3/10Les trois mousquetaires : la bêtise prend du relief

/ Critique - écrit par Nicolas, le 24/10/2011
Notre verdict : 3/10 - Les mousquets doivent se taire (Ecrivez votre critique)

Tags : trois mousquetaires treville artagnan hote film roman

L’année dernière, je suis allé au gouffre de Padirac, dans le Lot. C’est vachement grand, et vachement profond. Et c’est très impressionnant de se dire que la nature a mis des milliers d’années à concevoir ce petit chef-d’œuvre impressionnant de gigantisme. Si j’utilise cette comparaison, c’est pour souligner le talent de l’équipe de ce film qui a réussi en moins de deux ans à créer virtuellement un ÉNORME TROU DE CONNERIE qui donne le vertige vu d’en haut.

Les trois mousquetaires : la bêtise prend du relief
DR.Pourtant, si l’on croise une photo de ces nouveaux mousquetaires, on est tenté de se dire qu’ils ont la classe. Porthos fait très force brute, Aramis affiche ce petit sourire d’intelligence et de raffinement pas déplaisant, Athos respire la sérénité et le charisme, et d’Artagnan est un jeune petit trou du cul qui semble vouloir en découdre avec tout le monde. Loin des toges habituelles, leurs habits s’inscrivent dans une mode à la fois moderne par les matières utilisées, mais aussi rétro par le style vestimentaire. Bref, si on s’en tient à une image 2D, fixe, pas de problème, je signe. Le problème, c’est que non seulement ils en ont fait un film, mais qu’en plus, ils ont décidé de le filmer en 3D. Comme si une relecture moderne du mythe des trois mousquetaires avait besoin de ça ! J’ajoute qu’il faut arrêter de nous coller du Christoph Waltz à toutes les sauces, on commence vraiment à en avoir ras-le-cul de l’exploitation bornée.

Les trois mousquetaires : la bêtise prend du relief
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Le premier tour de force du film est d’avoir su se planter dès la FOUTUE PREMIERE SCENE DU FILM. Chacun des trois mousquetaires est présenté tour à tour, dans le non-sens et l’exagération la plus incommode. Athos est une sorte de ninja sous-marin nous rappelant les délires de Snake dans Metal Gear Solid, Aramis nous la joue Batman, en sautant des toits avec force de conviction pour tabasser du noble, et Porthos base toute sa stratégie sur sa force pure en se livrant LUI-MÊME à ses ennemis. J’ai encore mal à la gueule à force d’en parler, mais le second tour de force n’est pas loin, et il est intégré à cette FOUTUE PREMIERE SCENE DU FILM : Milady est de la partie, et son rôle nous fait penser à une Lara Croft en froufrous. A croire que la donzelle est mariée au réalisateur et qu’il a voulu la mettre en valeur. Ah mais attendez, c’est la RÉALITÉ ! Notons au passage que je suis toujours perplexe quand je vois des couloirs piégés, puisque la plupart du temps ce sont des pièges à usage unique : le premier se fait avoir, le second passe les mains dans les poches. Bref.

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A partir de là, inutile d’en espérer quelque chose, on peut directement crever la gueule ouverte dans le ciné en imaginant Alexandre Dumas et sa descendance passée et future se contorsionner de douleurs devant un tel ramassis d’absurdités censées donner un coup de jeune au mythe. D’Artagnan a pour lui d’être relativement conforme à la vision originelle du personnage, et a la chance de participer à quelques batailles à l’épée pas trop mal foutues. Pourquoi ne pas avoir gardé un semblant de cohérence en modernisant simplement les affrontements et la réalisation ? Non, il fallait forcément en faire trop, transformer l’histoire en un produit pop-rock qui a le culot de conserver les très grosses ficelles de l’histoire des trois mousquetaires et des ferrets de la reine. Comme de petites crottes laissées par un chat dans une litière, le scénario enchaîne les mauvaises idées en transformant le récit en vague actioner très crétin et porté sur l’explosion facile. On vomira mentalement de nombreuses fois en constatant que la bonne moitié des scènes ne sont qu’un prétexte à de l’action et ne trouvent même aucune cohérence dans l’histoire en général, tandis que l’on se grillera les méninges à imaginer comment les informations arrivent à se répandre aussi vite dans un contexte historique encore épargné par le texto de neuneus.

Je finirai par la 3D : inutile. A ce niveau-là, on est presque dans le pléonasme. A vrai dire, heureusement que les publicités passent avant le film. Sinon, j’aurais probablement tabassé les quelques spectateurs trop stupides pour comprendre qu’il s’agisse d’un effet d’optique et qui essayent donc d’attraper les bonbons en 3D, trop altéré par la vision d’horreur que m’a fournie Paul W. S. Anderson. Rarement bande-annonce n’a été aussi représentative du contenu global du film : hallucinant de connerie.

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