6.5/10Michael Jackson's This Is It

/ Critique - écrit par Lestat, le 01/11/2009
Notre verdict : 6.5/10 - Last tour on Earth (mais à quoi bon noter cela ?) (Ecrivez votre critique)

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La dernière répétition de Michael Jackson, avec ses frustrations, ses regrets, ses moments forts et la perspective de ce qu'aurait pu être la tournée This is It. Ou pas...

Michael Jackson est mort le 25 juin 2009. D'un arrêt cardiaque, d'une surdose médicamentaire ou d'un rayon extraterrestre, on n'en saura jamais trop rien. Et tout cela n'a finalement guère d'importance. Que connaît-on de Michael Jackson ? Un danseur hors pair, un chanteur d'exception, une carrière inimaginable. Avec en marge, le portrait d'un homme à la dérive qui, de la (dé)construction d'un visage éternellement juvénile à de nébuleuses affaires de moeurs, n'a eu de cesse de rechercher son enfance perdue.


Filmé dans les coulisses de la tournée, This Is It -démo pas franchement transcendante retrouvée dans un placard rapidement catapultée en titre inédit, laisse une impression curieuse. Celle d'assister à un journal de bord rafistolé vite fait, grâce à un montage à la truelle, en bande-promo d'une tournée que les fans ne verront jamais ailleurs que dans leurs coeurs. L'artiste vivant, nul doute que l'on aurait crié au scandale. Seulement le destin étant ce qu'il est, This Is It devient le dernier témoignage filmé d'un Michael Jackson en plein come-back doublé d'un document précieux sur l'envers d'une tournée pharaonique. Puisqu'on nous le propose, pillons la tombe...

« Michael Jackson comme vous ne l'aviez jamais vu », scande l'affiche. Pas franchement faux, mais pas tout à fait vrai non plus. Probablement cornaqué par l'avocat de la famille Jackson, Kenny Ortega ne nous montre de l'homme que ce qu'il veut -ou peut- nous en montrer. Michael Jackson était sympa, aimait la nature, Dieu et savait être drôle ? La belle affaire. Lorsqu'il dépeint Michael Jackson le showman, This Is it se montre déjà plus intéressant. Pointilleux, inflexible quant à ses choix, d'un perfectionnisme presque maladif, le chanteur que l'on disait timide et sensible apparaît comme un homme à poigne, maîtrisant parfaitement ses compositions, attentif à la moindre note, au moindre mouvement, quitte à recommencer ad nauseam jusqu'à la perfection.

"D'où les répétitions..."

Difficile pour autant de juger la qualité de la tournée, qui restera à jamais en l'état de "Work in progress". Si certains effets scéniques auraient effectivement été impressionnants (magnifique pyrotechnie, notamment), d'autres choix assez kitchs indiquent que Michael Jackson n'était pas à l'abri du mauvais goût : klaxon "pouet pouet" sur le pourtant imparable They Don't Care about Us, long monologue écolo sur The Earth Song, araignée géante déboulant sur Thriller et surtout, un bel hommage au film noir introduisant l'atomique Smooth Criminal gâché par un bullet-time hors de propos. A contrario, la mise en scène et les puissantes chorégraphies de Beat It ou le joli duo formé sur Black or White ne sont que des regrets de plus à verser sur la sépulture de Jackson.

Sur le plan strictement technique, This Is It, en plus d'être orienté et intéressé, est un film peu subtil, entrecoupé qu'il est d'interventions larmoyantes du staff et ne trouvant que rarement la portée émotionnelle que l'on attendait de lui. Pour autant, on accordera le bénéfice du doute à Kenny Ortega, visiblement pas totalement libre de ses choix (si tant est qu'il en avait) et devant composer avec des images qui n'étaient pas destinées à un visionnage public et de fait dénuées de sens spectaculaire. La magie de l'ensemble doit finalement tout au principal intéressé, via quelques instants en apesanteur où Michael Jackson semble oublier le carcan de son impressionnante équipe technique pour interpréter avec lyrisme Human Nature ou le superbe The Earth Song, qui restera le point culminant du film.

Des instants où l'artiste, quinquagénaire et amaigri, est en pleine possession de ses moyens... avant de redevenir un homme et de bredouiller un "désolé, je dois ménager ma gorge" qui laisse effaré quant à ses réelles capacités vocales. Ou comment Michael Jackson exprime, en quelques secondes, une dualité que le film ne parvient à toucher que du bout des doigts.