4/1012 Rounds / Shoot & Run

/ Critique - écrit par Nicolas, le 29/03/2010
Notre verdict : 4/10 - Une journée en enfer (Ecrivez votre critique)

John Cena laisse l'uniforme du marine pour enfiler celui de flic. Mais pourtant, le déguisement n'abusera personne, et sa copine blondasse se fera encore kidnapper. Etre une star du catch, c'est pas facile tous les jours.


"J'ai kidnappé ta blondasse !"

Pour sa deuxième incursion au cinéma, John Cena ne prend pas de risques. Après tout, son The Marine lui plaisait, aucune raison de ne pas reprendre quelques éléments et de les remixer :

  • Un nom en rapport avec la poiscaille. Le John Triton de The Marine devient Danny Fisher.
  • Un métier en rapport avec l'ordre, la loi, protéger et servir. Le marine devient détective bourrin. 
  • Une petite amie (ou femme, ou concubine, ou maîtresse, je ne sais plus) blondasse bombasse.
  • Et cette truffe ne trouve rien de mieux que de se faire enlever, comme l'autre pouf de The Marine. 

Sur ce constat, tout ce que l'on espère, c'est que ce Danny Fisher aura au moins autant de classe destructrice que son homologue, le minimum pour passer un bon moment avec une star du catch reconvertie. Manque de bol, ils ont essayé de faire un poil plus original. Au détriment de mes chères explosions.

Non parce que, je vous explique, Danny a réussi à arrêter Miles Jackson. Ce type est un salopard de première, un gros cerveau du crime, et ne va jamais chez le coiffeur. Un vrai monstre. Danny, la plaque policière au clair, parvient à lui mettre ses grosses mains de catcheur dessus, mais tue par inadvertance la petite copine du terroriste. L'autre a évidemment les boules, surtout qu'il se fait jeter en prison.
Mais douze mois plus tard, ce qui correspond à peu près à un an, Miles s'échappe de sa geôle, kidnappe la blondasse de Fisher, et met en place un jeu : douze épreuves pour le flicard, sinon la bombasse sera zigouillée séance tenante. Histoire de venger sa dulcinée.


"Enflure ! Rends-la moi !"
Deux références s'imposent d'elle-même : Speed et Une journée en enfer. Sans évidemment atteindre les illustres modèles qu'ils sont, 12 Rounds parvient, je ne sais pas comment et pourtant j'ai cherché, à conserver notre intérêt sur quasiment toute la durée. C'est de l'action très old school, très invraisemblable, mais ça a de la tronche, assurément. Faut avoir l'âme d'un catcheur, et être capable de passer le cerveau dans une vitesse de rotation moins élevée, mais ça reste divertissant. Je n'aurais pas cru écrire ça un jour, tiens, à propos d'un John Cena.
Non parce que, si effectivement le film a du carburant, il faut tout de même ne pas se voiler la face : la cohérence de l'ensemble, le jeu des acteurs, et le twist final débile nous rappellent à l'ordre. Je reformule : c'est n'importe quoi tout le long, c'est mal joué, et en plus on essaye de nous faire justifier toute cette débauche de crétineries avec un dénouement décuplant mon premier reproche (qui était la "cohérence", je vous le rappelle au cas où, ma phrase était un peu longue, je ne vous en veux pas).
En plus, notre bon John ne fait pas vraiment son catcheur ! Il a limite l'air empoté, avec tous ses muscles qui débordent et qui lui servent finalement pas à grand chose. Les producteurs auraient tout aussi bien pu remplacer un N par un R, et se retrouver avec Michael Cera, ce serait revenu au même. J'exagère peut-être, vu que dans un film d'action ce qui compte c'est le charisme de l' "actioner", mais bon, je suis déçu de n'avoir pas pu reconnaître une ou deux prises du champion - à ceci près que je ne regarde pas le catch et que je n'aurais pas su reconnaître la moindre prise, mais bon, c'est pour le principe !

En termes de qualité artistique, 12 Rounds est un gros poil au-dessus de The Marine, moins primaire quoique tout aussi stupide. Donc se laisse voir. Mais si vous recherchez de la baston et de l'explosion, mieux vaut vous tourner vers le premier film de John Cena, beaucoup plus généreux sur ce point.

Et ça finit à l'eau, comme dans The Marine.
Et ça finit à l'eau, comme dans The Marine.