Osons.
Osons faire ce que seul Télérama s'est permis de faire, si l'on en croit Allocine.com : dire du mal de Wall-E.
Commençons par ce que personne ne peut nier : Wall-E est un bijou d'animation. Outre l'incroyable performance technique (qui montre qu'on peut encore faire de la 3D innovante et jolie, contrairement à ce que voudrait nous faire croire papy Lucas avec ses Star Wars animés), c'est surtout le fantastique aspect artistique qui frappe. Wall-E est très certainement un des meilleurs personnages jamais créé. Attachant, émouvant, il cumule le côté mignon du chat botté de Shrek 2 et la malice et l'entêtement de... de... d'une très grosse partie des héros de dessins animés en fait. C'est un personnage taillé sur mesure pour un public en mal de Kawaï (Hello Kitty, Pucca, mais aussi justement le chat botté précédemment évoqué) qui plaira à coup sûr aux enfants. De la même manière, l'histoire d'amour qui sous-tend l'aventure et qui le fera courir derrière Eve est d'une naïveté certaine, mais toujours agréable.
Une fois ceci dit, que reste-t-il ? Un simple film pour enfant, sans second degré de lecture, et d'une simplicité affolante. Wall-E est mignon parce qu'il est maladroit, mais aussi et surtout parce qu'il a de gros sourcils tombants. Tout comme Colin Farrell dans Bons baisers de Bruges. Comme quoi, faire un rôle sensible, que ce soit en chair et en os tangibles ou bien en métal virtuel, c'est surtout tirer sur une ficelle vieille comme le monde : celui des yeux de chien battu. Quid du film plein de poésie capable de s'affranchir des barrières de la langue ? Très franchement, la poésie, on la cherche encore. Wall-E articule deux mots tout comme Leeloo répète "Corben Dallas Moultipass", et le reste de son rôle se limite à s'agiter sans bien réfléchir. Wall-E, c'est une version un peu secouée (dans le sens où les rôles sont un peu inversés, pas dans le sens "original et surprenant") de Blanche Neige et les sept nains, baiser salvateur compris. Avec Eve dans le rôle de la belle intouchable ou presque, Wall-E dans celui de simplet et les robots déglingués dans ceux des six nains restants.
Les humains sont plus ou moins transparents, autant sur le fond que sur la forme, et sont surtout là pour donner un peu de corps à cette "fable écologique" vaguement moralisatrice. Le message est on ne peut plus simpliste : nous faisons du mal à la terre qui est si belle et incroyable et fabuleuse et fantastique et généreuse et vivante. Et même que c'est pas bien de lui faire du mal. Alors qu'il suffit de se rebeller contre le méchant pour avoir de nouveau de l'herbe partout ! Il ne faudra avoir guère plus de 7 ans pour comprendre le message. L'intention est louable et le contenu calibré pour nos chères têtes blondes. Pas pour les parents qui les accompagnent en pensant se retrouver devant un nouveau Shrek où eux aussi pourront s'amuser. Ni pour les adolescent, les jeunes, les trentenaires, les quadra et les autres qui auront été drainés en masse vers les cinémas grâce à une presse visiblement sous le charme du logo Pixar.
A tous ceux-là : ne pensez pas non plus rire à gorge déployée. L'humour dans les dessins animés classiques se résume bien souvent en un mot : burlesque. Un personnage gentil tout plein s'en prend plein la figure lors d'une scène se déroulant à cent à l'heure. C'est là tout le concept derrière Scrat, le pauvre écureuil malmené de l'Age de glace. Ou encore celui qui rend drôle le personnage d'Archimède, le vieux hiboux grincheux de Merlin l'enchanteur. Pixar a dû le trouver un peu vieux jeu et a tenté de le rénover. Nos héros sont bien secoués, mais les gags, eux, se font rares. La bande annonce les recense presque tous. Il aura fallu qu'une personne au rire particulièrement communicatif se mette à ricaner au milieu d'une scène qui n'avait rien de drôle pour que la salle se déride un peu.
En un mot comme en cent, Wall-E n'est pas le chef d'oeuvre annoncé et acclamé. Ce n'est qu'un film gentil et mignon pour les enfants. J'accepte bien volontiers le qualificatif de vieux grincheux sans coeur pour aller me ranger aux côtés de Télérama. Une fois n'est pas coutume.
PS : Pour ceux qui n'en auraient pas eu assez, voici deux lignes de mauvaise foi la plus totale :
On le sait, Pixar c'est Steve Jobs, et Steve Jobs c'est maintenant à la fois Disney et Apple. Etait-ce là une raison pour nous jeter à la figure cette héroïne aux airs très prononcés d'iPod faisant en démarrant le bruit d'un mac ?
> Lire la contre-critique par Nicolas
Kei []

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