« Pourquoi j’te demande où on est ? Bah pour savoir où on est, figure-toi ! »

Sans commentaire... Sur le papier, Firewalker (aka Le Temple d’Or) avait tout du bon gros nanar vaguement inconnu nous présentant un Chuck Norris au meilleur de sa forme glissé, lui et son karaté, dans la veste beige du bon vieux chasseur de trésor façon Indiana Jones ou Allan Quatermain (notons que le réalisateur, Jack Lee Thompson, a également réalisé la même année Allan Quatermain et les Mines du Roi Salomon). Et en pratique… Hé bien, on en est pas loin, mais reconnaissons non sans déception que le film a beau afficher les caractéristiques habituelles des films des productions Norris (à savoir la réalisation anecdotique, les blagues à deux balles, la musique inexistante, les rebondissements aussi nuls que les blagues de Mickael Youn, etc.), il est bien loin du sommet annoncé et s’enfonce davantage dans la mélasse du mauvais film plan plan où s’échangent sans vergogne des tas et des tas de répliques grossièrement cousues avec des moufles. Déjà, le film ne se prend pas au sérieux, ce qui représente une évolution certaine dans la filmographie du moustachu foufou, celle-ci affichant de sérieuses tendances à vouloir délivrer des messages plein de bons sentiments sur, notamment, la drogue, la nature, la confiance en soi, les démons flippants, et la décadence de l’humanité. Firewalker assume donc son statut de divertissement plein et entier, dilué dans un cocktail d’humour et d’aventure qui, tout en étant assez négligeable, passe plus pour un mauvais téléfilm des années 80 (le film accuse ses vingt années) que pour un véritable nanar anthologique comme Chuck sait si bien les faire.
« Il dit que ta maman était une truie et que ton papa était un chien… »
« Il a rien dit sur ma sœur ? »

Sans commentaire non plus...Pourtant, tout commence sous les meilleurs auspices : Chuck et son pote black n’arrêtent pas de faire des blagues et de grimacer, ça parle de temple bourré de babioles dorées, de cyclope à la peau rouge et des cheveux noirs, de vieil indien un peu chamane, … Bref, on bave, attentif à la moindre petite sucette qui pourrait potentiellement se produire et qui balancerait Firewalker sur la route légendaire de la saga Delta Force. Cette petite sucette, hé bien, elle pointera le bout de son nez de temps à autre, par exemple quand les deux compères se déguiseront en prêtres pas très regardant sur leurs textes de prières (« Vite ! Planquons-nous sous les bananiers ! »), ou bien encore lors des petits moments dramatiques inhérents au jour (le sidekick menacé par une eau pas mal vaporeuse dans une grotte munie de porte coulissante très susceptible). L’ennemi juré est un indien borgne, se fait appeler le Coyote, est seul, marmonne des trucs incompréhensibles à longueur de journée, et rigole à gorge déployée comme chaque vilain de son espèce. Mieux encore, par des incantations mystiques assaisonnées au serpent, il peut prendre le contrôle de mignonnes petites nanas qui lui serviront à abuser Chuck et sa bande (« un bon philtre ça se refuse pas !», ou comment tomber dans le panneau la tête première les mains attachés dans le dos avec quatre bâtons de dynamite collés dans le dos). Notons qu’à son habitude, le personnage joué par Chuck maîtrise le karaté et pourra au moyen de quelques coups de pieds sautés, sa marque de fabrique de plus en plus évidente, se débarrasser de groupes d’adversaires et d’ennemis jurés en deux coups de cuillère à pot.
« Emon piedus auculooooooooooom »
Au bout d’1H40, le constat est assez décevant. Certes le nombre de répliques de blagues et de répliques savoureuses est assez considérable, et le ridicule de certaines situations (ce combat 100% girls au-dessus d’un Chuck dans les vapes en est un exemple plutôt frappant) font penser au nanar alimentaire, mais pourtant, on se sent un peu volé. Comme si nous n’avions pas dans les mains un Chuck Norris. Pourquoi n’ont-ils pas essayé de nous transmettre un message, de délivrer un véritable fond, comme par exemple l’idiotie de l’appât du gain ou la recherche d’un but dans la vie ? Il manque quelque chose, on ne saurait dire quoi, et la présence de l’excellent John Rhys-Davies au générique n’arrange rien. L’ambiance bon enfant prend le dessus, Chuck déçoit. Espérons que son dernier film, le Sang du Diamant, pourra relever un peu la barre de nanardise, à moins que la filmographie de Chuck puisse encore nous apporter quelque chose dans ce domaine.
Nicolas []

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