« Klaatu barada nikto »
Les cinéphiles se souviennent de cette phrase, inventée pour sauver l'héroïne du classique de 1951 Le jour où la Terre s'arrêta, et surtout reprise avec un effet comique imparable dans L'armée des ténèbres (1993), où cet abruti de Ash était incapable de s'en souvenir au moment opportun. Reprise subrepticement dans la version 2008, l'incantation ne sauve pas le remake du naufrage, dans lequel Keanu Reeves pagaie stoïquement à la recherche du mot Exit.

Vu aujourd'hui, l'original de 1951 accuse méchamment son âge malgré la musique toujours agréable de Bernard Herrmann. Klaatu (Michael Rennie) débarque sur Terre dans son grand vaisseau pour inciter les humains à stopper la course à l'armement. Le bonhomme est non-violent, mais ce n'est pas une raison pour lui chercher des poux : il est escorté de Gort, un robot géant qui répond à la force par la force. Formellement, c'est une fable vieillotte filmée en noir et blanc, interprétée avec une certaine raideur et narrée avec une candeur désormais impensable. Replacé dans le contexte de l'époque, le film a le mérite de ne pas servir la propagande anti-communiste qui fait le bonheur de la plupart des autres séries B de SF. Une réplique amusante montre d'ailleurs un personnage exprimant sa méfiance envers l'extraterrestre, en le soupçonnant d'être un espion russe ; un autre lui répond alors « si c'était le cas, il serait venu en avion, pas en soucoupe volante ». Le message est plus universel, et se borne à prôner le pacifisme pour toutes les nations. Les moyens évoqués sont un peu douteux (les aliens se sont fait une police de robots si puissants qu'ils dissuadent de toute violence), mais les intentions sont là : Klaatu invite les Terriens à faire l'amour, pas la guerre. C'est mignon, et plutôt bien vu lorsque le héros se heurte à la bêtise et à l'étroitesse d'esprit de ses interlocuteurs. Comme l'écrit Jean-Pierre Putters dans son livre Ze craignos monsters, le retour : « A travers son film, Wise décrit ses contemporains volontiers stupides, intolérants, veules et irresponsables. Un beau pavé dans la mare cinématographique de l'époque où les scénaristes américains nous avaient habitués à davantage d'orgueil et d'auto-
"Salut les mecs, moi c'est Klaatu !"proclamation. » La réalisation de Robert Wise (à qui on devra par la suite La maison du diable et West side story) mise sur la sobriété et les dialogues plutôt que sur l'action ou les effets spéciaux, qui se limitent à la seule présence de Gort. Il est amusant de constater que le marketing de l'époque jouait à fond sur ce robot pittoresque, alors que l'intérêt du film était ailleurs. En 2008 en revanche, l'affiche du remake cache presque totalement l'argument science-fictionnel, et même la bande-annonce se garde de montrer le robot... qui pourtant ressemble à son modèle que tout le monde connaît !
Le film est inversement proportionnel à l'épure de la promotion : pour étoffer le scénario considéré comme simpliste, il paraît nécessaire de garnir l'assiette de gadgets narratifs indigestes et inutiles, si possible en soulignant la coûteuse présence de la tête d'affiche prestigieuse : on se farcit donc les épisodes « Keanu Reeves joue à Terminator », « Keanu Reeves parle chinois », pendant que le département casting s'emploie à la fois à caser un échantillon de têtes connues (Jennifer Connelly, Kathy Bates, Kyle Chandler) et à faire évoluer les rôles d'origine pour coller à l'ère actuelle : plus de personnages noirs, plus de femmes, l'ajout d'une famille recomposée... Les principaux efforts d'actualisation résident dans l'introduction d'éléments purement SF qui détournent l'attention du propos sans l'étoffer pour autant. Que l'arrivée du vaisseau prenne vingt minutes contre cinq dans la version d'origine, pourquoi pas (le début possède même un petit air de Rencontres du troisième type) ; mais que Klaatu adopte son écorce humaine une fois sur Terre, justifiant ainsi le prologue poussif situé dans les années 20, très franchement, on s'en bat les flancs avec un fer à souder. D'ailleurs, le sursaut de crédibilité ajouté par cette idée ne permet pas pour autant d'expliquer comment le brave homme apprend instinctivement à faire des nœuds de cravate aussi parfaits. Le reste n'est qu'une longue vallée d'ennui et d'incohérence dénuée de la moindre 
"Je reviendrai le jour où la pluie s'arrêtera."parcelle d'humour (malgré la présence de John Cleese !), où Klaatu (franchement, ce genre de nom en 2008 ça fait farce) fait étalage de pouvoirs à la X-men sans qu'on puisse pour autant comprendre de façon claire ses intentions, ses motivations ou le pouvoir qui lui est imparti. Le rôle du gamin, qui dans la version originale était le premier personnage à faire confiance à Klaatu, est devenu un archétype de tête à claque sans cervelle, qui se méfie de l'étranger et souhaite s'abrutir de jeux vidéos ; que l'acteur en soit le talentueux rejeton de Will Smith ne change rien à la bêtise du personnage. Le tout s'achève dans une tornade d'effets spéciaux aussi inintéressants que bruyants, culminant dans une eau de boudin comparable à celle du premier film, à la différence près que le message anti-militariste a laissé place à de mornes considérations écologiques. Le seul atout de ce refaisage, contre toute attente, c'est le robot. Il ne porte plus de slip (pourquoi diable celui de 1951 en portait-il un ?), mais il a de la gueule. Mais bien sûr, 5-10 minutes de robot dans 103 minutes de navet, c'est un choix qui relève du masochisme.
riffhifi []

L'habitant de l'infini T.27
The Walking Dead - Le guide de A à Z
Qui a gagné l'Eurovision ?
