5/10High School Musical 3 : Nos années lycée

/ Critique - écrit par Nicolas, le 23/10/2008
Notre verdict : 5/10 - Entre les murs (Ecrivez votre critique)

Tags : high musical school film lycee annees ortega

Troy et Gabriella débarquent au cinéma, avec quelques chansons en tête, ainsi qu'un bon paquet de sentiments Disney.
High School Musical, Who says we have to let it go ?

Troy (Zac Efron), Gabriella (Vanessa Anne Hudgens), et tous leurs amis s'apprêtent à recevoir leur diplômes et se demandent encore où ils vont aller l'an prochain. L'heure des choix approche, et est synonyme de séparation pour Troy et Gabriella. Pour faire de leur dernière année un souvenir mémorable, l'école met en place une comédie musicale, qu'elle baptise Nos années lycée...

Tout le monde vous parle du « phénomène » High School Musical, et pourtant vous ne savez pas ce que c'est ? Difficile de le concevoir quand on voit le battage médiatique déployé pour le troisième volet des aventures de Troy et Gabriella, qui parviennent (enfin ?) à s'exporter du petit écran pour se retrouver sur des écrans géants à beugler en dolby digital. La frénésie existe également en France, si vous vous posiez la question, il ne s'agit pas encore d'un raz de marée mais il est bien connu qu'une campagne de pub bien tournée peut être à l'origine d'un « phénomène ». High School Musical se range donc au côté du Mesrine de Vincent Cassel, proposant au public une alternative nettement plus guimauve au film de Jean-François Richet.


High School Musical appartient à un monde qui n'existe pas. Celui où la jeunesse vit des aventures dénuées de vices, où la drogue, le racket, les cigarettes, les déséquilibrés se baladant avec des flingues, les violences, n'existent pas. Un monde où l'on parle de magnificence, où l'on évoque Yale, Stanford, Albuquerque, Julliard, sans sourciller. Ce monde, c'est celui de Troy et Gabriella, amoureux depuis le premier volet, et dont les sentiments réciproques ne sauraient tolérer une baisse de régime. Pendant tout le film, ils vous chanteront qu'ils s'aiment et que, l'un sans l'autre, c'est comme la mer sans les vagues (© Les Inconnus). « Chanteront » ? Si le titre n'était pas assez explicite, il est bon de rappeler que HGM 3 est une comédie musicale pur jus et sans les pépins. Attendez-vous alors à les voir chanter et danser, soutenus par l'ensemble de la figuration, en plein milieu de la cafétéria ou en plein match de basket.


Je le dis de but en blanc : il n'y a pas d'intrigue. Ni de retournement de situation, ni de surprise, rien. Hormis le fil conducteur du film (l'avenir, les choix qui se présentent), chaque « problème » (du niveau de « Chad a du mal à demander la compagnie de Taylor pour le bal de fin d'année ») se résout dans les cinq-dix minutes suivantes, si possible en chanson. La bande-annonce se vantait d'avoir dix morceaux originaux créés rien que pour le film, autant dire qu'il va pas falloir chômer pour les incorporer. Tous se classent dans une catégorie pop-rock adolescente, entre les morceaux rythmés et entraînant (Now or Never, High School Musical, I Want it All), les petites sucreries roses pleines de bons sentiments (Right Here Right Now, Walk Away), et les machins bizarres (Boys are Back). Si les paroles, traduites évidemment, sont tour à tour d'une mièvrerie consternante (Gabriella dit à Troy qu'il peut y arriver, Troy lui répond que c'est tout ce dont il avait besoin) et d'une crétinité affligeante (les garçons évoquant leur passé de gamins chahuteurs), les chorégraphies sont elles réglées au millimètre et offrent un spectacle très recommandable.


La question est donc, maintenant : peut-on pleinement comprendre ce troisième volet sans pourtant s'être empiffré les deux premiers ? Grands dieux, oui ! Il sera peut-être difficile de saisir toutes les « subtilités » des histoires de chacun, et de déchiffrer pourquoi Gabriella sourit à toute les blagues foireuses de Troy, mais l'histoire se montre tellement simpliste, simplissime même, qu'il est quasiment impossible de se retrouver perdu et de louper les liens de parenté qui lient untel à untel, même si certaines relations pourront vous sembler ambigües. Il plane d'ailleurs sur le film un sentiment d'inéluctabilité, comme si la dernière année de lycée des protagonistes principaux reflétaient l'ultime volet de la série, impression renforcée avec le recul par les mots de Troy dans la première chanson : « This is our last chance to get it right, This is our last chance to make it alright ». Une bizarrerie, puisque les auteurs ont déjà annoncé l'écriture d'un quatrième volet, sans nous dire où celui-ci atterrira. Nul doute que son succès inévitable au cinéma devrait lui en attirer une nouvelle fois les faveurs.

High School Musical 3 vous emmène dans un monde parallèle, sans haine, sans méchanceté, un univers qui ne reflète en rien celui des adolescents d'aujourd'hui. Après 110 minutes de film (oui, quand même), le retour à la réalité est brutal, et le constat sans appel : Nos années lycée est un produit trop stéréotypé, trop fleur bleue pour être véritablement crédible et être apprécié par la masse. La jeunesse scandera le prénom de Zac Efron, inénarrable interprète de Troy (inégalable quand il s'agit de grimacer la souffrance tout en chantant), et vouera certainement un culte rêveur au couple bien sous tout rapport qu'il forme avec Vanessa Hudgens (Gabriella). Les adultes se morfondront d'ennui devant ce ramassis de sucreries un peu niaises, mais ne pourront s'empêcher de fredonner l'un des airs énergiques de la bande originale.