7.5/10L'Arnacoeur

/ Critique - écrit par Nicolas, le 22/03/2010
Notre verdict : 7.5/10 - Pirate de coeur (Ecrivez votre critique)

La comédie française du printemps, assez drôle et pas mal enlevée. Un peu faible parfois sur le scénario, mais le casting fait oublier ce défaut.

Romain s'approche du Paradis.
Romain s'approche du Paradis.
Des dunes de sable baignées par le soleil de Marrakech, quelques colombes dans le ciel, un bel infirmier sensible et volontaire, une alchimie qui semble presque miraculeuse. Une grimace plus tard, le jeune homme tire sa larme et enflamme le cœur de sa partenaire. Elle est conquise, se jette dans ses bras le temps d'un baiser de cinéma. Contrat rempli.
Alex Lippi est un « arnacoeur », il brise les couples des femmes malheureuses contre de l'argent, mais ne brise jamais les cœurs, tel sont les composantes de la règle qu'il s'est fixé avec son équipe (sa sœur, et son beau-frère). Criblé de dettes, il accepte contre une somme importante de séparer deux tourtereaux qui semblent pourtant s'accorder au diapason...

La Rafle pour le drame, L'Arnacoeur pour la comédie. Deux grosses sorties françaises ce mois-ci, aux antipodes l'une de l'autre, mais qui gagnent indépendamment à être connues. L'Arnacoeur semble pourtant très simple dans sa nature, nous renvoie aux comédies romantiques figées où interviennent généralement un pari ou un défi. L'homme doit draguer une nana inhabituellement résistante, avec toutes les conséquences émotionnelles que cela entraînent. Rien de bien novateur donc, mais le film se targue d'un capital sympathie des plus importants, pour plusieurs raisons.

C'est jamais Ferrier pour François.
C'est jamais Ferrier pour François.
La première, c'est bien sûr le casting. Autant on peut parfois trouver Romain Duris un peu too much dans les films dits « sérieux », autant en comédie il peut faire des étincelles de bonne envergure. Sa « grimace à larmes » est inimitable et fait mouche à chaque coup, et son petit déhanché de danseur nous rappellera les grands moments de Patrick Swayze. Autour de lui, que des pointures, à commencer par l'excellente Vanessa Paradis, rare à l'écran mais toujours aussi pimpante, et le couple Julie Ferrier / François Damiens qui n'hésite pas à en faire des caisses pour la bonne cause.
La seconde, c'est la réalisation. Ce n'est pas du Kubrick, mais pour un premier long métrage, Pascal Chaumeil s'en sort admirablement bien. Il manie le ralenti avec parcimonie et efficacité, impose un rythme agréable, et sait insuffler un peu de dynamisme aux dialogues. Remember Patrick.
Remember Patrick.
Sa réalisation en générale n'a d'ailleurs rien de formatée, elle affiche quelques bonnes idées de mise en scène, même si parfois son expérience télévisuelle se fait sentir. En outre, son utilisation de la musique est judicieuse et souligne convenablement le métrage.
Et je placerais en troisième ses quelques références, à commencer par le Dirty Dancing de Patrick Swayze. Le film lui offre une sorte de nouveau départ, et donnera probablement envie de découvrir un film qui accuse déjà plus de vingt ans de carrière. Romain Duris offre une excellente alternative à notre regretté Patrick, et ne pourra s'empêcher de donner un petit coup de hanche sur l'air de I've had the Time of my Life.

Les rires francs et massifs seront rares, mais le sourire sera de rigueur. En dépit d'une conclusion très aride, l'Arnacoeur sait se faire apprécier par le dynamisme de sa réalisation et par sa brochette d'acteurs tous au bon endroit, au bon moment. Carton assuré en plein Printemps du Cinéma.