« Run, Forrest, run ! ». Parmi les citations de films les plus célèbres, Forrest Gump tient une bonne place, avec son lot de scènes et de répliques rentrées dans l'inconscient collectif. Avec ce film, en 1994, Robert Zemeckis et Tom Hanks sont propulsés au firmament. Hanks, meilleur acteur, Zemeckis meilleur réalisateur, Forrest Gump est couronné de six Oscars. Le visionnage de ce film procure des impressions aussi fortes que paradoxales. Forrest Gump émerveille tout autant qu'il agace.
La magistralité de la forme
Forrest Gump, c'est tout d'abord une véritable poésie visuelle et narrative, que l'on ressent dès la scène introductive. Une plume virevolte au vent, descend progressivement du ciel vers le sol, pour atterrir entre les deux pieds de Forrest Gump, pieds chaussées de baskets Nike qui ont parcouru le sol états-unien de long en large. A de nombreux moments qu'on a voulu les plus intenses dramatiquement, la caméra s'envole, effectue un travelling arrière panoramique, éblouissant le spectateur de scènes contemplatives, de vues sur les étendues de l'Alabama. Robert Zemeckis signe là une réalisation subtile, soulignant élégamment la beauté de chaque scène. Le réalisateur sait aussi et toujours avec sobriété, soutenir les moments d'humour. La caméra se pose dans un coin, en plan fixe, faisant apparaître Forrest Gump courrant à une allure phénoménale, échappant à ses poursuivants en voiture par un saut de palissade qui tient tout autant du burlesque que de la prouesse athlétique. Là où Forrest Gump marque le plus l'esprit de ses spectateurs, c'est dans sa construction narrative. Forrest Gump est presque un biopic, le film est divisé en plusieurs petites scènes très rythmées, une par épisode de vie. Forrest Gump provoque tendresse et sourire par sa construction cyclique. Les mêmes scènes et les mêmes mots sont répétés plusieurs fois dans le film, avec simplement des changements de lieux, de temps ou de personnages. Forrest Gump est « juste en dessous de la normale ». C'est un simplet comme on en connaît peu, pas vraiment retardé. Un personnage en vérité créé de toute pièce pour susciter de la tendresse. Le jeune homme a une vision simple et décomplexée de la vie, il ne connaît pas le vice et, en conséquence, est en décalage avec ses interlocuteurs. Forrest Gump, personnage principal, est aussi narrateur. C'est par le prisme de sa simplicité que l'on découvre sa vie. Sa dernière phrase en tant que narrateur est la première tirade de dialogue. Outre le comique de répétition, on met en scène un personnage fortement influencé par ceux qu'il aime, un personnage qui ne saisit pas vraiment l'entièreté de chaque situation (Jenny vraisemblablement victime de l'inceste), à l'image d'un enfant. La performance de Tom Hanks est époustouflante. L'acteur s'est fondu dans la peau du personnage, créant un timbre de voix, un parlé, une façon de se mouvoir, un regard... Quoiqu'on pense du film, la performance d'acteur de Hanks est l'une des plus brillantes à ce jour. Une absorption impressionnante du personnage, qui rappellera Robert De Niro en Jake de la Motta ou Orson Welles en Hank Quinlan.
Ambiguïté du fond
Robert Zemeckis est un réalisateur spécialiste du fantasme cinématographique. Qui n'a jamais rêvé, gamin, de voyager dans le temps (Back to the future), de survivre sur une île déserte (Cast Away) ou encore de plonger dans le monde des cartoons (Who framed Roger Rabbit) ? Avec Forrest Gump, Zemeckis crée un personnage impliqué dans tous les grands événements de l'histoire de son pays, seconde moitié du vingtième siècle. Gump apprend à danser à Elvis Presley, est champion de football américain, de ping pong, sort médaillé de la guerre du Vietnam, fait fortune dans la pêche à la crevette et devient le plus grand coureur de l'histoire de l'humanité. Rien que ça. Quel est le secret de son succès, me demanderez vous ? L'obéissance et la docilité. Dans une époque troublée et rebelle, Forrest, lui, ne se pose pas de question, il fonce, fait ce qu'on lui dit de faire. En conséquence, il est un véritable modèle de réussite américain. Deux de ses camarades, le lieutenant Dan et Jenny, pour avoir choisi la voie de la contestation, sombrent quant à eux dans la déchéance. Jenny, qui rêve de liberté et vénère la contestataire Joan Baez, finit battue et droguée. Le lieutenant Dan, qui crache sur Dieu comme il crache sur son pays, devient alcoolique et dépravé. Il ne redevient un gentleman qu'une fois la paix faite avec Dieu et l'Amérique. Le mouvement hippie et celui de la négritude sont discrédités. Les jeunes contestataires sont imbéciles, vulgaires, braillards et dangereusement violents. Bref, Forrest Gump, c'est la victoire de la docilité sur l'esprit critique. Un discours nauséabond. Réalisé en 1994, le film, même conservateur, ne pouvait cependant pas se permettre un discours positif sur la guerre du Vietnam. D'abord présentée comme une grande randonnée par Forrest, la guerre est rapidement dénoncée comme une boucherie, une horreur totale. Un discours contraire eut été impossible à concevoir au beau milieu des années 1990. Forrest Gump est un film qui soutient le fier modèle américain. Celui de la réussite, qui couronne celui qui entreprend. L'éternelle rengaine : « En Amérique, tout est possible ». C'est particulièrement flagrant lors de la scène de course à travers les Etats-Unis, pendant laquelle Forrest donne l'inspiration à ses concitoyens (les vendeurs de stickers et de T-shirt). Forrest Gump retrace une bonne partie de l'histoire des Etats-Unis d'après guerre. La BO du film est une compilation des plus grands succès, souvent rock, de cette époque. Le main theme réalisé par Alan Silvestri, l'un des plus grands compositeurs d'Hollywood, est très marquant, tout à fait approprié à l'émotion véhiculée par le film. L'émotion, parlons en. Forrest Gump, comme beaucoup de films à succès, est un film universel. Un film qui fait se succéder les périodes d'amitié, d'amour et de solitude : la vie de tout à chacun. Pathos surappuyé ou représentation émotive des épreuves de la vie ? Il y a matière à débat.
