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Jar City

> > par - le 17/09/2008

Sur la piste d'un meurtrier, le policier Erlendur (Ingvar Eggert Sigurðsson) met à jours les vestiges d'une affaire datant d'une quarantaine d'années. Alors que les éléments et les impasses se multiplient, Erlendur doit faire face à un problème encore plus compliqué : sa propre fille...

Les Islandais font des films. Si, si, c'est vrai, ils passent très rarement la frontière française et, lorsque c'est le cas, ne sont pas franchement médiatisés, mais il existent. Même que, dans leur registre, ils n'ont pas grand-chose à envier à une production française ou américaine. Comme c'est souvent le cas, il suffit qu'un film explose le box-office de sa patrie pour délier les distributeurs, et ainsi le proposer à un plus large public international.

Jar City est évidemment de ceux-là, et si avec le recul on ne saisit pas bien ce qui a pu le projeter au devant de la scène cinématographique de l'Islande (nous pouvons évidemment émettre des hypothèses avant tout fondées sur notre propre expérience, et ainsi prendre en exemple le fameux Astérix aux Jeux Olympiques et sa médiocrité plus ou moins évidente), il va de soi qu'un peu de fraîcheur ne fait pas de mal. Jar City est donc un polar, avec un meurtre, un assassin inconnu, un flic lancé à ses trousses, et un mystère sous-jacent. Une construction très classique, certes, qui donne lieu à une histoire assez alambiquée, généreuse sur le gore, et plutôt austère. L'un des personnages en fait d'ailleurs une belle mention au début du film, en parlant d'un meurtre « à l'islandaise ». L'intrigue, peu palpitante, parvient néanmoins à tenir en haleine malgré de graves fautes et de rythme et quelques bizarreries de scénario, celles-ci n'autorisant que peu de versions et donc peu d'assassins potentiels (les flashbacks successifs de la seconde moitié du film n'aidant pas). Même les personnages s'enfoncent dans les redites du genre, présentant tour à tour le flic solitaire et taciturne, sa fille délurée, son coéquipier beau gosse et un brin couard, la vieille folle, etc. En définitive, l'ambiance est pour beaucoup dans l'appréciation du film, l'action prenant place au milieu des paysages épurée de l'Islande et des mœurs de ses habitants (la nourriture a de quoi intriguer).

Une réalisation correcte pour un polar très conventionnel, que l'on appréciera principalement pour son côté « islandais ». Les virages de l'intrigue la complexifient un peu inutilement, et développent quelques longueurs malvenues, qui pourront avoir raison de certains spectateurs.

A noter : pointons une nouvelle fois du doigt les personnes imaginant les titres français, puisque la « cité des jarres » proprement dite n'est en rien le sujet du film, et encore moins un élément déterminant pour l'intrigue. Pour info, le titre VO « Mýrin » peut être traduit par « Marais ».

Nicolas [5/10]

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