6.5/10Ip Man 2 : l'homme qui tombe à Ip

/ Critique - écrit par Nicolas, le 20/08/2011
Notre verdict : 6.5/10 - English way (Ecrivez votre critique)

Tags : man film martiaux maitre films yip arts

Cinématographiquement parlant, la Chine apprécie de développer (certains diront rentabiliser) l’image de leurs icônes nationales, à l’image d’un Wong Fei-Hung qui a fait l’objet d’une certaine quantité de films de qualité inégale. Ip Man est-il en passe de remplacer ce bon docteur Wong ? Dans la tête des producteurs, il faut croire que le maître de Bruce Lee a du potentiel à revendre, ce qui n’est pas sans froisser les amateurs de film de kung-fu de qualité (Donnie Yen lui-même a émis une réserve quant à la prolifération très rapide des films sur Ip Man). Outre la présente suite, un numéro 3 serait en route, et une préquelle est déjà sortie en Chine sous le nom The Legend is Born – Ip Man.

NIp Man 2 : l'homme qui tombe à Ip
DR.ous retrouvons Ip Man - toujours incarné par Donnie Yen - une grosse dizaine d’années plus tard à Hong-Kong. Frappé par la misère, le maître cherche à enseigner son art, le Wing Chun, aux curieux désireux d’apprendre le kung-fu. Il se heurte rapidement au grand maître Hong (Sammo Hung), tête de liste d’une organisation syndicale des écoles d’arts martiaux du coin, et doit faire face à ses épreuves et à ses règles inacceptables. On retrouve donc plus ou moins la dynamique orchestrée par la première partie de Ip Man, focalisée sur le contexte chinois et sur la personnalité du maître. On le retrouve d’ailleurs dans les grandes lignes : un homme bon, protecteur, déconnecté de la réalité et de ses devoirs familiaux. Il démontre dès les premiers échanges que peu de combattants parviennent à l’égaler, qu’ils soient grands maîtres, en supériorité numérique, ou armés, tout cela revient au même : Ip Man est une sommité incontestable, porté en état de grâce par un Donnie Yen toujours aussi impressionnant. Les combats sont ici également le point fort du film, inventifs et très bien orchestré par le toujours aussi fringuant Sammo Hung – le « flic de Shanghai » s’offrant même un joli rôle dans le scénario, qui va lui permettre d’échanger quelques coups de poing avec Donnie. On retrouve sa patte « naturelle » dans les affrontements, cette volonté d’être au plus proche de la réalité, malgré quelques débordements très fantaisistes et des câbles un peu trop utilisés. Les derniers combats, mélangeant les arts martiaux chinois et la boxe occidentale, sont l’exemple frappant que Sammo a cherché à innover et à proposer des confrontations sortant de l’ordinaire, ce qui est en soit une réussite : l’habile kung-fu rencontre la solide boxe anglaise pour les besoins de quelques duels particulièrement agréables à regarder.

Ip Man 2 : l'homme qui tombe à Ip
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Cependant, si cette suite conserve l’intérêt martial, il ne parvient jamais à égaler son prédécesseur sur le reste de l’intrigue. En premier lieu, nous avons parfois l’impression d’avoir affaire à un réchauffé du premier volet, à ceci près que le contexte historique n’évolue pas de le même façon. Et surtout, en deuxième lieu, le message patriotique déjà bien présent est ici porté à son paroxysme dans un élan racial particulièrement éprouvant. L’anglais colonisateur est ici montré du doigt, traîné dans la boue, présenté comme un rustre irrespectueux et se gavant de misère et de violence outrancière. La bouchée est difficile à avaler, le propos est présenté au premier degré et sans recul, avec une volonté manifeste d’exprimer une opinion que certains n’hésiteront pas à qualifier de xénophobe. Les chinois s’accaparent indubitablement les beaux rôles, tous affichant quelques travers sans pour autant être détestables.

Il faudra fermer les yeux sur un nationalisme beaucoup plus poussé que dans le premier volet pour apprécier pleinement cette suite. Ip Man 2 jouit néanmoins du précieux savoir-faire de Sammo Hung et de Donnie Yen, les deux artistes martiaux s’en donnant à cœur joie pour réaliser des affrontements tous plus exquis les uns que les autres.

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