7.5/10No Limit

/ Critique - écrit par riffhifi, le 26/10/2010
Notre verdict : 7.5/10 - Triple H (Ecrivez votre critique)

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Voir Samuel L. Jackson en professionnel de la torture, sourire aux lèvres et petites lunettes sur le nez, a quelque chose de perturbant. Le film soulève un débat complexe sur les limites entre l'acceptable et l'inacceptable, et sur la monstruosité humaine en général.

 

Il y a des films qui ont tout pour sortir au cinéma, et qui se voient étrangement confinés au marché de la vidéo. No Limit, traduction française (!) de Unthinkable, affiche un casting vendeur : la Carrie-Anne Moss de la trilogie MatriX et de Memento, le Michael Sheen vu dans les sagas Underworld et Twilight, et surtout Samuel 'The Man' Jackson, que l'on ne présente plus depuis longtemps. Mais derrière cette distribution policée, et une jaquette évoquant un film d'action explosif, se cache un film aride et dérangeant, qui pose de
ça devrait le faire craquer »), et entre en scène avec son propre matériel, ses méthodes, et sa propre ligne de conduite : il n'a pas de limites.

H n'est probablement pas une lettre choisie au hasard. Trois noms commençant par H font de lui un équivalent du terroriste qu'il interroge, coupable d'avoir planté trois bombes H dans le pays. Les deux hommes rivalisent de monstruosité, mais l'un d'eux est habilité à le faire par les services secrets américains. Il aurait été facile d'en tirer un pamphlet politique, mais l'intention des auteurs est ailleurs : offrant une variation sur la célèbre question théorique « tueriez-vous Hitler si vous pouviez remonter le temps? », No Limit sonde les frontières morales et humaines que l'on pourrait être amené à franchir face à une menace terroriste. Choquant, poussant à la controverse, le film évite l'écueil du brûlot propagandiste pour se concentrer sur le fond (à tel point que la réalisation paraît parfois assez plan-plan, laissant toute la place à l'intrigue et aux acteurs).

Concernant l'édition DVD française, on peut regretter que la "fin alternative" soit intégrée au film, sachant que ni le réalisateur ni les producteurs n'en voulaient, et que l'édition US la propose simplement en bonus. Mais l'impact du film ne s'en trouve pas vraiment amoindri, et ni la véhémence des longues discussions qui peuvent en découler...

Dans quelques jours, on retrouvera Samuel L. Jackson au cinéma dans un registre bien plus léger, avec Very Bad Cops (titre français de... The Other Guys ! décidément, les traducteurs français aiment parler anglais).