8.5/10Le seigneur des anneaux - La communauté de l'anneau

/ Critique - écrit par Nicolas, le 17/12/2001
Notre verdict : 8.5/10 - Un anneau pour nous amener tous, dans la pénombre d'un ciné (Ecrivez votre critique)

Un anneau pour nous amener tous, dans la pénombre d'un ciné

Ici, on parle du premier des trois films prévus : La communauté de l'anneau.

Il y a parfois des films qu'on attend longtemps, très longtemps, si longtemps qu'on croit parfois qu'on ne les verra jamais. Et souvent, la déception est si forte qu'on ne peut qu'avoir un sentiment de malaise par rapport à tout le temps qu'on a patienté. Cette histoire, chacun peut la raconter une bonne dizaine de fois. Mais cette fois-ci, nous avons affaire à un film sur-attendu qui comble toutes les attentes et transforme une oeuvre littéraire mythique en monstre du cinéma. Vous avez dit Seigneur ?

L'anneau de pouvoir, artefact surpuissant capable de recouvrir la terre de ténèbres, autrefois forgé par Sauron de Mordor, se retrouve après des années d'oubli entre les mains d'un hobbit, Frodon. Se forme autour de lui une communauté, protégeant le porteur de l'anneau dans sa quête : se rendre en Mordor, et fondre l'objet maléfique dans les flammes de la montagne du destin.


Après quelques années d'attente, il est là ! Le livre de Tolkien enfin fidèlement adapté sur grand écran, par la vision on ne peut plus lucide de
Peter Jackson. Quand je dis fidèlement, ce n'est pas une expression comme ça ou pour suivre l'enthousiasme général. Bien sûr, il y a quelques libertés d'adaptation, comme le remplacement de Glorfindel (l'elfe qui sauve Frodon de sa blessure de Morgul) par Arwen (future femme de Aragorn), la suppression de Tom Bombadil, ou encore l'affrontement entre Saroumane et Gandalf pendant que les Hobbits font route vers le Poney Fringant. Des petites modifications, qui servent surtout à ne pas laisser les spectateurs découvrant Le Seigneur des Anneaux dans un trop grand dédale qui en théorie fait trois parties consécutives (le prochain épisode étant dans un an). Respect de l'oeuvre également dans la transposition à l'écran des lieux, comme Cul-De-Sac ou Fondcombe. La caméra s'attarde parfois sur des magnifiques panoramas qui semblent tout droit sortis de notre imagination. Oui, le numérique fait de belles choses, et pas que des beaux streumons.

Passons aux personnages. Il est à noter que pour des raisons évidentes de rythme (notion inexistante ou presque dans la littérature), certains personnages ont été un peu moins développés. Des petits détails n'altérant pas l'oeuvre de Tolkien.

Les Hobbits tout d'abord, Frodon, Sam Gamegie, Meriadoc, Peregrin, et Bilbon. Petits ils étaient dans le livre, petits ils seront dans le film. Je n'explique toujours pas comment, où alors ils ont pris des acteurs de deux mètres pour incarner les humains. Bref, physiquement, ce sont des semi-hommes, et les traits de leurs caractères ont été gardés sans non plus atteindre la profondeur psychologique attitrée par Tolkien.

Aragorn, Fils d'Arathorn, Grands-Pas pour les non intimes, héritier du trône de Gondor et descendant d'Isildur (qui a contré Sauron jadis). Beaucoup de charisme, de présence, et un regard bleu tourmenté par son destin qu'il essaie de refuser. Un très bon choix.

Legolas, certainement mon préféré du film, un franc-archer elfique. Legolas use de ses capacités exceptionnelles avec classe et efficacité. On pourra le voir enchaîner plusieurs flèches à la suite sans rater sa cible, tirer deux flèches en même temps, et quelques autres trucs qui effacent tous les doutes sur sa présence dans la communauté.

Boromir, de Gondor, l'humain qui essaiera de prendre à Frodon l'anneau. Un bon choix également.

Gimli, fils de Gloïn, le nain un peu bourru, incarné par John Rhys-Davies (des premières saisons de Sliders, entre autres). Là-aussi, rien à dire, on reconnaît la psychologie naine chère à Tolkien.

Enfin, Gandalf le gris, un des plus présents à l'écran, cheveux et barbe grise, allure fluette, mais des capacités magiques et une assurance à faire peur. Le plus réussi à mon avis, mais pouvait-on imaginer Gandalf différent ?

Tout ce beau monde affrontera une bonne partie du bestiaire des Terres du milieu : les orques, le fameux troll des montagnes, la pieuvre géante, les créations de Saroumane. Un soin esthétique a été particulièrement appliqué à ces affreuses bébêtes, vraiment criantes de vérité. N'oublions pas le Balrog du pont de Khazad-Dûm, qui donne lieu à une bataille semblable à celle décrite à la fin de La communauté de l'anneau. Le film s'achève sur la dissolution de la communauté, un peu accélérée puisque la bataille sera finie avant le générique.

