1/10Pédale dure

/ Critique - écrit par Nicolas, le 27/10/2004
Notre verdict : 1/10 - Dur, oui plutôt oui. (Ecrivez votre critique)

Tags : frein pedale freinage film dure voiture depression

Gabriel Aghion réalise en 1995 Pédale Douce. Succès. Voici ce qui pourrait être écrit dans la biographie méliorative du réalisateur, si tenté qu'il puisse y en avoir une un jour. Car à partir de ce point, « c'est la consternation » (à dire avec un ton de présentateur télé). Belle Maman (1998), Le Libertin (1999), et, joyau parmi les joyaux, Absolument Fabuleux (2001), tels sont les étoiles laissés à son palmarès depuis cette de 1995 qui lui fit entrevoir peut-être les paillettes de la gloire. Et depuis, on en prend plein la tête...

Loïc (Gérard Darmon) et Seb (Dany Boon) ont enfin trouvés le moyen d'être parents : L'un donne son sperme, Marie (Michèle Laroque) fournit son ventre et sa bonne volonté, et neuf mois après, les deux homosexuels pourront pousser leur landau. Petit bémol, les excès de Loïc ont parfois tendance à énerver la jeune femme, surtout que celle-ci semble s'être trouvé un amant bien sous tous rapports. Pour Loïc, une menace qu'il serait bon d'écarter...

Le sujet change, d'une certaine façon, mais l'esprit reste, d'une certaine façon. Nouvelle cible : la parenté chez les homosexuels, ou les tribulations de deux adeptes de la gay attitude pour goûter aux joies des biberons de six heures et des couches à changer. Un minuscule petit noyau se rapprochant d'avantage d'un pépin glissé dans une comédie « à la française » sans prétention ni aucune forme de qualité que ce soit. Rien que l'histoire, véritable Grand Splash scénaristique, pourrait devenir un cas d'école cinématographique en chapitre « à éviter ». Même le mot histoire est trop fort pour qualifier cette succession de scénettes fabriquées uniquement pour placer quelques bons mots/phrases jugés a priori « drôles », dans une bouillie de réalisation complètement informe et mal monté. On se croirait presque au théâtre, tiens, tellement la caméra s'enlise dans la récurrence de plans. Côté acteurs, c'est presque du délire. Entre Darmon et Boon qui rivalisent en catégorie « en faire des caisses », Laroque semble être la seule à en tirer à peu près son épingle du jeu. Le pire reste Dutronc, complètement amorphe, que l'on essaye de passer pour un type ténébreux, séduisant, sportif, drôle, et amoureux. La blague.

Une série d'inepties sans queue ni tête, probablement en concurrence directe avec l'autre fleuron pathétique de Gabriel Ahion Absolument Fabuleux qu'il parvient à égaler et peut-être même à enfoncer. Les monstruosités cinématographiques ont leur nouveau fer de lance...