4/10Las Vegas 21

/ Critique - écrit par riffhifi, le 23/06/2008
Notre verdict : 4/10 - Quasi no (Ecrivez votre critique)

Tags : vegas film films cartes critiques kevin jeux

Inspiré d'une histoire vraie, Las Vegas 21 aurait gagné à rester un article de presse ou une autobiographie. La version romancée à la sauce teen movie ne gagne à être vue que pour la présence de Kevin Spacey.

A l'origine du film, il y a une histoire vraie, relatée par son principal protagoniste Ben Mezrich dans son livre Bringing down the house : The inside story of six MIT students who took Vegas for millions. Une histoire amusante d'étudiants surdoués qui, utilisant leurs dons pour les maths, firent un malheur à Las Vegas sous la férule d'un de leurs profs. Kevin Spacey s'est intéressé très tôt au bouquin (sorti en 2002), et s'est débrouillé pour qu'il devienne un film dans lequel il puisse jouer le prof. Hollywood oblige, l'histoire est romancée un maximum, pour qu'il puisse y être question de cassage de gueule, de romance impliquant une grosse bonasse, et de bons sentiments bien larmoyants sur l'accès aux études, l'amitié et tout le tralala. Résultat des courses : comme souvent lorsqu'on veut en faire trop, la fiction est moins intéressante que la réalité.

Ben Campbell (Jim Sturgess) a besoin de 300 000 dollars pour aller étudier la médecine à Harvard. Dommage pour lui, il est raide comme un passe-lacet et n'a qu'une chance sur 76 d'obtenir une bourse. Comme on ne peut pas avoir que de la déveine, Ben va se voir invité par un de ses profs (Kevin Spacey) à rejoindre une confrérie secrète qui se rend tous les week-ends à Las Vegas pour gagner des brouzoufs. Leur combine ? Compter les cartes et utiliser un système de code Kevin Spacey et le Club des Cinq (le dernier est hors-champ)
Kevin Spacey et le Club des Cinq
(le dernier est hors-champ)
pour se communiquer les infos. Pas vraiment illégal, mais clairement mal vu par les casinos, qui n'hésitent pas à dissuader les plaisantins pris sur le fait (généralement en leur envoyant un Laurence Fishburne dans le nez). Acceptant de participer dans le seul but d'amasser 300 000 euros, Ben saura-t-il s'arrêter à temps ?

S'il ne fallait faire qu'un seul reproche au film, il tiendrait en un mot : prévisible. Avec ses rebondissements gros comme des HLM et ses personnages aux motivations transparentes comme de l'eau minérale non gazeuse, Las Vegas 21 a tôt fait d'ennuyer. On peut aimer les ambiances casinoteuses et les cartes filmées en très gros plan (oh, cette texture ! hey, je peux voir la marque sur l'as de pique !), mais se trouver un peu vexé par des dialogues qui veulent naïvement nous donner l'air d'être intelligents (hey, mais je connais cette application des statistiques ! bon, d'accord, je l'ai apprise au lycée, et ce gars est supposé être un génie des maths...). De même, on s'amusera des multiples incohérences typiquement hollywoodiennes (voix off : « nous nous entraînions en secret » ; image : le héros manipule son jeu de cartes en plein milieu de la bibliothèque
"La semaine prochaine, j'apprends
le Pouilleux, et je fais un massacre."
blindée de monde), et des figures obligées comme la composition de l'équipe : un concurrent potentiel pour le héros, deux asiatiques et la bonasse citée précédemment (Kate Bosworth, qui joue donc les étudiantes deux ans après avoir été - on en rigole encore - une Lois Lane de trente ans dans Superman returns). Cependant, bien que chaque personnage soit écrit avec peu de profondeur et interprété sans génie par les jeunes acteurs, leurs interactions font parfois quelques étincelles, notamment l'amitié de Ben avec un grassouillet joué par Josh Gad (que l'on définira arbitrairement comme « le Jack Black du pauvre », en attendant qu'il trouve sa propre personnalité).

Au bout de deux heures de poncifs (« Las Vegas rend fou », « L'amitié c'est mieux que le pognon »), le film se termine sur un goût de frustration, et donne l'impression d'être un de ces spectacles de fin d'années organisés par les parents qui en sont les seuls bons acteurs (Kevin Spacey et Laurence Fishburne) ; mais on est au mois de juin, c'est la saison.