On n'y croyait plus, mais c'est enfin arrivé : Batman & Robin a trouvé un successeur dans la dynastie des films de super-héros über-pathétiques. Disons-le tout net : Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent est le point le plus bas de la carrière cinématographique des œuvres Marvel. Un ratage complet, bien pire que le fadasse premier opus.
Red et Sue sont sur le point de se marier. Pas de bol, c'est le moment que choisit le Surfer d'Argent, extraterrestre surpuissant, pour débarouler sur Terre et provoquer des perturbations inquiétantes. La fin du monde serait-elle proche ?
A voir le résultat final, on ne peut que s'interroger sur les consignes que les scénaristes d'une telle daube ont pu recevoir. En restant de bonne foi, on peut établir la liste suivante :
- Casez un maximum de gags pourris (environ un par minute)
- Débrouillez-vous pour qu'on puisse voir les visages de Julian McMahon et Michael Chiklis, on les paie assez cher pour ne pas les cacher sous le maquillage pendant tout le film.
- Evitez de trop mentionner la fin du monde, bien qu'il s'agisse de l'intrigue principale. Concentrez-vous plutôt sur les sous-intrigues inutiles : chicaneries entre les personnages, machinations mesquines de Fatalis...
- Soyez puérils. Si vous voulez que les personnages échangent leurs pouvoirs sans arrêt, faites-vous plaisir.

"J'ai pris du bide, non ?
- Non, mais tu me marches sur le pied."Mais le scénario ne serait rien sans les efforts valeureux du réalisateur et des acteurs. Ioan Gruffudd (Mr Fantastic) paraît tour à tour pleutre (il ment à sa fiancée), niais et prétentieux ; à aucun moment il ne ressemble à son équivalent dessiné, ni ne semble crédible dans son rôle de chef. Jessica Alba, avec son gloss et ses lunettes de prof, est simplement ridicule. Chris Evans (Johnny Storm), arrogant et frimeur, mérite une baffe à chacune de ses répliques. Et Michael Chiklis, toujours engoncé dans son navrant costume en plastique, n'a que peu de moyens d'expression. Comme dans le premier film, l'alchimie entre les quatre est proche du néant (à l'exception d'un zeste de camaraderie entre Ben et Johnny).
Quant au Surfer d'Argent, assurément une des créatures numériques les plus moches de ces dernières années, il semble avoir été ajouté sur la pellicule à la dernière minute par des infographistes à la bourre (« Mais ça colle pas avec le reste de l'image ! - Laisse tomber, vieux, le film est déjà foutu... »).
Dans le pire film de super-héros, on peut généralement sauver une musique entraînante et facile à retenir. Ici, John Ottman (pourtant collaborateur régulier de Bryan Singer) parvient à composer une bande-originale dont chaque note s'oublie à l'instant même où elle finit de retentir. Rien à sauver, on vous dit.
Pris avec beaucoup de distance, des potes et une montagne de pop-corn, le film a peut-être du potentiel pour vos soirées nanar. Mais il reste même un doute sur sa capacité à faire rire, fût-ce au quatrième degré...
Attention spoilers ! Ce qui suit est l'intrigue intégrale, pour ceux qui veulent s'éviter le déplacement
Sue Storm en veut beaucoup à Red de ne pas s'occuper de leur mariage. Il reste scotché à l'ordinateur toute la journée, et tripote sans arrêt un objet apparenté à une console de jeu vidéo. Johnny Storm, de son côté, cherche à faire un max de thunes sur la popularité des 4 Fantastiques. Lorsque le Surfer arrive et provoque des perturbations majeures dans le monde, Red est contacté par l'armée, mais leur répond qu'il ne peut pas les aider à sauver le monde. La raison ? Il doit s'occuper de son mariage. Heureusement, il s'agit d'une simple ruse pour ne pas énerver Sue, en réalité il se fait un plaisir de bricoler un engin pour tracer le Surfer.
Le Dr Fatalis, curieux de nature mais défiguré depuis la fin du premier film, s'intéresse au pouvoir du Surfer. Après l'avoir rencontré (par hasard semble-t-il) sur un glacier (?), il se prend une giclée de pouvoir cosmique et retrouve son visage de beau gosse. Johnny Storm, lui aussi entré en contact avec le Surfer, peut désormais échanger ses pouvoirs avec ses trois super-amis (d'où une avalanche de gags).
Le Surfer révèle aux Fantastiques que la vraie menace ne vient pas de lui, mais de son maître Galactus (une sorte de cumulo-nimbus, pas un géant habillé de rose comme dans la BD) qui s'apprête à dévorer la Terre.
Heureusement pour nous, le Surfer est capturé par l'armée, torturé, et il comprend alors que l'humanité mérite d'être sauvée. Il reprend son surf au vilain Fatalis (qui l'avait volé pour un motif un peu flou) et va se sacrifier pour tuer Galactus. Applaudissements de l'assistance.
riffhifi []

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