6.5/10Marie-Antoinette

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 27/05/2006
Notre verdict : 6.5/10 - Lost in Versailles (Ecrivez votre critique)

Tags : marie antoinette france reine louis xvi roi

Lost in Versailles

Film intimement personnel de Sofia Coppola sur la reine d'origine autrichienne,
Marie-Antoinette
représente une longue parenthèse sur la jeunesse. Une digression américaine de la vie de la reine qui s'attache à l'adolescence d'une femme au destin extraordinaire plutôt qu'à l'Histoire de la France.

Comme dans ses précédentes réalisations (Virgin suicides et Lost in translation), la fille de Francis Ford Coppola met en scène une magnifique jeune femme perdue dans un monde étranger. Ici, le personnage de Marie-Antoinette est le prétexte à de superbes images de Versailles, une étonnante musique rock mélancolique et une tendre relation entre deux personnes trop jeunes pour leurs vies pleines de responsabilités.


Avec la ravissante Kirsten Dunst en tête d'affiche, Sofia Coppola s'assure une bonne dose de charme. Epoustouflante dans son rôle tout en sourires, manières et légèretés, l'actrice féminine de Spider-man est à croquer. Véritable régal de délicatesse et de taquinerie, Kirsten Dunst est tout bonnement adorable et irrésistible. En face d'elle, Jason Schwartzman (J'adore Huckabees) surprend par sa drôlerie muette. Timide, discret et galopin, le personnage de Louis XVI affiche aussi une séduisante douceur. Les paysages somptueux du Versailles du XVIIIe siècle accompagnent les années d'ennui des héros au destins royaux. Entre la Galerie des glaces, le petit Trianon, la chapelle du Château, la chambre de la reine, le parc du Château, le potager du roi ou encore le hameau de la reine, le long métrage propose des images d'une grâce et d'un esthétisme irréprochables. En support musical, les titres d'Air, Aphex Twin, New Order, The Cure, The Radio Dept. ou The Strokes viennent fournir une dimension plus forte à la peinture visuelle de la réalisatrice.


Pourtant, dès le début, Marie-Antoinette dégage une sensation de vide. S'il est nécessaire au parti pris par Sofia Coppola d'exposer une jeunesse désorientée et enfermée dans l'ennui, il entraîne le spectateur dans deux heures où le film ne décolle jamais vraiment. Lors de quelques scènes, notamment les relations entre Louis XVI et Marie-Antoinette, ainsi qu'une, merveilleuse, entre la reine et sa fille, la réalisatrice parvient à troubler. Mais sur la globalité, Marie-Antoinette laisse une impression confuse. Une sensation de beau produit, bien réalisé et interprété, mais au propos qui ne fait que répéter une réflexion sur la fraîcheur de l'âge que Sofia Coppola a déjà montré dans ses précédentes réalisations.