6.5/10H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique

/ Critique - écrit par Nicolas, le 17/08/2005
Notre verdict : 6.5/10 - 42. (Ecrivez votre critique)

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42.

Le Guide du Voyageur Galactique est un ouvrage en tout point remarquable, pour tout un tas de raisons qui vous seront expliqués dans le livre ou dans le film, au choix. Mais voyons ce qu'il nous dit sur Krinein : Krinein, nous apprend-il, est probablement un des sites les plus utiles que puisse consulter le voyageur stellaire. En effet, bien qu'il ne prenne en compte pour le moment que les produits culturels contenus limites des frontières de la Terre, il le fait avec humour, passion, condescendance, abnégation, et probablement un perfectionnisme rarement atteint lorsque qu'il s'agit de s'attarder sur du bon nanar. Il n'y a pas de doute que lorsque H2G2 sera enfin mis en image sur Terre, Krinein s'y attardera comme il se doit, et comme il le fait à chaque fois [...]

Révélation : je suis l'Arthur Dent de Krinein. Je sais pas si vous avez déjà ressenti ça, mais c'est parfois très pénible. J'explique en deux mots (ou plus si affinités) le fin fond de ma pensée et de mon sentiment : je pars d'une situation classique bercée de mon train-train quotidien que rien ne pourrait déranger, ça dure des mois, des ans, et un jour un film débarque avec sous le bras la réputation d'une oeuvre cultissime perpétrée par des millions de fans qui bavent rien à qu'à entendre le nom de Dent. Tout ça, pour quelques mots assemblés de façon à former un titre que je n'avais pratiquement jamais entendu parler, alors que Trillian n'était pour moi qu'un simple client de messagerie directe. Et me voilà aux manettes de la critique ! « Damned, je vais encore passer pour un inculte ! » Ni une, ni une, je me jette sur le bouquin, le lit en plus ou moins deux jours, pour me retrouver dans un univers complètement déroutant d'une violence humoristique (anglaise) sans précédent. Avant d'avoir vu le film. Ce qui aura peut-être constitué mon erreur...

Arthur Dent, par négligence personnelle ou administrative, est sur le point de voir sa maison être rasée par des bulldozers pour laisser passer une bretelle d'autoroute. Ce qui, en quelques minutes, va constituer un souci plus que insignifiant : la Terre, par négligence personnelle ou administrative, est sur le point de se voir rasée par des milliers de vaisseaux Vogons, pour laisser passer une route hyperspatiale. Heureusement pour Dent, son pote Ford Prefect se révèle être non seulement un extra-terrestre de la galaxie de Beltégeuse, mais aussi un amateur assidu de l'autostop interstellaire. Les deux compères, armés de l'exhaustif Guide du Voyageur galactique, s'embarquent clandestinement sur le vaisseau Vogon, et par la même dans une grande aventure qui les emmènera jusqu'au commencement de toutes les mystères de l'univers, de la vie, et de tout ce qui est...

Une erreur, oui, mais la résultante d'un bon travail des scénaristes : le scénario ressemble à s'y méprendre au premier livre de la « première trilogie en cinq tomes » de Douglas Adams, à quelques détours près. Les personnages principaux répondent tous à l'appel, complétés par une ou deux nouvelles têtes (comme Malkovich) qui apportent leur nouveau lot de péripétie, et par la même occasion un certain degré de confusion dans l'intrigue. Les « détours près » en question s'y rattachent : une petite incursion sur la planète d'une énigmatique secte vénérant une obscure divinité et son Mouchoir Blanc, un petit voyage sur la planète natale des Vogons, pour la forme. Pas de quoi sauter au plafond, car la trame originelle est conservée comme elle se doit, un peu simplifiée parfois pour les besoins cinématographiques, mais belle et bien palpable : ça part vraiment, vraiment, dans tous les sens. Vous n'imaginez pas à quel point, vous qui ne connaissez pas l'oeuvre de Adams, à quel point H2G2 peut partir violemment en vrille. Et je ne parle que de la version ciné, le livre de départ serait à cloisonner dans une camisole si il en existait pour les bouquins. J'en viens à mon problème du départ : j'ai lu le livre. Ou comment se priver d'une claque cinématographique surprenante à base de cachalots, de serviettes de bain de survie, et de robot dépressif. La conséquence ne s'est pas fait attendre : j'ai eu du mal à me passionner, ni même à me garder attentif sur une durée pourtant assez commune. Je sais, j'ai honte. Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis, ou presque. Même les extraits du Guide furent conservés, mis superbement en images dans de petites animations colorés, même le narrateur fut conservé, ce qui a d'autant plus d'importance pour des « personnages » comme le cachalot. Et niveau effets spéciaux, c'est loin d'être raté, mais parfois assez inégal. Le numérique se voit damé par les costumes grandeur nature (notons le rôle de Warwick « Willow » Davis dans la carcasse déprimée de Marvin) et les effets de style d'il y a quelques décennies, propulsant le tout dans les codes de science fiction les plus classiques (si on oublie un temps les pots de pétunias, les sofas qui parlent, et les pelotes de laine). Classique dans la forme, démesurément original dans le fond, cela pourrait être ma conclusion. Mais je préfère faire plus long :

Le Guide du Voyageur Galactique... Disons que ce n'est pas un film à prendre à la légère, plutôt prompt à partir dans le grand n'importe quoi sans justification aucune. C'est déroutant, certes, même lorsqu'on est initié. Mais indubitablement, les films de ce genre sont rares. Alors, si vous n'êtes pas en froid avec l'humour british, vous pouvez foncer. Au moins, vous aurez quelque chose à raconter...