samedi 11 février 2012 | 12h 9 min depuis la dernière mise à jour | 16 249 articles | 11 498 membres FACEBOOK | TWITTER | RSS

Revolver

> > par - le 28/09/2005

Selon la légende, le roi Midas, quand il touche un objet le transforme en or. La légende est devenue réalité, Luc Besson, quand il produit, transforme tout en bouse. Sa capacité de bousification est incontrôlable et parvient même à juguler la créativité d'un metteur en scène qui eut un avenir prometteur : Guy Ritchie. Tout avait bien commencé pour le petit Ritchie : deux films brillants et drôles (Arnaques, crimes et botanique et Snatch), un mariage avec LA star mondiale, j'ai nommée Madonna, bref tout lui semblait acquis. Seulement voila après un Swept Away raté, Guy Ritchie persiste et signe avec un Revolver qui confirme son statut d'ex metteur en scène de génie qui fait naufrage.

L'expression "il a pris le melon", trouve ici une application très concrète. Le pitch est finalement de peu d'intérêt mais pour être complet le voici. Jack est un joueur, un arnaqueur de haut vol qui vient de passer sept ans en prison. En sortant il reprend les affaires. Tout semble se passer pour le mieux, il parvient même à se venger quelque peu. Seulement voila, il semblerait qu'il soit lui même au centre d'une arnaque qui le dépasse.

Guy Ritchie donc se la pète grave. Tout le monde n'est pas David Lynch et filmer la folie, la schizophrénie demande un doigté particulier. En voulant prendre de la hauteur et faire un film sophistiqué avec plusieurs niveaux de lectures, Ritchie se plante royalement. D'une part son film fait collage, récup, les références qui viennent immédiatement à l'esprit sont Usual Supects et Casino pour l'ambiance polar, Lost Highway pour l'ambiance "psycho" et Traffic pour l'esthétique bleutée. D'autre part en intercalant des citations pompeuses (de Jules César notamment), les métaphores vraiment trop lourdes (mon dieu ils jouent aux échecs que cela peut il bien signifier ?) et en répétant sans cesses les mêmes questions, Ritchie finit par obtenir en un film ce que la série X-Files a mis plusieurs années à atteindre : un sentiment d'ennui profond du spectateur qui se rend compte que rien ne sortira de ce méli-mélo. Ainsi si au début on est un peu accroché, on se demande qu'elle va être la conclusion, où se cache le truc (le complot dans X-Files), qu'elle va être la révélation grandiose qui va vous être faites, au bout d'une petite demi heure vous avez compris que rien ne viendra jamais.

Et si la plus grosse arnaque dans ce film c'était le film lui même ? Et si c'était une méta mise en abyme que nous proposait Ritchie ? Oui je sais c'est plus que tiré par les cheveux mais c'est la seule chose positive que je pourrais trouver à dire de ce film. Non je suis méchant, la BO n'est pas mal non plus.

Kassad Kassad [3/10]

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