5/10Mr Mumble

/ Critique - écrit par Nicolas, le 16/06/2004
Notre verdict : 5/10 - Fan de City Hunter (Ecrivez votre critique)

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Pour les fans de City Hunter

Beaucoup s'étonnent de voir apparaître sur nos écrans des films à gros budget mettant en scène des personnages directement tirés de célèbres mangas. Ce qui est d'autant plus surprenant, c'est que la plupart de ces séries ont pu déjà faire l'objet dans le temps d'adaptations ciné hasardeuses complètement méconnues du grand public, à l'image de Dragon Ball, The Magic Begins. Budget médiocre, effets spéciaux et scénario approximatifs, jeu d'acteur quasi-inexistant, le fiasco est généralement solitaire en attendant qu'une grosse boîte plus confortable financièrement s'en empare, pour le meilleur et pour le pire. Mais le cas City Hunter (Nikki Larson) est différent. Jackie Chan s'en empare une première fois, s'offrant même les pleins droits sur les personnages et le titre, le transformant en « film d'action live » (1993) assez peu fidèle à l'esprit originel et aux codes du manga de Tsukasa Hôjô. En opposition, Mr Mumble se constitue plus intéressant malgré son côté « bouts de ficelle ». Car, malgré que sa production date de 1996, le manque de moyens s'affiche comme flagrant et sa réalisation le réserve à un nombre plutôt restreint de fans et d'amateurs. Michael Chow, grand adepte de l'esprit de City Hunter, endosse pour le coup le costume du personnage principal, avec la ferme intention de redorer le nom de Ryo Saeba au cinéma, même dépourvu des droits !

Trop occupé à reluquer les minettes dans un bar sordide, Mumble est déclaré absent à un important exercice de prise d'otages qui s'avèrera désastreux. Jugé peu fiable, il est mis à la porte sans indemnités. Peu de temps après, il sauve la mise à Sharon, une jeune demoiselle un brin bruyante en proie à d'inquiétants hommes de main. Problèmes familiaux, apparemment, et Mumble est sommé de la ramener auprès de son brigand de père et de son fiancé. Ce dernier, un minable petit truand cupide, est assassiné sous les yeux de la jeune femme dans un restaurant. En danger de mort, Mumble est alors chargé de la protéger...

Pas de doute, le scénario ressemble bel et bien à un épisode de City Hunter. Les principaux rouages en sont aisément identifiables : une belle fille, et un gros méchant, pas besoin de superflu, Nikki fera le reste. Enfin Ryo. Ou plutôt Mumble. Voilà ce qui arrive quand le budget ne permet pas d'acheter les droits : le film se colle une étiquette officieuse, et les noms originaux passent à la trappe. Un défaut assez mineur, chaque personnage étant (dans la plupart des cas) suffisamment bien croqué pour être reconnu sans effort. Jean noir, marcel rouge, et veste bleue : Mumble. Treillis vert, lunettes noires, crâne désertique : Le Gros (Mamouuuuuuuuth, ils l'ont fait !). Reste Saeko, pas grand-chose à voir avec l'affriolante allumeuse originelle, mais pas essentielle à la présente intrigue. Il manque quelqu'un ? Kaori (Laura) ? Ce ne sera pas pour cette fois, élément facilement explicable : Mumble est une préquelle. Un film qui se déroule AVANT le début des épisodes télé, qui explique comment Mumble se fait éjecter des forces spéciales, pourquoi une telle constance vestimentaire, et pourquoi une mini en guise de véhicule. Well, ne vous attendez pas à de surprenantes révélations susceptibles de remettre en cause l'intégralité du mythe, mais c'est gentil de nous avoir donné un peu plus qu'un rébarbatif épisode classique (City Hunter n'a jamais été un modèle d'originalité et de renouvellement). Somme toute, c'est bien sa fidélité à la série qui fait l'intérêt de Mr Mumble (ils sont même allés jusqu'à reproduire les gros plans illuminés sur les yeux à la façon du dessin animé, lorsque Mumble s'aperçoit de la présence d'un assassin), et je ne serais pas surpris lorsque l'on me dira que les profanes ont grimacé devant ce condensé d'humour japo-niais. La première demi-heure, notamment, donne un sacré coup de sabre dans la motivation, relancée en grande partie par des phases d'action très Larson (désarmement sans visibilité, sa carte de visite, et autres réjouissances). Les moments humoristiques perdent, comme on peut s'en douter, un certain dynamisme avec le passage en live, bien que d'évidents efforts ont été amenés pour restituer quelque chose de correct (toujours en se rapprochant du dessin animé).

En l'espèce, rien de bien transcendant, mais un bel effort qu'il est juste de considérer pour tout fan de City Hunter, qui prendra certainement plaisir (ou tout du moins en partie) à voir son héros porté sur écran dans une version fidèlement adaptée de la série. L'humour niais, le ridicule budget lilliputien, la réalisation pas très ambitieuse, et le très médiocre doublage français sont autant de raisons qui pourront laisser Mr Mumble loin des portes du grand public.