7.5/10J'irai dormir à Hollywood

/ Critique - écrit par riffhifi, le 17/11/2008
Notre verdict : 7.5/10 - Maximiser un voyage (Ecrivez votre critique)

Tags : dormir irai antoine maximy film hollywood france

Version cinéma de l'émission J'irai dormir chez vous, cette traversée des Etats-Unis par Antoine de Maximy ne manque ni de piquant ni de rythme.

A la télévision, il y a des gens qui prennent leurs aises dans les décors confortables d'une émission pépère, et il y a ceux qui, comme Antoine de Maximy, choisissent de secouer un peu leurs fesses pour proposer aux spectateurs un voyage autour du monde. Dans l'émission J'irai dormir chez vous diffusée sur France, il se filme allant à la rencontre des gens de différents pays, engageant la conversation avec tous ceux qu'il rencontre, et essayant à chaque opportunité de se faire inviter à dîner et à dormir (d'où le titre). Globe-trotter infatigable, de Maximy est ouvert à toutes les situations : fort de son passé en tant que reporter de guerre, il s'aventure dans n'importe quel quartier, parle à n'importe qui, et se permet d'oser de faire du rentre-dedans culotté « à la Michael Moore » de temps Après Mini-Me, voici Maxi-Me
Après Mini-Me, voici Maxi-Me
en temps. J'irai dormir à Hollywood est la version longue d'un de ces voyages, consacré à la traversée d'est en ouest des Etats-Unis d'Amérique...

D'emblée, on peut craindre que 100 minutes de rencontres décousues et de pérégrinations sans but soient assez pénibles à subir sur grand écran, à plus forte raison lorsque le tout est filmé en vidéo. Pourtant, dès les premiers instants, on est saisi par l'efficacité du procédé : avec ses trois caméras disposées de façon à enregistrer son voyage au mieux, une sur son épaule, une dirigée vers lui et une indépendante (celles du film sont des prototypes révolutionnaires conçus spécialement), Antoine de Maximy propose une immersion complète dans son expérience. On commence par sauter en parachute avec lui (impressionnant), et on rentre dans sa peau pour le temps restant, pédalant avec lui derrière les Amish et profitant avec lui des paysages et des rencontres. Le portrait qu'il dresse de l'Amérique à travers les gens qu'il croise est forcément biaisé, fondé qu'il est sur une suite d'études microscopiques. Le résultat représente forcément davantage la population simple, celle qu'on peut croiser dans la rue, voire même celle qui vit dans la rue. Verra-t-on des stars en arrivant enfin à Hollywood ? Rien n'est moins sûr, car le rêve américain n'est pas fait que de villas et de palmiers.


Choisissant d'interagir avec son environnement et pas de se poser en simple observateur, le cinéaste solitaire s'amuse beaucoup (on peut même s'agacer de ses rigolades trop fréquentes et parfois un poil forcées), se fait remarquer avec son attirail déroutant, et adopte comme véhicule un corbillard repeint en rouge, le genre de voiture capable de détrôner l'ambulance de Ghostbusters au rayon du charisme atypique... Face à la caméra et à la personnalité d'Antoine de Maximy, les gens offrent une poignée de vérité, un décor, une anecdote. La Nouvelle-Orléans apparaît comme un endroit où le sentiment d'insécurité est bien supérieur à l'insécurité réelle. Les réserves indiennes rappellent que le glamour de Danse avec les loups est révolu depuis longtemps. Et l'expérience hollywoodienne finale se révèle particulièrement surprenante.

Comme dans tout documentaire, on pourrait accuser le montage de déformer la réalité, d'autant que celui-ci est particulièrement serré et réussi, notamment grâce à une bande originale qui ne laisse pas un instant de répit. Mais le film n'ayant pas de discours à proprement parler, on y voit simplement une sélection de scènes cocasses ou touchantes, déconcertantes ou inquiétantes. Chacun est libre d'en retirer ce qu'il veut, sans faire d'une généralité chaque personnalité qui s'exprime. Le voyage est dépaysant et inhabituel, même pour un pays finalement peu exotique comme les USA. On en redemande.