Le pitch en 2 mots.
L'histoire se concentre sur les deux aspects principaux d'Hoover : sa vie privée et sa vie professionnelle. D'un côté, il y a l'homme présumé gay et travesti ; et de l’autre, il y a le premier directeur du FBI, qui a notamment traqué John Dillinger.
La critique.
Alice27 : Le film représente plus une interprétation de ce que fut la vie d’Hoover que sa vie elle-même, car beaucoup de mystères demeurent. C’est une notion importante que le public doit intégrer car il peut ainsi mieux comprendre pourquoi certains thèmes restent « sur la réserve ». Par exemple, le fait qu’Hoover soit homosexuel et qu’il ait eu une liaison avec Tolson : on peut percevoir l’attirance et le besoin qu’ils ont d’être ensemble, sans pour autant être certains qu’il s’agit d’amour. Alors oui ils s’embrassent, oui ils se disent qu’ils s’aiment. Eh bien malgré ces scènes, on n’est pas sûrs : ils finissent leur vie en étant proches tout en restant chacun chez soi, ne s’embrassent qu’une seule et unique fois et Hoover tente désespérément d’appliquer les principes que sa mère, autoritaire et possessive, lui inculque et qui s’opposent amèrement à l’homosexualité.

Le directeur et sa main droite (désolé...).
C’est là toute la puissance du film : trop d’aspects de la vie d’Hoover restent mystérieux et ce sont ces aspects mêmes qui, tout en étant interprétés d’une façon remarquable et intense par les acteurs, nous parviennent comme étant incertains. Ainsi, Eastwood est parvenu d’une façon admirable à laisser subtilement transparaitre les doutes concernant Edgar à l’écran, et à les insérer parfaitement avec les faits réels, non moins intéressants.

Miss Gandi ou celle qui aurait pu être l'atout séduction du film.
Il est également important de souligner le jeu des acteurs que nous rencontrons au début de leur carrière et que nous quittons lorsqu’ils sont très vieux. L’aspect visuel est parfaitement réaliste et à couper le souffle (Léonardo Di Caprio vieillard… !) et chacun reste cohérent avec l’époque du moment. Le film n’est pas du tout construit d’une manière chronologique et pourtant, le spectateur n’est jamais perdu entre les différentes époques auxquelles il assiste à travers ce film. Leur jeu, qu’ils soient jeunes ou vieux, laisse sans voix. Assister à une si grande évolution humaine à l’écran est fascinant : ainsi nous comprenons quel homme complexe était Hoover, avec des peurs et des troubles, mais qui gérait pourtant parfaitement la distinction entre sphère publique et vie privée. Sa relation avec sa mère est également importante : homme puissant et influent au travail, il devient jeune et innocent auprès de sa mère, qui semble voir la vie qu’elle (ou son mari) n’a jamais eu à travers son fils.
Il est loin le petit Jack de Titanic !
OuRs256 : On remarque d'ailleurs ce changement d'époque assez facilement grâce au style graphique adopté par le réalisateur. Si tôt que l'on revient dans le passé, on voit l'image se vieillir et adopter ce ton suranné qui a fait les beaux jours des vieux cinémas. Cette petite pirouette était nécessaire pour que le spectateur ne soit pas perdu puisque les changements d'époques sont très fréquents. Ces retours/avancées dans le temps sont d'ailleurs souvent très bien utilisés montrant des scènes qui se passent à l'identique dans le présent et dans le passé. L'époque est parfaitement restituée et on ne croirait pas, lorsque l'on voit le film, qu'il a été tourné en 2011. Les années 20 et leur excentricité tout comme les années 50 et le complot communiste sont fidèlement représentées. C'est d'ailleurs un vrai bonheur de voir les voitures d'époque et les bonnes vieilles fusillades de gangsters à l'américaine.
Une M-ère désireuse de restaurer la grandeur de sa famille.
Au niveau de la bande-son, les fans de Clint Eastwood ne seront pas dépaysés. Comme à son habitude, le réalisateur utilise le son et la musique avec parcimonie. Ce n'est pas problématique en soi mais il n'y a que très peu de musiques. Seuls les moments mélancoliques et les passages émotions semblent avoir le droit à un véritable traitement de faveur. Mention spéciale aux acteurs aussi qui réussissent à vieillir leur voix de manière significative (Léo en vieux narrateur est juste terrible).

En pleine délibération.
Les avis.

Un agent du FBI.
Alice27 : Ce film est à mon goût instructif et particulier. En ce qui me concerne, il m’a donné l’envie de marquer une courte pause pour observer ce qui m’entoure. Il nous apprend qu’une société qui ne tire aucune leçon du passé est vouée à l’échec, ce que l’on peut difficilement contredire. De plus, Hoover a tenté toute sa vie de protéger sa société, son pays, et voulait l’améliorer, la moderniser (le concept des empreintes digitales a mis du temps avant d’être accepté et tout ce qu’il entreprenait d’innovant était mal perçu au départ). Malheureusement, peut-être était-il trop obsédé par la menace du communisme, sa principale cible et ce pourquoi il a choisi cette voie, car il est passé à côté de bien des avancées dans le pays qu’il voulait protéger. Ce qui m’a le plus frappée, c’est le caractère actuel du personnage. Il essaie de manipuler les medias en leur faisant croire qu’il a été à l’origine de plusieurs arrestations, ment et contourne les lois pour mettre en valeur le FBI. Ce genre de phénomène se retrouve complètement dans l’actualité politique en ce moment et c’est là que nous nous remettons en question : si Hoover agissait à l’époque comme les hommes d’état agissent aujourd’hui, peut-être n’a-t-on tiré aucune leçon du passé, comme l’évoque le film. Peut-être que la société est vouée à répéter ses erreurs. J. Edgar est donc un film qui fait réfléchir, dont on sort instruit et un peu plus ouvert sur notre propre société, celle qui nous fait vivre.
OuRs256 : Un film fort, bien géré et qui donne vraiment envie de s'intéresser à la
J. Edgar Hoover, pensif... vie de J. Edgar Hoover. Il est très difficile de discerner le vrai du faux et la petite discussion avec Tolson à la fin nous montre à quel point la barrière entre la réalité et la fiction est ténue. Le jeu des acteurs est impressionnant et je dois avouer que j'ai été impressionné par Léonardo Di Caprio. Depuis Shutter Island, je me suis mis à l'apprécier de plus en plus (bon surtout avec Inception). Fini les rôles de potiche et de playboy inutile, place à l'acteur réfléchi qui choisit ses rôles en fonction de leur intérêt. J. Edgar prouve aussi que ce qui fait une histoire, ce sont les personnages. Hoover à lui tout seul monopolise l'attention, attire le regard et il est très difficile de s'attacher aux autres personnages. C'est comme si le Hoover avait même réussi à s'approprier l'histoire de sa vie. Même au niveau du film, il garde le contrôle : c'est lui qui décide si quelque chose doit être révélé ou non. L'histoire d'un organe aussi important que le FBI est très intéressante pour un novice. Voir la considération apportée par les américains aux bureau à ses débuts comparé à ce qui se fait maintenant est vraiment impressionnant. On voit le bébé de Hoover grandir et surtout devenir une nécessité pour la nation américaine. Vraiment bluffant.

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