8/10L'Homme au pistolet d'or

/ Critique - écrit par riffhifi, le 07/05/2007
Notre verdict : 8/10 - Simon Templar contre Dracula (Ecrivez votre critique)

Simon Templar contre Dracula


DR.
L'homme au pistolet d'or
est le dernier roman de James Bond écrit par Ian Fleming, édité à titre posthume en 1965. C'est également le dernier film de James Bond réalisé par Guy Hamilton, à qui on doit Goldfinger, Les diamants sont éternels et Vivre et laisser mourir. Mais ce n'est que la deuxième apparition de
Roger Moore dans le rôle, et on peut dire qu'il a la patate...

L'intrigue est presque terre-à-terre par rapport aux épisodes qui nous emmènent dans l'espace ou au fond des océans : Francisco Scaramanga, tueur à gages de réputation internationale, vit dans son île où il aime à pratiquer la chasse à l'humain pour s'entraîner... James Bond sera-t-il un adversaire à sa hauteur ?

Roger Moore, encore en pleine possession de ses moyens (ce qui ne sera plus le cas lorsqu'il incarnera encore James Bond dix ans plus tard), est entouré d'un casting impeccable : d'une part l'équipe de choc qui a fait ses preuves au cours des précédents films : Lois Maxwell en Miss Moneypenny, Desmond Llewelyn en Q pourvoyeur de gadgets et Bernard Lee en M autoritaire ; d'autre part les nouveaux visages indispensables : Christopher 'Dracula' Lee en Scaramanga, Hervé Villechaize, le peintre nain français que l'on retrouvera plus tard dans la série L'île fantastique, et Maud Adams, qui reviendra chez James Bond dans le rôle-titre de Octopussy.

Fort de ce beau casting, Roger Moore prend son billet d'avion pour la Thaïlande, où se déroulera toute l'intrigue (un fait assez rare finalement, car Bond est connu pour traverser trois fois la planète dans chaque film). Là, il affrontera Scaramanga, un ennemi plutôt inhabituel puisqu'il n'est ni à la tête d'une armée de 859 sbires, ni auteur d'un complot gigantesque visant à dominer le monde. Il se présente davantage comme la version sombre de James Bond : distingué, séducteur comme lui, c'est un tireur d'élite qui apprécie les gadgets autant que 007. Jugez plutôt : son pistolet d'or est en fait composé d'un stylo, d'un briquet, d'un étui à cigarette et d'un bouton de manchette. Une fois ces morceaux assemblés, il n'a plus qu'à y insérer des balles en or, dans lesquelles il a gravé les noms de ses victimes. Seul son choix de carrière - criminel plutôt qu'agent secret - le distingue de notre héros.


DR.
L'homme au pistolet d'or
est à la fois un Bond hors normes par son intrigue « sobre », et un parfait spécimen qui exploite au mieux la formule : cascades, jolies filles en maillots de bain (Britt Ekland en Miss Goodnight est irrésistible), James Bond aussi suave que brutal, maniant le cynisme et l'humour noir aussi bien que le Vodka-Martini (au shaker, pas à la cuiller, gnagnagna). Le thème musical est peut-être un des meilleurs malgré ses sonorités clairement ancrées dans les années 70, et les producteurs ont même réussi à glisser quelques scènes de karaté inutiles mais cocasses, pour satisfaire aux goûts du moment (n'oublions pas que les films de Bruce Lee cartonnent à l'époque).
L'or semble porter chance à James Bond, si l'on considère que Goldfinger est le meilleur de Sean Connery et Goldeneye le meilleur de Pierce Brosnan. Espérons pour lui que Daniel Craig aura l'opportunité de tourner un Goldenfoot ou un Goldnose...