2.5/10Catwoman

/ Critique - écrit par Kassad, le 09/09/2004
Notre verdict : 2.5/10 - Cat-astrophe (Ecrivez votre critique)

Tags : batman catwoman selina film comics personnage chat

Cat-astrophe

Dans les années 60 les péplums tenaient le haut du pavé, puis vinrent les films catastrophes des années 70, dans les années 80 ce sont les aventuriers qui trustent les affiches. Nos années 90 furent celles des serials killers et il est clair que le troisième millénaire commence sous l'emprise des super-héros. Impuissant devant cette vague de fond, il s'agit tout de même de trier le bon grain de l'ivraie. Catwoman donc, voilà le nouvel avatar de cette vague hollywoodienne qui débarque sur nos écrans. La femme-chat à la tenue latex-SM avait déjà fait une courte apparition dans Batman, le défi sous les traits de Michelle Pfeiffer. Changement de style, c'est la brune Halle Berry qui s'y colle pour cet opus 2004 avec Pitof aux manettes. Catwoman va-t-elle se montrer à la hauteur des Spider-man, Batman et autres X-men ?

Si les chats retombent toujours sur leurs pattes, il faut croire qu'ils n'ont pas du inspirer le metteur en scène. En effet nous sommes en face d'un cas rarissime de ratage à peu près complet. Avec un navet de ce calibre, la razzia de Razzie awards (les anti-oscars décernés aux pires films de l'année) est à portée de main. D'ailleurs le scénario est réduit à sa plus simple expression : Prudence est une jeune femme timide qui travaille comme graphiste dans une boîte fabriquant des produits de beauté. Par un concours de circonstances, elle apprend que le produit phare de cette société est dangereux mais que les dirigeants poussés par leur cupidité décident de le mettre sur le marché. Ni une ni deux elle est tuée par des sbires et renaît dans les égouts sous l'impulsion d'un chat égyptien aux pouvoirs mystérieux : la voilà en Catwoman bien décidée à se venger...

C'est le premier point noir d'un film qui en est constellé. Aucune originalité et l'ennui gagne au fur et à mesure que l'intrigue se déroule comme un papier à musique. Ne cherchez pas de salut dans la forme non plus. A force de prendre les spectateurs pour des débiles mentaux, avec nombre de flash-back bien appuyés pour être sûr que tout est bien compris, on finit par passer du sourire à l'énervement. Les effets spéciaux en arrivent même à devenir spécieux et sont dispensés à tort et à travers, sans doute pour masquer le vide intersidéral de cette production. Pitof décidément n'a pas retenu la leçon de Vidocq et ne résiste pas au plaisir (pour lui) de faire tourner la caméra dans tous les sens. Reste le plus important : est-ce que l'héroïne est réussie ? Hé bien non, on n'y croit pas une seconde et le face à face avec "l'ennemi", en l'occurrence joué par une Sharon Stone qui par instant est la seule à tirer un peu son épingle du jeu, est risible. Le pire vient de la prétention du film qui se veut une sorte d'ode à la féminité et ne trouve rien de mieux que de nous balancer des plans de Halle Berry roulant des hanches comme pour un défilé de haute couture. Vraiment le sujet aurait mérité un tout autre traitement car, en l'espèce, c'est plutôt une vidéo pour matous en chaleur qui ressort de tout cela.

Durant la projection, je me suis demandé ce qui faisait de ce film une bérézina totale. En effet tout y est pour un film de super-héros, ou plutôt tous les éléments semblent s'y trouver. Une super-héroïne dont l'ennemie est l'opposée totale jusque dans le physique (une brune incendiaire contre une blonde glacée). De super-pouvoirs qui peuvent se révéler difficile à maîtriser, des faires-valoir tout le tour des yeux etc. Seulement quand on y regarde de plus près on s'aperçoit que tout est superficiel et ne semble là que pour remplir le cahier des charges minimal. Catwoman est en tous points une super-héroïne au rabais. Dommage, car le personnage possède une texture, notamment cette dualité interne à Catwoman entre douceur et sauvagerie tout juste effleurée dans le film, suffisamment riche pour rivaliser avec ses compères. Qui sait, ce sera peut-être pour la prochaine fois ?