Maintenant, il est important d'imposer une réflexion : ai-je aimé le film parce qu'il est exceptionnel, ou parce qu'il met fidèlement en images une oeuvre que j'ai aimée ? Car il est tout à fait concevable que beaucoup soit déçus par le premier aspect de ce roman fleuve (qui est des trois parties certainement la moins intéressante), et surtout par sa fin. Et oui, lorsqu'on doit attendre un an pour avoir la suite, on ne peut être que frustré. Espérons que cela donnera envie de s'intéresser au livre.

La communauté de l'anneau tient vraiment toutes ses promesses, malgré quelques petites longueurs qui entravent un peu le récit. Personnellement, je trouve la musique parfois un peu « pompeuse » (des grands élans mélodiques pour finalement pas grand chose), mais ce n'est qu'un détail que sûrement personne d'autre ne remarquera. Une très grande réussite, qui s'impose comme le blockbuster ultime de cette fin d'année et du début de la suivante.


Pour information, voici la preview qui précédait cette critique :

Si vous lisez cette preview, c'est que vous trépignez sûrement d'impatience à l'idée d'être le 19 décembre assis sur un fauteuil dans une salle obscure bondée avec des gens qui crient. Sinon, c'est que vous venez de revenir d'un voyage pédagogique de six ans en antarctique. Oui, le seigneur des anneaux est à J-3 à l'heure où j'écris, et je vais certainement les compter jusqu'à la sortie du premier opus de ce qui est l'événement planétaire de 2001.

Le seigneur des anneaux, écrit par J.R.R. Tolkien, c'est tout d'abord trois livres intitulés La communauté de l'anneau, Les deux tours, et Le retour du roi, formant l'oeuvre littéraire mythologique la plus aboutie et la plus lue au monde. Certains ont essayé de transférer l'oeuvre à l'écran. Mais comme c'est souvent le cas (un exemple : Dune), le manque de moyens, de libertés, et de temps font cruellement défaut. C'est pourtant le défi que s'est attribué Peter Jackson (réalisateur entre autres de Fantômes contre Fantômes, de Brain Dead), c'est à dire la tâche titanesque de réaliser trois films en un an et demi sans s'éloigner du roman originel. On lui a confié les moyens, le temps, et les libertés. Et c'est justement pour cette raison que l'annonce du film fait grand bruit. Une adaptation fidèle de l'oeuvre de Tolkien ? Au vu des quelques bandes-annonces, on ne peut qu'être enthousiaste.

Premier film à nous arriver, La communauté de l'anneau. Sauron de Mordor s'est juré de retrouver l'anneau unique qu'il avait autrefois forgé, Un anneau doté d'un immense pouvoir et qui donne à son possesseur l'autorité sur tous les autres anneaux. L'anneau, retrouvé dans la Comté, et en possession du Hobbit Frodon, doit être détruit avant que Sauron ne s'en empare. Se forme donc la communauté de l'anneau, escortant Frodon jusqu'à la terre de feu pour que l'anneau soit fondu...


A travers l'affiche, les bandes-annonces, on a pu découvrir les visages choisis pour incarner les emblèmes de la trilogie. Et on ne peut que se résigner à dire qu'ils ont été plus que bien choisis, à quelques exceptions. Frodon se retrouve sous les traits de Elijah Wood, un jeune acteur déjà rencontré dans The Faculty ou Deep Impact. Judicieux semble-t-il, tout comme les trois autres hobbits (Meregrin, Peregrin, et Sam Gamegie), plus que crédibles visuellement dans leurs rôles de petites personnes. Ajoutons le grand Aragorn (Viggo Mortensen), l'elfe Legolas, Gandalf le Gris , Boromir, le nain Gimli (John Rhys-Davies, méconnaissable)... On les reconnaît au premier coup d'oeil, il n'y a aucun problème. Les plus grands fans se sont étonnés de voir le rôle de l'elfe Arwen confié à Liv Tyler (et c'est vrai que), mais attendons de voir avant de juger.

Maintenant, que dire du film en lui-même ? De ce qu'on en a vu, le film peut être prévu comme une réussite visuelle. Personnellement , les bandes-annonces m'ont véritablement emballé sur ce point là, tellement le spectacle avait l'air d'être au rendez-vous. Maintenant, les principales craintes concernent le respect de l'oeuvre originelle, mais en sachant que le film fait près de trois heures, et connaissant la rigueur de Peter Jackson, les doutes sont bien amoindris.

Deux films suivront celui-ci, respectivement en 2002 et 2003. Si la communauté de l'anneau s'impose comme le blockbuster ultime de cette fin d'année 2001, les opus suivant seront confrontés à d'autres monstrueux piliers du cinéma (Star Wars Episode 2, Matrix 2, pour ne citer qu'eux), mais le succès est d'ores et déjà assuré de toute façon. Le seigneur des Anneaux sort le 19 décembre, et il serait plus que déplacé de rater un tel événement, comparable à la sortie du premier Star Wars par exemple.