5.5/10Réussir ou mourir

/ Critique - écrit par Nicolas, le 22/02/2006
Notre verdict : 5.5/10 - Die another day (Ecrivez votre critique)

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Die another day

Curtis Jackson est né en 1975 à New York. Orphelin à même pas dix ans (sa mère assassinée, de père inconnu), il côtoie le monde violent de la rue et de la drogue, luttant pour sortir de la misère. La musique devient rapidement son moyen d'expression, sa bouche de sortie. A 20 ans, il est remarqué par Jam Master Jay, du groupe Run DMC, qui le protège et le fait signer à Columbia, avant qu'un règlement de compte violent le fasse exclure. Agressé dans la rue, devant la maison de ses grands-parents, Fifty Cent est laissé pour mort, criblé de neuf balles. Miraculé, il le deviendra également en sortant Get Rich or Die Tryin' (2002), son premier album, sous le label Shady Records et le regard bienveillant de Dr Dre et d'Eminem.

Marcus, 9 ans, ne rêve que d'une chose : des baskets neuves, et sa mère lui a promis. Celle-ci, héroïnomane et dealeuse, est assassinée dans des circonstances tragiques et mystérieuses, laissant le pauvre garçon dans le désarroi le plus total. Pour survivre, il devient à son tour dealer, sous la coupe de Levar et son sous-fifre Majestic, et mène alors une double vie partagée entre le crime, et sa passion : la musique...

A l'instar d'Eminem avec 8 Mile, Curtis « Fifty Cent » Jackson incarne le rôle principal de sa propre (presque-)autobiographie portant le nom de son premier album, Get Rich or Die Tryin', vendu à plus de sept millions d'exemplaires sur tous les continents. Et à l'instar du film de Curtis Hanson, la majorité des éléments fondamentaux de la vie du rappeur ont été remaniés pour s'insérer plus facilement dans une romance des plus classiques, ersatz des success-story cinématographiques où le héros / l'héroïne passe outre les difficultés de la rue pour monter sur la plus haute marche de la célébrité. Mais tout comme pour Eminem, l'histoire s'arrêtera juste avant de parler des personnes qui ont véritablement pesé dans sa carrière musicale, comme Dr Dre et son acolyte. Pas d'importance. Ce qui compte, c'est que Fifty Cent se soit pris neuf balles dans le corps, frôlant la mort de très près, après une vie de dealer minable dans le Bronx de New York. Le reste, c'est de la petite couture : Maman se fait assassiner, Papa est introuvable, guerre de gangs, de territoires, trafic de drogue, amour de jeunesse qui dure, zonzon, et la musique qui vient glorifier tout ça. Rien de surprenant, mais la recette a fait ses preuves et fonctionne toujours : malgré de toutes petites longueurs, le film assume ses deux heures sans problème, même lorsque l'on est pas forcément adepte de rap (qui compose la majeure partie de la bande originale). On est presque parfois tenté d'apprécier, mais le regard bovin de Fifty Cent nous ramène à la réalité : il n'est pas un acteur, et ce n'est pas la petite larme coulant sur sa musculeuse poitrine qui nous fera penser le contraire.

Une success-story classique dans sa construction et dans ses aspirations, peut-être un peu trop commerciale pour être honnête. Au jeu de la biographie portée sur grand écran, Fifty Cent souffre de la comparaison avec Eminem, qui avait livré une performance d'acteur et un film beaucoup plus honorables.