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0.5/10Baise-moi

/ Critique - écrit , le 03/01/2003
Notre verdict : 0.5/10 - "Tout, tout, tout, vous saurez sur le zizi..." (air connu) (Ecrivez votre critique)

Tags : baise virginie despentes livres roman avis livre

Avertissement : le film Baise-moi a été interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie, par conséquent, si vous êtes mineur, ou si vous risquez d'être choqué par des propos crus, arrêtez immédiatement la lecture car certains éléments de cette critique pourraient heurter votre sensibilité. Notez aussi que le film Baise-moi véhicule certaines idées choquantes, voire malsaines.

Virginie Despentes est une figure emblématique de la nouvelle génération d'écrivains fraîchement débarquée dans les années 90. A l'instar de Vincent Ravalec, Michel Houellebecq ou encore Catherine Millet, Virginie Despentes n'hésite pas à entrer dans les détails et de conter des histoires crues voire choquantes. Après le succès de son roman Baise-Moi, elle décide de l'adapter au cinéma, en le co-réalisant avec Coralie Trin Thi.
Le film débute sur la présentation des deux protagonistes : Nadine une jeune femme plutôt "cool" fumant de l'herbe et buvant de l'alcool à longueur de journée tout en se masturbant devant des films pornographiques, et Manu une autre jeune femme forte de caractère, vivant dans une banlieue sordide. Les deux jeunes femmes ont quelques points communs : Nadine se prostitue pour gagner un peu d'argent, Manu a tourné quelques pornos pour les mêmes raisons, elles aiment l'alcool et le sexe. Après une prise de bec avec sa co-locatrice, Nadine l'assassine en l'étranglant. Manu est victime d'un viol avec une de ses amie "junkie" et tue son frère alors qu'il voulait la venger. Les deux filles se rencontrent après que Nadine voit un des ses amis toxicomane se faire tuer devant une pharmacie. Les deux "héroïnes" s'éprennent et se prennent d'amitié et décident de s'envoyer en l'air tout en se vengeant de la société, une parfaite illustration de la génération "No Future".

La suite du film est un enchaînement de scènes de sexe et de meurtres, les deux filles, dans un parcours chaotique, multiplient les assassinats tout en cherchant à prendre leur pied. Si Manu se fait tuer en fin de parcours, Nadine se fait arrêter alors qu'elle s'apprêtait à se suicider.
Baise-Moi a été censuré, puis autorisé à sortir en salle mais sous une interdiction pour les spectateurs de moins de 18 ans. Si Virginie Despentes avait pour projet de réaliser un film choc sur le mal de vivre de ces deux filles tout en dénonçant le sexisme de la société, le film est totalement raté. L'étalage de scènes de sexe avec des gros plans sur les fellations et pénétrations en tout genre nous donne plus l'impression de voir un "porno de seconde zone" qu'un "film". L'utilisation d'une caméra instable pour accroître le vertige donne mal à la tête. Le casting réalisé dans le milieu du X (scènes avec gros plan obligent) change le sens : les acteurs sont mauvais dans les scènes "normales", et jouent dans ce film comme des hardeurs pour les scènes de sexe : par exemple, il n'y a qu'à les voir grimacer en "s'activant", c'est totalement risible ! De plus, les scènes dites "violentes" se terminent avec un maquillage type "vernis à ongle" et peinture à séchage rapide : c'est tellement mal fait que c'en est à mourir de rire ! Enfin, l'utilisation du format "DV" plutôt que la pellicule traditionnelle donne l'impression de voir un mauvais film amateur tourné par un jeune débutant...

Le seul point positif de ce film est la bande originale, servie de main de maître par la scène française rock et éléctro émergente : le Peuple De L'Herbe par exemple.
Ce film a su se faire sa publicité grâce à la censure, et j'ai beau chercher, je ne vois pas pourquoi ce film ne serait pas classé dans la catégorie "film pornographique" comme le revendique Despentes. Le combat des deux héroïnes pour leur indépendance sexuelle est enfoncé par le déballage de violence et de sexe, les acteurs de pornos et les gros plans sont plus matière de fantasmes que de réflexion. A croire que ce film a été fait pour qu'on parle de lui (de ce côté-là, c'est plutôt réussi) et pour satisfaire un public masculin pervers allant voir ce film pour se masturber... intellectuellement !
Si vous cherchez un bon film sur la violence et le sexe, regardez d'urgence
Tueurs Nés d'Oliver Stone ou Orange Mécanique de Stanley Kubrick, mais oubliez Baise-Moi !