Au risque de passer pour quelqu'un faisant de l'anti-américanisme primaire, j'avancerai que Forrest Gump symbolise le film hollywoodien atypique. De l'émotion, de la grandiloquence, de belles paroles... Mais malheureusement aussi, le nombrilisme, le conservatisme, la fierté et une bonne dose de pathos pour faire digérer le tout. Le meilleur et le pire.
iscarioth []

Reprise de poids #65 : le top NME
Kaboul Kitchen S1 - Le patron... C'est Jacky !
Catch - WWE - Over the Limit - 2012
Kuroko's Basket T.3
Koh-Lanta 2012 : les stratégies pour gagner
Sherman - Tome 6 - Le pardon. Jeannie
Clip du jour : L'enfant sauvage de Gojira
The Secret World : Alan Wake dans Left 4 Dead ?
Mafiosa, le clan saisons 1, 2 et 3
The Dark Knight Rises : les affiches des personnages
La critique de Margin Call
La critique de Moonrise Kingdom
Abraham Lincoln : chasseur de vampire ! Vraiment ?
Underworld 4 : arrêtez, par pitié !
La critique de Dark Shadows, le nouveau Tim Burton
Dossier Spécial : Ces acteurs qui jouent ou qui surjouent
The Amazing Spider-Man : la nouvelle bande-annonce !
Expendables 2 : la bande-annonce est là !
Expendables 2 : le trailer est imminent !
Séverin - Séverin
Clip du jour : Move in the right direction de Gossip
Liars - WIXIW
Clip du jour : Jersey des Naive New Beaters
Black Bomb A - Enemies of the state
Les Bee Gees en deuil
Sorties d'album : Semaine du 21 mai 2012
Jazzanova - Funkhaus Studio Sessions
Africa - A rede invisivel : un documentaire sur les héroïnes invisibles d'Afrique
La première vidéo d'Elementary, Sherlock version US
Récapitulatif du 14/05 au 20/05 - La semaine Krinein
Catch - Impact Wrestling - Sacrifice - 2012
Koh-Lanta 2012 : la revanche des héros : qui a été éliminé ?
La critique de la série The Walking Dead, Saison 2
7 Dragons
Brit - Tome 2 - Déserteur
Festival d'Aubenas 2012
La Nouvelle Bande des Pieds Nickelés - Tome 3 - Expulsés volontaires
SHELLEY, de Casanave et Vandermeulen - Dédicace à PARIS
Les Légendaires Origines - Danaël
Tranche-Trognes
Poker - Tome 3 - Viva Las Vegas
Buck Danny - intégrale 5
Waltz T.2
Re:BIRTH The Lunatic Taker T.3
Puella Magi Madoka Magica T.1
Reborn T.30
Shin Chan (S2) T.20
Enigma T.2
Broken Blade T.10
Bleach T.48
Tetsuya Tsutsui sera en France lors de Japan Expo (et même plus) !
Tom Clancy's Ghost Recon : Future Soldier - Test Xbox 360
The Walking Dead - Episode 1 : A new Day - Test XBLA
Diablo III - Test PC
Best of Collector #26 : Borderlands 2
Mise à jour de Mario Kart 7 : la fin des glitchs-raccourcis Pic Wuhu et cie !
Minecraft Xbox 360 Edition - Test XBLA
Diablo III - Blizzard est dépassé
J'irai glander chez vous avec ... GTA San Andreas !
Diablo III est disponible !
Sur la route, le livre
Chansons du monde : du Brésil au Viêtnam
Les Maximonstres en deuil : Maurice Sendak nous a quittés.
Le mille-pattes
Tonio
The Casual Vacancy, le nouveau JK Rowling après Harry Potter
7 ans après (mais un an plus tard) : le nouveau Guillaume Musso
Au revoir cauchemar
Lunaparc en pyjamarama
Le salon du livre 2012
Femmes nues dans Paris ?
Exposition Beauté Animale au Grand Palais
Exposition Tim Burton à la Cinémathèque
Didier pousse la Porte du Dejazet à Paris, et fait rire les masses !
Frantz Treichler joue dada - Zone Libre joue Nosferatu
Visiter le château de Cheverny : quand Tintin rencontre le 17e siècle
Le Puy du Fou reçoit le Thea Classic Awards
Berenice Abbott au Jeu de Paume
Les visiteurs du soir
Expo Gerhard Richter à la Tate Modern
Le trône de fer JCE
La critique du Signe des Anciens
Takenoko
Rök
Dungeon Lords
Une première extension pour les Demeures de l'Epouvante : vous reprendrez bien un peu d'Horreur...?
Trajan est de sortie chez Gigamic
Deux extensions Print On Demand Pour Space Hulk Death Angel
Uluru, comme un goût d'Australie
Ice 3 en magasin le 13 Avril






