6.5/10A tombeau ouvert

/ Critique - écrit par Kassad, le 22/08/2005
Notre verdict : 6.5/10 - A moitié ouvert (Ecrivez votre critique)

Tags : tombeau ouvert film scorsese chambaz frank drame

A moitié ouvert

On a un peu de mal à s'en rappeler mais New York au début des années 90 était une ville au bord de la désintégration. Ce n'est pas un amoureux de la grosse pomme tel que Martin Scorsese qui me contredira. Dans cette jungle urbaine Franck (Nicolas Cage) est un "paramedics". Une sorte de super ambulancier (il n'y a pas vraiment d'équivalent en France), dont le job est de ramener blessés et malades le plus vite possible à l'hôpital. Il travaille dans "Hell's Kitchen" un des quartiers les plus pourris de Manhattan. Depuis quelques temps il se met à voir les fantômes des patients qu'il n'a pas pu sauver. Il fait la rencontre de Mary (Patricia Arquette) en tentant de réanimer son père mourant.

25 ans après, Martin Scorsese reprend les thèmes de Taxi Driver sous un autre angle. Encore une fois il s'agit d'un être solitaire qui s'enfonce dans la folie, tout comme son véhicule s'enfonce dans la jungle New Yorkaise. Franck est obsédé par ses visions, il avance dans la vie comme dans un cauchemard. Pourtant tous les jours il trouve l'énergie de continuer son boulot. Il n'y a pas de drogue plus addictive que celle de sauver des vies : ses seuls moments de bonheur qui durent de moins en moins longtemps, tout comme l'effet des drogues qui demandent des doses toujours plus forte au fur et à mesure que le corps s'y habitue.

Superficiellement parlant, A tombeau ouvert, se présente comme un épisode d'Urgences tourné du côté des ambulanciers et sous influence massive de LSD. Le chaos règne dans la rue mais aussi dans les ambulances. Franck fait équipe avec 3 ambulanciers différents : chacun montrera ses brèches personnelles et secrètes. Même si le ton est globalement négatif, comme le témoigne les patients récurrents mille fois repris et qui retournent autant de fois dans l'enfer, quelques passages sont nettement plus positifs. L'humanité des ambulanciers qui n'hésitent pas à "jouer" (mettre le gyrophare quand ils s'aperçoivent que la famille les suit, mimer un massage cardiaque pour annoncer une mort en douceur) est rendue tout en finesse.

Cependant le côté répétitif des interventions se fait sentir à la longue. Finalement on se rend compte qu'on n'en apprend pas beaucoup sur Franck. D'ailleurs ses rapports avec Mary semblent eux aussi un peu artificiels. Et c'est cette impression de superficialité qui finit par surnager. En m'interrogeant sur ce film je me suis rendu compte qu'au fur et à mesure qu'il avançait je décrochais petit à petit. En fait ce sont les personnages secondaires qui m'ont le plus marqué, de là à dire que dans l'oeuvre de Scorsese A tombeau ouvert est secondaire, il y a un pas qu'on pourrait peut-être franchir...