3/10Et si c'était vrai ?

/ Critique - écrit par Nicolas, le 23/11/2005
Notre verdict : 3/10 - Resident idylle (Ecrivez votre critique)

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Affectionnant les histoires romantiques, c'est presque par hasard que Marc Lévy devient écrivain, pourtant déjà bien versé dans l'architecture. Et Si C'était Vrai est son premier roman, celui par lequel tout a commencé, succès quasi immédiat dès sa sortie aussi bien chez le public que chez la critique. Logique que Et Si C'était Vrai - le film, soit la première adaptation cinématographique d'un de ses livres. Le succès planétaire aidant (traduit dans une trentaine de langues), Hollywood remarque le potentiel et se l'approprie, y associant dans un premier temps Steven Spielberg. Si Dreamworks reste à la production, c'est finalement à Mark Waters qu'incombe le plaisir de mettre en forme un des best-sellers romantiques les plus connus du troisième millénaire. Si avec tous ça je vous ai pas encore donné envie de fuir (mots clés : adaptation de best-seller, Hollywood), lisez ce qui suit...

Elizabeth (Reese Witherspoon) vit pour son travail, et uniquement pour son travail. Seulement voilà, un gros camion en aquaplanning lui ôte tout espoir de promotion, de romance, et de famille. Son esprit hante alors son ancien appartement, au grand désarroi de David (Mark Ruffalo) qui aimerait bien que la revenante ne revienne plus. Seulement, Elizabeth est persuadée d'être toujours en vie....

Alors qu'avons-nous en termes filmiques ? Un type, passablement mal rasé, limite dépressif voire alcoolique bon marché (bières) ; une fille fantôme, plus ou moins morte, mignonne mais asociale ; de la musique mièvre, des jardins en fleur, de la lumière chatoyante ; et un réalisateur assez porté teen movie (Freaky Friday, Lolita Malgré Moi, c'est lui : Mark Waters). Je ne provoquerais d'embolie cérébrale à personne en vous avouant alors que nous aurons affaire pendant un peu moins de deux heures à une comédie sentimentale, répondant à la plupart des codes à une grosse exception près : l'une des deux moitiés n'est pas réelle, ou tout du moins pas vraiment. Un petit goût de Ghost, pour sûr, mais juste un soupçon. Car Et Si C'était Vrai use tellement jusqu'au bâton le sacro-saint genre du couple que tout sépare (et pour cause), que l'on est prêt à se donner le droit de demander où se trouve l'originalité. Avec l'énergie d'un stylo bille dépressif, Waters pose son intrigue sur un ton monocorde à faire frémir le Gus Van Sant de Last Days. Pardonnez moi l'expression, mais c'est traité de façon à ce que l'on s'en tape le coquillage, du fantôme, mis à part David (Mark Ruffalo), bien entendu. Lui est un peu ébranlé, certes. Mais en dix minutes, il va vite y trouver un avantage : la fille est super mignonne, avec ses petits sourires en coin et ses haussements de sourcil. Nom d'une pipe, ne serait-il pas temps qu'il laisse le passé derrière lui et aille de l'avant avec cette jeune personne célibataire contre toute attente depuis des années (avant son accident) ? Dans sa relation avec la mort, David trouvera une leçon de vie, comme d'habitude lorsqu'on est en face du grand Amour ou de la mort. La touche comique, ou plutôt la pincée de comique de la première partie laisse alors vite place aux explosions lacrymales, ou plutôt au titillement lacrymal, histoire de redonner un peu de fond à l'ensemble (qui oublie presque parfois de rappeler le véritable thème, la destinée). Un geste aussi désespéré que la consternation qui nous montera à la gorge en découvrant le dénouement pas avare en susucre.

Une guimauve sentimentale bien moins attirante qu'il n'y parait, très portée sur l'effet facile et la musique bonbon à s'en décoller les tympans. On y va pour Reese, convenablement mise en valeur, on en ressort pour pratiquement tout le reste...