout ce beau monde se retrouve réuni autour d'un coffre maudit dont le précieux trésor pourrait sauver corps et âme...

Le premier boulet de canon estampillé La Malédiction du Black Pearl charmait par sa fraîcheur, sa spontanéité, sa bonhommie, il enchantait tous les Peter Pan avides d'aventures fantastiques. Le secret du coffre maudit dispose d'un bazooka un poil trop massif pour l'embarcation des Pirates des Caraïbes. Ainsi, comme pour toute suite hollywoodienne qui se respecte, le producteur Jerry Bruckheimer et le réalisateur Gore Verbinski se fourvoient parfois dans la surenchère : deux fois plus de spectacle, deux fois plus d'effets spéciaux, deux fois plus de héros, deux fois plus de péripéties, etc.
Côté effets spéciaux : entre le mythique monstre marin Kraken, le très réussi visuellement Davy Jones (calamar parlant) et ses marins (crustacés mutants de La Croisière s'amuse), les techniciens s'en sont donnés à coeur joie pour un résultat tout à fait correct. Cependant, si ces nouveaux méchants sont originaux, les pirates maudits du Black Pearl et surtout Barbossa se révélaient plus attrayants et charismatiques.
Jack Sparrow est pareil à lui-même, même si Johnny Depp est à la limite de surjouer son personnage tant il cabotine et semble sous perf' continue de rhum. Le pirate canaille demeure le héros antihéros du film, bien que les rôles d'Orlando Bloom et Keira Knighteley aient pris de l'ampleur. Will Turner parait toujours aussi fade alors que la belle a abandonné sa cruche pour une épée un peu plus effilée et retorse. D'autres personnages secondaires viennent en renfort et alourdissent un peu le bestiaire carabéen.
L'histoire parait parfois fouillie, souffre de quelques longueurs mais offre son pesant de bons moments iodés, de filouteries et de bouffonneries. Si Johnny Depp s'est dit inspiré par les cartoons que regardent ses enfants, il ne semble pas être le seul à avoir imaginé des scènes dignes des Tex Avery version Stevenson (sur l'île des anthropophages et l'île des quatre vents par exemple). Sans être trop regardant sur la marchandise (et sur le Black Pearl de 2003), on peut apprécier le spectacle assuré et assumé... on attend difficilement plus d'un film labellisé 100% divertissement et dépaysement.

Malgré quelques escales longuettes et un excès de zèle et de dollars, le Coffre maudit ne prend pas l'eau. Les Pirates des Caraïbes 2 servent encore une fois un rafraîchissant et détonnant cocktail d'humour, d'action et d'effets spéciaux avec son lot d'escapades extravagantes menées tambour battant par le bondissant Jack Sparrow. Par ailleurs, les barboteurs n'ont pas encore dit leur dernier mot puisque le film se termine par un frustrant "cliffhanger" (fin à suspense laissant en suspend bien des interrogations).
En attendant leur dernière gredinerie : embarquez avec eux (avec double ration de pop-corn) sans vague à l'âme.


N.B. : Comme pour le premier volet, une dernière scène "clin d'oeil" clôt le générique de fin.