7/10Ultimate Game

/ Critique - écrit par riffhifi, le 03/09/2009
Notre verdict : 7/10 - Ultime America (Ecrivez votre critique)

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Leonidas contre Dexter dans un monde futuriste où les jeux vidéo empiètent sur la liberté individuelle. Le film n'est pas au niveau de ses promesses, mais délivre son quota d'action avec style et ingéniosité.

Après avoir été tous les deux cameramen, Mark Neveldine et Brian Taylor ont écrit et réalisé en 2006 la stathamerie Hyper tension, qui remporta suffisamment de succès pour leur permettre de continuer leur carrière en binôme. En 2009, ils pondent presque simultanément deux nouveaux films d'action : l'inévitable Hyper tension 2 (privé de cinéma en France, il sortira en vidéo en octobre), et le futuriste Ultimate Gamer, qui réunit Gerard ‘300' Butler et Michael C. ‘Dexter' Hall. Alors, choc des titans façon "tête contre muscles" ou simple publicité mensongère Contrairement aux apparences, Gerard Butler ne joue pas Frank Castle.
Malgré les apparences,
Gerard Butler ne joue pas Frank Castle.
destinée à survendre le produit ? Réponse b, mais le résultat n'est pour autant désagréable ni exempt d'originalité.

A quelques années d'ici, la superstar s'appelle Ken Castle (Michael C. Hall), inventeur d'une technologie révolutionnaire qui régit deux jeux vidéo immensément populaires : Society et Slayers, sortes d'extensions perverses des actuels Sims ou Second Life. Tous deux proposent aux joueurs de contrôler un véritable être humain par le biais d'un sérum nanotechnologique implanté dans le cerveau des volontaires ; mais le deuxième met en scène des condamnés à mort ayant accepté de se battre à l'arme lourde dans une arène sous le contrôle des gamers immatures... Parmi eux, Kable (Gerard Butler) est sur le point de remporter les 30 victoires hautement convoitées, qui lui permettraient de recouvrer sa liberté.

Difficile à résumer, le scénario apparaît pourtant très clair à la vision du film, ce qui n'est pas un mince exploit quand on considère la multiplicité de personnages et l'aspect quasiment épileptique des séquences d'action. Celles-ci étant confinés aux sessions de jeu, elles n'entravent pas le récit et permettent à l'aspect "science-fiction sociale" de prendre ses aises. On pense forcément un peu au récent Death Race (avec Jason Statham, tiens tiens), pour cause de photographie blafarde et de En revanche, Michael C. Hall joue bien Ken Castle.
En revanche, Michael C. Hall joue bien Ken Castle.
prisonniers qui se battent à mort pour les beaux yeux de téléspectateurs voyeurs ; mais finalement, le pessimisme exacerbé renvoie essentiellement au cinéma de SF des années 70, façon THX 1138, Soleil vert ou Rollerball, avec leurs humanités désincarnées et vaguement déprimantes. La réalisation énergique de Taylor et Neveldine désamorce la déprime, mais garde intact le dégoût inspiré par certains personnages et leurs agissements.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les jeux vidéo ne sont pas un instant l'objet d'une quelconque critique dans le discours des scénaristes-réalisateurs : contrairement à eXistenZ qui se méfiait de la nature même du jeu, Ultimate Game s'en sert comme métaphore de la société : figurez-vous que les gens aiment se laisser manipuler, et que même les "manipulants" sont en réalité abêtis par la marge de manœuvre que leur laissent les quelques véritables dirigeants. Ce message simpliste est distillé par le biais du personnage de Michael C. Hall, malheureusement trop rare à l'écran et traité avec l'unidimensionnalité d'un méchant de James Bond. Gerard Butler est la véritable star du film, avec sa quête de liberté et son excellente scène d'évasion, invraisemblable mais très réjouissante. La forme se plaît à chercher l'excitation visuelle, tandis que le scénario se love confortablement dans la facilité, jusqu'au final hollywoodien trop expédié pour être satisfaisant. Le trip vaut le détour pour la testostérone, et pour ses embryons d'idées qui laissent rêveur... A vous de faire le film complet !