8.5/10Dernier train pour Busan

/ Critique - écrit par nazonfly, le 31/08/2016
Notre verdict : 8.5/10 - Train-train quotidien (Ecrivez votre critique)

Tags : train pour film busan dernier sang zombies

Les zombies ont envahi le monde. On en trouve même en Corée maintenant ! Seule échappatoire ? Le train ! Oui, je sais, ça ne pourrait pas se passer en France parce que le train serait en retard.

Depuis quelques années, le cinéma coréen se fait une belle place dans les salles obscures : Memories of murder, Old boy, Printemps, été, automne, hiver… et printemps sont, dans des genres différents, de grands films. Il fallait donc bien qu’un jour, nos amis coréens aillent faire un tour du côté des films de zombies ou, en tout cas, que les distributeurs français osent diffuser des films de zombies coréens. Le Dernier train pour Busan entre en gare sous vos yeux ébahis.


DR. Dans tout film asiatique, il faut une petite fille. Pour une fois, celle-ci ne fait pas flipper !

Comme son nom l’indique, Dernier train pour Busan se déroule… dans un train ! Sok-Woo, trader débordé, vit seul avec sa mère et sa fille, Soo-ahn. Enfin quand on dit qu’il vit avec sa fille, c’est un peu façon de parler vu qu’il est complètement occupé par son travail et qu’il porte très peu d’attention à elle. La petite Soo-Ahn n’a donc qu’une seule envie : rejoindre sa mère qui vit à Busan. Après avoir tout tenté pour laisser la gamine de même pas 10 ans partir seule dans le train, Sok-Woo l’accompagne finalement. C’est au moment de rentrer dans le train que l’événement perturbateur surgit : une jeune fille malade se glisse dans un wagon tandis que, sur le quai de la gare, se battent des individus enragés.


DR. Monsieur, monsieur, c'est bon, les JO sont terminés. En plus il n'y a même pas de baseball.

Comme j’ai déjà lâché le morceau, vous comprendrez bien vite, assidus lecteurs, que ces gens malades et enragés ne sont autre que des zombies, voire techniquement plutôt des infectés si on se rappelle le Grand Débat de 28 jours plus tard. Le train est donc, à la fois, un lieu isolé d’un extérieur très rapidement envahi, un lieu clos duquel on ne pas sortir même si des zombies sont présent à l’intérieur et un moyen de transport qui permet, peut-être, d’atteindre un endroit sûr. Trois aspects qui sont des classiques dans les films de zombies : dans La nuit des morts-vivants, la maison est ainsi un havre de paix isolé de l’extérieur, dans [°Rec], le petit immeuble se voit petit à petit envahi par les zombies tandis que la bande de Rick de Walking Dead est constamment à la recherche de sûreté. La tension du film se base en grande partie sur ces aspects du film de zombies : le train va-t-il parvenir à rejoindre Busan ? Le terminus de Busan est-il un endroit sûr ? Les passagers vont-ils atteindre vivant ce terminus ?


DR. Être papa, tueur de zombie et rester beau gosse, c'est pas donné à tout le monde !

 

Le film ne se contente pas d’être un banal survival. Car, comme nous l’a déjà montré Snowpiercer, un train peut aussi être une micro-société. Ici le temps entre le départ du train et son arrivée est trop court pour qu’une telle micro-société se monte ; cependant il est assez long pour que les passagers tombent les masques et montrent leur vraie nature. Dans une Corée connue pour son individualisme forcené, il est tout naturel que le réalisateur ait voulu principalement montrer ce côté-là de la société coréenne, notamment avec un personnage qui pourrait même faire passer King Joffrey de Game of thrones comme quelqu’un de sympathique. On pourra quand même reprocher à Yeon Sang-ho une approche sans grande finesse mais l'effort mérite d'être mentionné

Avec son scénario original, sa critique sociétale mais aussi (et surtout?) sa mise en scène et son suspens particulièrement marquants, Dernier train pour Busan est un très bon film de zombies. L’invasion zombie est d’ailleurs très impressionnante et certaines scènes, dans le train comme dans la gare, sont parmi les plus marquantes qu’il m’ait été donné de voir. Courez le voir s'il est encore sur vos écrans !