6/10Traqué

/ Critique - écrit par Nicolas, le 29/03/2003
Notre verdict : 6/10 - « Traqué, oh oh traquéééééééééé » (air connu) (Ecrivez votre critique)

Tags : traque chasse traquer film homme episode singulier

« Traqué, oh oh traquéééééééééé » (air connu)

Le tandem de l'acteur Tommy Lee Jones et du réalisateur William Friedkin n'en est pas à leur première collaboration, puisque L'Enfer du devoir fait partie de leur filmographie à tous les deux. Loin des démêlés juridico-politiques auxquels ont dû faire Messieurs Jones et Jackson, Traqué s'inscrit dans une réalité plus terre-à-terre, limitant les extravagances du scénario pour ne garder que l'essentiel : l'affrontement entre une machine à tuer et son professeur.

L.T . Bonham (Tommy Lee Jones), professeur des forces spéciales à la retraite, est rappelé sur le terrain en tant que « Tracker » pour élucider le meurtre de deux chasseurs dans une forêt de l'Oregon. Selon Bonham, l'assassin ne peut être qu'un de ses anciens élèves, un seul homme surentraîné maîtrisant redoutablement bien toutes les techniques de camouflage et de meurtre...

Voilà un film qui porte bien son nom ! L'intégralité de l'intrigue se résumera au petit jeu de chat et de souris que se livreront les deux protagonistes principaux, Tommy Lee Jones en vieux pisteur façon Aragorn, aucun meurtre au compteur, et Benicio Del Toro, soldat d'élite reconverti en prédator assoiffé de sang. Le premier cherche une explication, le deuxième se montre un peu timbré, en dépit des élans psychologiques qu'on a souhaité lui donner. Lucide, la traque évite la majorité des incohérences relatives au genre, même si nos deux lascars présentent des capacités physiques très entretenues et un instinct particulièrement développé. C'est le point qu'a choisi de développer la réalisation, stylisant les actes du prof et de l'élève pour les rendre presque animales, recherchant la chorégraphie gestuelle brute plutôt qu'un quelconque spectacle inadapté. Louable, mais l'idée est à double tranchant. Traqué puise alors généreusement dans plusieurs références cinématographiques, principalement dans Rambo à qui il emprunte même quelques répliques. Et compte tenu de son attachement pour la forme, le fond souffre également d'une réflexion très mal mise en valeur sur la culpabilité et le sens du devoir, comme cela a été le cas dans quelques précédents films de Friedkin. Dans sa lutte contre sa "création", Tommy Lee Jones reste relativement neutre dans son interprétation, posée et réfléchie, confronté à la disproportion du jeu de Benicio Del Toro qui en fait des tonnes.

Traqué s'attache visiblement plus à la forme qu'au fond, raffinant les instinct animaux développés par les deux soldats d'élite pour n'en garder que la saveur visuelle, au dépit du scénario pas franchement transcendant et d'une dimension psychologique quasiment inexistante.