dimanche 12 février 2012 | 2h 25 min depuis la dernière mise à jour | 16 259 articles | 11 504 membres FACEBOOK | TWITTER | RSS

Un homme d'exception

> > par - le 14/02/2002

Retranscrire la vie d'un mathématicien et en faire un film n'est pas chose facile, ni forcément passionnante. Heureusement, John Forbes Nash Jr. est un homme d'exception et son destin, d'après Ron Howard vaut le coup d'être retracé : il incarne le combat contre la schizophrénie, et pour ainsi dire la victoire... puisque sa maladie ne l'empêche pas de se voir décerner un prix Nobel en 1994. A récompense brillante, bons acteurs, et c'est Jennifer Connelly (Requiem for a dream) et Russell Crowe (oscarisé pour Gladiator) qui s'y collent.

Le film est véritablement inégal. Le pire côtoie le meilleur, et c'est peu de le dire. Le jeu des acteurs est formidable, Connely est éblouissante de vérité, Ed Harris (l'agent secret) est terriblement mystérieux, et Russel Crowe excessivement malade et mal à l'aise dans "la réalité". Certains diront même qu'il en fait trop, notamment à cause de quelques mimiques de sourires ironiques, complètement couillons et malgré tout touchants qu'il parvient à prendre, mais là, c'est à vous d'apprécier... ou pas. Pour ce qui est des effets visuels, c'est raté. Voir des lettres qui s'illuminent dans un article de journal pour nous expliquer que Nash est parvenu à décrypter un code c'est une ficelle un peu grosse, et ça donne l'impression d'être dans un vieux feuilleton. C'est là tout le défaut du film, il marche toujours aux limites du touchant, du pathétique et de l'effet facile. Le spectateur se sent, tour à tour, manipulé, puis ému, pour finalement finir passif. Quant à la dernière partie du film, c'est une vraie happy end hollywoodienne, peu crédible mais pourtant véritable. Pourquoi ? C'est simple, le film peut se résumer en trois axes : découverte de la maladie, longue descente dans l'abîme, et finalement la bataille est gagnée. La partie intermédiaire est si longue et pessimiste que l'on s'attend à tout sauf à la "vraie" fin. Alors, oui, on peut dire que Nash est un homme d'exception, un peu pour ses travaux de maths, mais avant tout pour sa volonté d'acier.
Un homme d'exception repose uniquement sur le jeu des acteurs. Et comme je l'ai dit, ils sont bons. Donc c'est un bon film. L'explication est logique, non !?

Guillaume Guillaume [7.5/10]

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