Transformers premier du nom constituait déjà une énorme révolution bourrin dans l'ère du cinéma numérique, tellement le film voulait en mettre plein les dents avec ses 150 millions de dollars d'apports. Gonflé de 50 millions de dollars par rapport au premier, le budget de Transformers 2 - La revanche (notons ce sous-titre nous ramenant plus de vingt ans en arrière, à une époque où l'on se foutait de traduire correctement les titres de film) annonce la couleur : le film va faire dans la surenchère, va dépoutrer du robot et dégommer de l'immeuble, vous pouvez en être certain. On parle déjà de trois fois plus de robots, et d'un machin mécanique géant qui va défoncer de la pyramide. Du bon cahier des charges de blockbuster, certes, mais qui en oublie de tirer des leçons de ses erreurs passées. Et entre deux trucs à détruire, le film les réitère. Gros plan sur un film qui se voit en plan large.

Shia, personnage principal.Plan large, oui, car Transformers 2 - La revanche (on s'en lasse pas, de ce sous-titre) bénéficie d'un effort certain de lisibilité, qui avait pu manquer parfois au premier. En panoramique, le saint patron de l'explosion et de la caméra tremblotante Michael Bay (agenouillez-vous) filme la destruction de la moitié de la Chine (ou peu s'en faut : une zone industrielle et un pont, grosso modo) avec une volubilité et un plaisir qu'il ne manquera pas de communiquer au spectateur. Et cela a beau péter de partout, l'action est au premier plan et s'appuie sur de nombreux petits ralentis pour demeurer à la portée de tous. On prend cher dès les premières minutes, et l'on comprend que le robot sera la préoccupation principale, une fois encore, et que le nombre d'entités fera la force du film. Film qui nous étonne parfois en proposant de solides effets spéciaux et quelques scènes du plus grand intérêt visuel, comme cette instant de bataille épique en plein milieu des bois, majestueusement rendue et très crédible du moment que l'on croit aux robots géants. Michael Bay, tout comme son confrère Roland Emmerich, est à l'aise avec l'effet visuel et sait donner du style à sa réalisation, à défaut de ne pas l'épaissir.

Megan, potiche (mais une belle).La mécanique se grippe ensuite. En fait, elle se coince à partir du moment où Michael Bay s'attaque au scénario. Passons sur la première apparition de Megan Fox, qui ne manquera pas de provoquer des réactions diverses parmi la population masculine assistant au film (à cheval sur une moto, l'arrière-train au premier plan, avec un petit short jean et les cheveux au vent - du 100% réglementaire dans le monde de la mécanique), la pauvre brune aux yeux d'azur servant juste de décoration de luxe. Oui, attaquons directement l'essentiel : Shia LaBeouf et ses aventures. Les quelques personnes qui s'étaient arrachés un œil en essayant d'intellectualiser ce qu'ils voyaient pendant le premier film attaqueront certainement le second, tant le quotient intellectuel de l'histoire pue le fruit de mer avarié. Mais le pire reste certainement l'humour bon enfant que le film cherche à se doter, ratissant large pour j'imagine attirer le blondinet pré-adolescent et le divertir au maximum, pour que les cours de récrés pullulent d'Optimus Prime miniatures (les gros ne rentrent pas dans le cartable), pour que la franchise perdure à travers les belles années qui l'attendent. J'ai vu, délivrez-moi du mal, j'ai vu un petit robot moisi se frotter tel un clébard sur la jambe de Megan Fox ; j'ai vu, sauvez-moi je vous en prie, j'ai vu un robot "vieux", gâteux, s'appuyant sur une béquille et affublé d'une sorte de barbe en métal ; j'ai vu maintes et maintes choses dans ce film qui m'ont fait pencher la tête sur le côté, mon visage arborant cette expression très caractéristique qui survient lorsque je regarde un film de Chuck Norris. On passe à deux doigts du nanar friqué.

Optimus Prime, effet spécial.La scène finale sera dantesque, ou ne sera pas. Mais malgré les moyens déployés, on ne peut s'empêcher d'être déçu par cette destruction en règle d'une partie de l'Egypte. D'abord, parce que jusqu'ici les scènes d'action avaient été si bien réglées et si divertissantes que la dernière fait office de bouquet final brouillon et tournant un peu à vide. Les explosions fusent, le sable virevolte, des robots se battent sans que l'on sache qui est qui, et l'on finit par se mettre en mode automatique pour attendre la fin. Un sursaut d'intérêt nous réveille lorsque le fameux Fallen du titre VO (Revenge of the Fallen) entre enfin dans la bataille, mais l'attention ne sera que d'une minute ou deux, tellement l'affrontement final est bâclé. Pour ne pas dire raté et inintéressant.
Après le film, quel verdict ? Peut-être que le premier opus avait plus de mérite niveau scénario, oui, peut-être. Mais en cherchant dans ses souvenirs, on se rend compte que les deux se valent et tablent sur le bigoût humour / mystique à deux balles. Toutefois, forte de ses 200 millions de dollars, cette revanche impressionne parfois par la démesure des moyens déployés, et c'est pourquoi j'ajouterai un demi-point supplémentaire à cet énorme pop-corn movie. Parce que, ok, c'est crétin, mais c'est défoulant. Merci de votre attention.
Nicolas []

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