6/10Tamara Drewe

/ Critique - écrit par riffhifi, le 24/07/2010
Notre verdict : 6/10 - Tintamara (Ecrivez votre critique)

Tags : tamara drewe film frears comedie posy simmonds

Adapté d'un comic book anglais à succès, le nouveau film de Stephen Frears fait dans la comédie de mœurs anodine, avec Gemma Arterton dans le rôle d'un objet de convoitise en milieu rural anglais.

Si le film de Stephen Frears est bien tiré d'une bande dessinée, il convient cependant de préciser que ce n'est pas de "notre" Tamara francophone, adolescente et potelée qu'il s'agit (animée par Zidrou et Darasse dans le journal de Spirou depuis huit ans), mais d'une anglo-saxonne créée par Posy Simmonds dans le journal The Guardian, et auréolée chez nous fin 2008 du grand prix de la
critique de l'ACBD. Curieusement, cette Tamara-ci sort elle aussi d'une adolescence marquée par les complexes physiques... de même que la Tamara de 2008, héroïne d'un direct-to-video horrifique dans lequel une jeune fille moquée par ses camarades pour sa laideur revient sous forme d'une bombe pour les châtier. Le prénom serait-il maudit ? En tout cas, tout n'est pas rose pour les Tamara, qui n'ont pas forcément envie de porter un toast à la providence...

Bien que vantée par les affiches et le titre comme le personnage principal du film (plastique de Gemma Arterton à l'appui), Tamara Drewe agit davantage comme catalyseur d'une intrigue collective, où différents personnages se retrouvent aux prises avec leurs sentiments et leurs choix de vie. Revenant au petit village de Ewedown après plusieurs années d'absence, elle provoque l'émoi chez les mâles : le petit laideron au gros pif est devenu une accorte jeune femme qui roule du popotin. Cette révélation secouera notamment la vie d'une résidence où les écrivains en mal d'inspiration viennent chercher la tranquillité et le recueillement.

S'il est agréable de voir Gemma Arterton dans un rôle plus intimiste qu'à l'ordinaire (au cours des derniers mois, on l'a croisée en victime dans La disparition d'Alice Creed, et en potiche dans Le choc des Titans et Prince of Persia), et qu'on est prêt à saluer le double clin d'œil que constitue sa présence dans le rôle (l'actrice a subi elle aussi une opération esthétique, pour se Y a-t-il une desperate housewife dans le coin ?
Y a-t-il une desperate housewife dans le coin ?
faire retirer un doigt en trop, et l'œuvre précédente de Posy Simmonds s'appelait Gemma Bovery), sa prestation un peu mécanique et son personnage difficile à cerner (elle a raccourci son nez et met des shorts moulants, mais sorti de là...) la font s'effacer devant ses voisins : le couple que forment l'écrivain volage et sa femme, l'universitaire américain coincé, et surtout le duo de collégiennes fangirls qui zonent dans le minuscule village en quête d'une échappatoire à leur ennui. A vrai dire, il est même décevant que les deux trublionnes n'aient pas été au centre du film, tant leur histoire s'avère plus juste, pétillante et émouvante que celles de leurs aînés. Car au rayon des tromperies, déceptions amoureuses, suspense de pacotille et dénouement happy, les personnages de plus de vingt ans peuvent tous servir d'exemple dans un cours consacré aux clichés du film romantique. Restent un soupçon de saveur britannique (avec duel de vocabulaire généré par l'Américain de service), quelques traits d'humour noir, et une apparition fugace de Patricia Quinn pour les fans du Rocky Horror Picture Show (mais vraiment fugace, attention). Dans la carrière récente de l'éclectique Stephen Frears, Tamara Drewe se situe davantage parmi les "petits" films peu remarquables (Dirty Pretty Things, Chéri) que parmi les œuvres qui surnagent de sa filmographie (High Fidelity, The Queen).