3.5/10La loi et l'ordre

/ Critique - écrit par Nicolas, le 10/10/2008
Notre verdict : 3.5/10 - Jeu de lois (Ecrivez votre critique)

Righteous Kill (titre VO) n'échappe pas à la sacro-sainte loi selon laquelle le casting, aussi prestigieux soit-il, ne fait pas tout. Dans l'ordre des choses, la plupart du temps, on se vautre.

Turk (Robert De Niro) et Rooster (Al Pacino) travaillent ensemble dans la police depuis quelques dizaines d'années. Sur la piste d'un trafiquant de drogue insaisissable répondant au doux patronyme de Spider (Curtis Jackson), une série de meurtres se présente à eux. Le point commun entre les cadavres : tous des enfoirés, et un petit poème laissé à côté. Quelqu'un a décidé de faire la loi soi-même, et les deux flics sont bien décidés à mettre la main dessus...


" - You're talking to me !? - Yes, I'm talking to you."
Collez deux superstars du cinéma hollywoodien dans un même film, et basez votre promotion dessus. Voici la recette qui a permis à La loi et l'ordre de se démarquer un peu du carcan de polars mous du genou que le cinéma américain, entre autres, aime bien fournir au public international. L'intérêt est là : si vous avez été déçu de ne pas voir Pacino et De Niro s'échanger une réplique dans Le Parrain II, si vous avez été quelque peu frustrés par le peu de scènes que les deux acteurs se partageaient dans Heat (malgré un face-à-face final légendaire), La loi et l'ordre remet les pendules à l'heure, les voici coéquipiers. Et donc, implicitement, les voilà obligés de se donner la réplique pendant quasiment toute la durée du film. Autant dire que les seconds couteaux, à savoir Carla Gugino dans un magnifique rôle de potiche sexuelle et Curtis '50 Cent' Jackson en mafieux à la prononciation très approximative, n'auront aucune chance de briller à l'écran. Les deux compères, près de cent-quarante balais à eux deux, ne sont d'ailleurs pas dupes, ils lâchent le frein et se mettent en roue libre la quasi-totalité du film. Leur composition est alors poussée jusqu'à la caricature de leur propre fond de commerce, et l'on s'attend presque à voir débouler De Niro avec sa réplique légendaire « You fucked my wife !? », d'autant que le contexte pourrait s'y prêter.
L'intrigue est pour beaucoup dans le naufrage du film, n'hésitons pas à dire qu'il s'agit même de la principale cause de l'échec. L'histoire se construit comme une succession de meurtres dont on ne connaît pas l'auteur (malgré un looping scénaristique idiot, comprendra qui verra), posant la problématique récurrente du « droit de tuer ». Les crevures sont assassinées sans ménagement, dépassant le concept de loi et d'ordre servant d'accroche et de titre au film. Le temps est long, le montage enchaîne les bizarreries, et l'ont finit par se demander quand et comment tout cet imbroglio, parfois enfantin, parfois brumeux, se finira. Le dénouement vous en donnera pour votre argent, démesurément long et inintéressant, amorcé par un twist qui se devinait dès la première demi-heure du film.

Une rencontre au sommet qui tient une de ses promesses : Pacino et De Niro s'échangeront la réplique au-delà de toute espérance. Dommage que les deux acteurs se cantonnent à leur compositions habituelles, et que le scénario soit d'une pauvreté affolante.