8/10La nuit nous appartient

/ Critique - écrit par riffhifi, le 18/12/2007
Notre verdict : 8/10 - Y a-t-il un lien entre J. Gray et Phoenix ? (Ecrivez votre critique)

Le réalisateur de The Yards revient après 7 ans d'absence, pour un film qui explore la même veine avec plus de succès.

James Gray est un réalisateur rare. Découvert en 1994 avec Little Odessa, un thriller urbain avec Tim Roth récompensé aux Festivals de Deauville et Venise. Treize ans plus tard, le bonhomme n'en est qu'à son troisième film avec La nuit nous appartient. Entre les deux, il a livré The Yards, un film au ton grave et pénétrant mais dont l'intrigue peinait à se mettre en place. On y trouvait Mark Wahlberg en vedette, Joaquin Phoenix en second rôle, une séduisante partenaire féminine (Charlize Theron) et un vétéran d'Hollywood (James Caan). Dans La nuit nous appartient, Joaquin Phoenix tient le premier rôle et Mark Wahlberg le deuxième, entourés d'une accorte jeune femme (Eva Mendes) et d'un vieux de la vieille (Robert Duvall). James Gray a de la constance, et on ne peut pas encore lui reprocher de se répéter.

New York, 1988. Bobby (Joaquin Phoenix) est fils de flic (Robert Duvall) et frère de flic (Mark Wahlberg). Voulant à tout prix échapper au destin trop bien tracé qui s'ouvre à lui dans la police, il se consacre à la gestion d'un night-club où il fait de nombreuses rencontres, parmi lesquelles la charmante Amada (Eva Mendes) et le Eva me chercher une bière (blague déclarée illégale dans quatorze pays, et passible de la peine de mort dans 7 d'entre eux)
Eva me chercher une bière (blague déclarée
illégale dans quatorze pays, et passible
de la peine de mort dans 7 d'entre eux)
moins charmant Vadim Nezhinski... Bobby pourra-t-il longtemps rester sur la corde raide entre sa famille et ses fréquentations ?..

Un constat s'impose rapidement : La nuit nous appartient n'est pas vraiment un film policier. Oeuvrant très clairement dans la même veine que The Yards, il prend le sempiternel combat entre gendarmes et voleurs comme simple contexte pour développer un personnage central tiraillé entre sa conscience et son confort, ses responsabilités et ses peurs. Dans chacun des deux films, le héros doit remettre en question ses choix de vie pour préserver son âme. Le sujet est sérieux, et traité comme tel. Mais là où The Yards pouvait paraître un poil pontifiant malgré sa remarquable maîtrise formelle, La nuit nous appartient maintient en haleine du début à la fin. Le mérite en revient-il au talent d'actrice d'Eva Mendes ? Ah ah, non, la pauvresse sert tout autant de potiche que dans l'infâme Ghost Rider. A celui de Robert Duvall, dans ce qui sera sans doute Il pleut sur la ville...
Il pleut sur la ville...
un de ses derniers rôles de flic en activité, l'âge l'ayant rattrapé (bientôt 77 ans) ? Déjà plus. A l'acteur principal, Phoenix ayant nettement plus de charisme que cette savonnette de Wahlberg ? Sans doute en grande partie, mais en réalité le film bénéficie surtout d'une tension exceptionnelle à plusieurs reprises, dans de très grandes scènes où l'humanité des personnages alimente parfaitement la dureté de la situation. Rien de révolutionnaire dans les péripéties, mais la conviction des protagonistes est inébranlable et le résultat furieusement efficace.

Violent, sombre, le film n'égayera peut-être pas votre soirée si vous êtes dans une phase dépressive, mais restera durablement marqué dans votre esprit comme une des vraies réussites de l'année.
James Gray semble prêt quant à lui à rattraper ses années d'absence et à se tourner vers un nouveau genre, puisqu'il prépare pour l'an prochain un drame romantique appelé Two lovers, avec Joaquin Phoenix (il ne peut plus s'en passer) et Gwyneth Paltrow.