Clip du jour : Rocky ground de Bruce Springsteen
La critique du film De rouille et d'os
Le Berceau des Esprits - T.3
Buffy contre les vampires - Saison 3 - Tome 7 - Mauvais sang (I)
La kitscherie du vendredi #4 : Tarzan boy
Mario Tennis Open - Test 3DS
Reprise de poids #65 : le top NME
The Dark Knight Rises : les affiches des personnages
La critique de Margin Call
La critique de Moonrise Kingdom
Abraham Lincoln : chasseur de vampire ! Vraiment ?
Underworld 4 : arrêtez, par pitié !
La critique de Dark Shadows, le nouveau Tim Burton
Dossier Spécial : Ces acteurs qui jouent ou qui surjouent
The Amazing Spider-Man : la nouvelle bande-annonce !
Expendables 2 : la bande-annonce est là !
Clip du jour : L'enfant sauvage de Gojira
Séverin - Séverin
Clip du jour : Move in the right direction de Gossip
Liars - WIXIW
Clip du jour : Jersey des Naive New Beaters
Black Bomb A - Enemies of the state
Kaboul Kitchen S1 - Le patron... C'est Jacky !
Catch - WWE - Over the Limit - 2012
Koh-Lanta 2012 : les stratégies pour gagner
Mafiosa, le clan saisons 1, 2 et 3
Africa - A rede invisivel : un documentaire sur les héroïnes invisibles d'Afrique
La première vidéo d'Elementary, Sherlock version US
Récapitulatif du 14/05 au 20/05 - La semaine Krinein
Catch - Impact Wrestling - Sacrifice - 2012
Koh-Lanta 2012 : la revanche des héros : qui a été éliminé ?
La critique de la série The Walking Dead, Saison 2
Sherman - Tome 6 - Le pardon. Jeannie
7 Dragons
Brit - Tome 2 - Déserteur
Festival d'Aubenas 2012
La Nouvelle Bande des Pieds Nickelés - Tome 3 - Expulsés volontaires
SHELLEY, de Casanave et Vandermeulen - Dédicace à PARIS
Les Légendaires Origines - Danaël
Tranche-Trognes
Kuroko's Basket T.3
Waltz T.2
Re:BIRTH The Lunatic Taker T.3
Puella Magi Madoka Magica T.1
Reborn T.30
Shin Chan (S2) T.20
Enigma T.2
Broken Blade T.10
The Secret World : Alan Wake dans Left 4 Dead ?
Tom Clancy's Ghost Recon : Future Soldier - Test Xbox 360
The Walking Dead - Episode 1 : A new Day - Test XBLA
Diablo III - Test PC
Best of Collector #26 : Borderlands 2
Mise à jour de Mario Kart 7 : la fin des glitchs-raccourcis Pic Wuhu et cie !
Minecraft Xbox 360 Edition - Test XBLA
Diablo III - Blizzard est dépassé
J'irai glander chez vous avec ... GTA San Andreas !
Sur la route, le livre
Chansons du monde : du Brésil au Viêtnam
Les Maximonstres en deuil : Maurice Sendak nous a quittés.
Le mille-pattes
Tonio
The Casual Vacancy, le nouveau JK Rowling après Harry Potter
7 ans après (mais un an plus tard) : le nouveau Guillaume Musso
Au revoir cauchemar
Lunaparc en pyjamarama
Le salon du livre 2012
Femmes nues dans Paris ?
Exposition Beauté Animale au Grand Palais
Exposition Tim Burton à la Cinémathèque
Didier pousse la Porte du Dejazet à Paris, et fait rire les masses !
Frantz Treichler joue dada - Zone Libre joue Nosferatu
Visiter le château de Cheverny : quand Tintin rencontre le 17e siècle
Le Puy du Fou reçoit le Thea Classic Awards
Berenice Abbott au Jeu de Paume
Les visiteurs du soir
Expo Gerhard Richter à la Tate Modern
Le trône de fer JCE
La critique du Signe des Anciens
Takenoko
Rök
Dungeon Lords
Une première extension pour les Demeures de l'Epouvante : vous reprendrez bien un peu d'Horreur...?
Trajan est de sortie chez Gigamic
Deux extensions Print On Demand Pour Space Hulk Death Angel
Uluru, comme un goût d'Australie
Ice 3 en magasin le 13 Avril






