7/10Papillon, un bijou de 1973 avec McQueen et Hoffman

/ Critique - écrit par Flammes-and-co, le 22/02/2012
Notre verdict : 7/10 - Papillon (Ecrivez votre critique)

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Retrouver Steve McQueen et Dustin Hoffman dans un même film c'est un peu un rêve de cinéphile qui se réalise. D'un côté l'immensément classe McQueen dont chaque apparition fait apparaître l'aisance naturelle de l'acteur, et en face, le jeu tout en finesse et subtilité d'un Dustin Hoffman récemment acclamé pour Little Big Man.

Nos deux amis sont ici des bagnards enfermés au bagne de Cayenne en Guyane française, McQueen, alias Papillon pour un crime qu'il n'a pas commis, et Hoffman, Louis Delga, pour s'être constitué une fortune en détournant des fonds... La première partie du film est alors assez classique, avec la mise en place du décor et des personnages, on imagine alors aisément la trame assez simpliste du duo composé d'un héros charismatique et d'un suiveur intello un peu en retrait.

Papillon, un bijou de 1973 avec McQueen et Hoffman
Steve McQueen.

Les acteurs sont impeccables, notamment Dustin Hoffman, parfait en trafiquant un brin névrosé et soumis à la violence des autres bagnards.

Mais c'est dans la seconde partie que McQueen prend une plus grande importance dans le récit, lors des scènes se déroulant en cellule d'isolement. Pour ceux qui avaient l'habitude de voir l'acteur en conquérant toujours droit dans ses bottes, les images de sa déchéance à travers l'emprisonnement sont absolument poignantes. La transformation de Papillon, vieilli avant l'heure, condamné à n'être rien d'autre qu'une ombre dans l'obscurité de sa cellule, est vraiment impressionnante. Cette partie du film est sans conteste la plus efficace et c'est aussi paradoxalement celle où l'on ne voit pas Dustin Hoffman, McQueen laissant transparaître toute la puissance de son jeu.

Le spectateur se retrouve alors oppressé dans ses séquences où l'on voit que la destruction des hommes par le système carcéral ne repose pas que sur la violence, mais aussi sur l'usure à petits feux et la perte de repères.

Papillon, un bijou de 1973 avec McQueen et Hoffman
Dustin Hoffman.

En revanche, il devient un peu difficile au film de redémarrer après ces scènes extrêmes, et lorsque Papillon revient à ses rêves d'évasion, on suit le film d'une manière un peu plus passive, avec un léger sentiment de regret devant la perte d'intensité de l'ensemble. Mais les péripéties de nos prisonniers restent tout de même extrêmement intéressantes, et l'histoire prend le pas sur les personnages. On peut alors regarder la seconde partie comme un bon film d'aventure sans temps mort et où un certain suspense s'installe.

Seul point réellement dommageable : le passage de Papillon sur une île peuplée d'indigènes. Une séquence plutôt courte et quasiment muette, mais qui discrédite quelque peu l'ensemble du métrage en ajoutant une couleur exotique un peu surfaite, et cela malgré une photographie magnifique sur toute la durée de ces scènes.

Cependant, le dénouement final relève considérablement le niveau d'après moi, il ajoute une dimension beaucoup plus complexe et désabusée au film, même si certains pourront le trouver paresseux et redondant.

Au final, Papillon se suit de bout en bout avec plaisir malgré quelques moments un peu inégaux, la faute à certaines scènes absolument sublimes sur lesquelles il est difficile de rebondir. Du coup on voudrait que l'ensemble du film ressemble à ça et la deuxième partie se suit un peu plus paresseusement...

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