8.5/10Punch-drunk love

/ Critique - écrit par Selena, le 15/03/2003
Notre verdict : 8.5/10 - Que la couleur soit ! (Ecrivez votre critique)

Tags : film anderson love drunk punch fenetre paul

Que la couleur soit !

Attention Objet Filmé Non Identifié !!
Mise en garde: Certains crieront au génie créatif, et d'autres au pur navet daubesque !!

Punch-drunk love est un film hors norme conventionnelle, il déborde et fourmille d'inventivité, de sons et de lumières. D'allure quasi expérimentale (surtout la musique), c'est un film surréaliste qui renvoie aux comédies romantiques des années 40/50 avec une profusion de couleurs version technicolor. C'est un film d'une poesie magique et décalée, qui rappelle à sa manière Tati et Chaplin.

La trame en soi est linéaire, mais c'est une ligne accidentée de surprises, de purs moments de magie et de bonheur. L'humour déjanté comme la poésie douce-amère jaillissent à n'importe quel moment, de façon imprévisible mais jubilatoire.
Dès le début (particulièrement déroutant) et tout le long du film, le spectateur sait que tout est possible. Paul Thomas Anderson ose presque tout, au niveau des couleurs, de la musique, des péripéties scenaristiques, etc. D'une grand finesse, sa réalisation est à la fois d'une maîtrise et d'une spontanéité déconcertante.

Les acteurs (qui pour certains ne sont pas professionnels) sont épatants de justesse et de subtilité. Adam Sandler est même bluffant dans sa composition de doux rêveur et de fou dingue. Il incarne un être à part, "à côté", à côté de sa famille, à côté de la vie, et même à coté de sa vie. C'est un être en inadéquation avec le monde qui l'entoure et l'opresse, avec ces autres qui ne le comprennent pas et ne parviennent pas à le cadrer. A la recherche d'une complétude sans savoir ce qui lui manque, il est en même temps un être partiel et entier, capable d'une sensibilté et d'une naiveté extrêmes (à la Forrest Gump) et d'une violence folle furieuse (à la Tarantino).

L'histoire n'est pas vraiment racontable. Alors pour vous faire une idée, disons que c'est l'histoire d'un gars totalement lunaire dont la vie est proche du vide, mais qui va se remplir à l'arrivée d'un harmonium (petit piano) et d'une jeune femme qui vont harmoniser sa vie d'une même tonalité et dans un même accord.

Petite anecdote : Au cours du festival de Cannes 2002, dans la salle de projection, le président du jury David Lynch resta quasiment seul jusqu'au bout du générique. Le film fut récompensé par le prix de la mise en scène.