Tous les ans, l'été parvient jusqu'à nous dans toute sa gamme chromatique. Tous les trois étés, aux alentours de juin/juillet, un autre cycle se calque sur cette période de chaleur et c'est alors avec une dominante de vert que les 
aventures de l'ogre Shrek nous annoncent les premiers parfums de l'atmosphère estivale dans les cinémas français. On pensait pourtant que depuis le troisième épisode un peu mollasson en 2007, c'en était fini de toutes ces billevesées et pourtant Dreamworks remet le couvert. C'est donc avec une certaine appréhension que nous nous sommes rendus dans la salle du Pathé quai d'Ivry pour découvrir la fin de la saga en 3D... et IMAX. Et il faut avouer que la 3D étant proposée à toutes les sauces depuis Avatar, y compris pour des films dans lesquels elle n'apporte franchement rien, comme Alice au pays des merveilles, on était en droit de se demander si on ne risquait pas d'assister impuissants à une démonstration commerciale.
Shrek et Fiona sont installés confortablement dans leur vie de marais après avoir goûté à la vie de château et aux aventures dantesques, multipliant leur clique de copains par deux. La portée de bébés est arrivée et c'est avec une certaine 
difficulté que notre monstre vert préféré fait ses premiers pas en tant que mari et papa de trois petits globules verts dont le passe-temps favori est de rendre leurs parents zinzins. Le voilà donc en passe de devenir l'ogre le plus souriant de la planète ce qui, il faut l'avouer, n'est pas dans sa nature. Il est temps de prendre quelques vacances pour crier sur les paysans apeurés. Fiona et les trois petits cochons à l'accent germanique n'auront qu'à se transformer en babysitters pendant que l'âne Incontrôlable se fera une partie de pouilleux crapette avec le Chat Potté. Malheureusement, il se trompe d'agence de voyage et c'est parti pour Tracassin express.
Et il faut avouer que dès le départ l'ambiance est particulièrement bien travaillée et porte le spectateur à ébullition dans une magnifique parodie de conte de fée bien huilée et au pouvoir comique indiscutable. Tandis que tous les personnages prennent leur place dans ce nouveau décor détourné d'une histoire qui continue 
malgré la fin toujours joyeuse d'un livre pour enfant, les rouages d'un scénario bien ficelé se laissent entrapercevoir avec bonheur. Là où l'on attendait une suite un peu bateau, les scénaristes nous offrent une très belle leçon de retournement de situation qui frise le génie, se permettant d'introduire des notions de monde parallèle et de continuum espace-temps dont la magie opère parfaitement. Très bonne surprise donc pour une écriture particulièrement fine et qui une fois de plus parlera aux plus jeunes comme aux adultes de tout poil, que ces derniers aiment l'action référencée ou la mièvrerie bienheureuse. Le méchant est lui aussi parfaitement bien campé malgré que l'on ne sache pas vraiment dans quel conte le placer. Il est affublé d'une oie géante dont les sonorités et l'oeil vicieux possèdent une puissance comique affranchie de toute sophistication mais dont la seule présence provoque de très bons moments de rigolade goguenarde.
Parti d'autant de variété pour en arriver là tout en proposant une action particulièrement bien choisie, c'est un quasi sans faute qui nous ramène à cette bonne période de Shrek 2 et ses premiers pas dans le royaume de Fort Fort Lointain. Le mode n'importe quoi est enclenché, depuis le répertoire musical de l'âne qui vous chantonnera du Florent Pagny jusqu'à l'utilisation propice du chanteur de flûte de Hamelin et des sorcières qui partent dans un slam débridé qui leur va à ravir, le tout au milieu d'un univers un peu fou.
Niveau technique, c'est une des premières démonstrations de 3D vraiment efficace et au service de l'histoire. On ne nous en met pas pour autant à toutes les sauces au niveau de l'action, mais l'accompagnement à l'immersion dans le monde 
magique est parfaitement réalisée. On a du mal à se séparer des lunettes une fois la projection finie et le monde réel semble alors presque faux. La polarisation est douce et ne change pas les couleurs de manière dramatique comme elle pouvait le faire sur un film comme Avatar, et il faut également avouer que la netteté du procédé IMAX fait son petit effet sur la toile rétinienne. Chaque pore de peau est un délice, chaque animation possède son lot de perfections. C'est du très beau travail dans un format 90 minutes qui redonne son sens au mot animation et divertissement.
Très bonne surprise donc, et si les humbles créateurs de ce bon moment nous promettent d'être aussi attentifs à la réalisation du suivant et envieux de nous renouveler l'univers des possibles, on ne demandera pas mieux qu'un Shrek 5. A déguster en famille sans souci et avec moult fous rires joyeux.
knackimax []

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